Analyse complète de la performance des Bleus face à l'Italie
Le jeu au pied et l'activité du demi de mêlée ont guidé les Bleus lors de cette rencontre, tandis que le deuxième ligne a apporté sa puissance pour mettre la défense italienne sur le reculoir. Une analyse détaillée révèle des performances contrastées au sein de l'équipe de France.
Les arrières : des fortunes diverses
Théo Attissogbe a été repositionné à l'arrière et a longtemps été en difficulté. Il a perdu deux ballons au sol (2e, 10e minutes) et a raté deux interventions sous des chandelles italiennes (41e, 44e). Mis en difficulté par Ramos, il aurait sans doute pu dégager après son premier crochet plutôt que de percuter (32e), ce qui a permis aux Italiens de marquer un essai. Bien qu'il ait touché des ballons et couru 64 mètres, il semblait manquer de repères. Il a toutefois relevé la tête en fin de partie.
Gaël Dréan s'est rapidement mis dans le match avec deux gros tampons sur Capuozzo (1ère minute) et Ioane (3e). Une belle réception dans ses 22 mètres sous la pression de l'ailier a été suivie d'un coup de pied complètement dévissé (27e). Il a cherché à tout prix l'essai alors qu'il devait sans doute redresser sa course pour servir Bielle-Biarrey (40+2e). Peu d'actions notables en seconde période jusqu'à son essai qui lui permettra de garder un bon souvenir de sa première sélection (72e).
Émilien Gailleton a montré deux visages. Côté positif : de beaux soutiens proposés à Brau-Boirie, une présence au bon endroit pour ramasser un ballon qui traîne et courir sur 60 mètres pour trouver Ramos qui marque (29e), une belle montée défensive suivie d'un contre-ruck sur Capuozzo (53e), et un joli essai (77e). Côté négatif : trois plaquages ratés sur onze, une pénalité concédée pour une entrée latérale dans un ruck (13e), une passe qui le surprend en zone de marque (35e). Remplacé par Pierre-Louis Barassi (60e), il est revenu en fin de match à la place de Brau-Boirie.
Fabien Brau-Boirie, malgré ses seulement 20 ans, a joué comme s'il avait déjà plusieurs saisons dans les jambes. Toutes ses lignes de course étaient bonnes, pour slalomer dans la défense (9e, 59e) ou la faire reculer (15e). Sa capacité à passer les bras a permis la continuité et donc l'essai de Meafou. Il a été le meilleur défenseur français, et de loin, avec 100% de réussite à ses 14 plaquages. Seul bémol : un en-avant évitable alors qu'il avait un énorme surnombre à sa droite (63e). Sorti sur protocole commotion (66e).
Louis Bielle-Biarrey a mis les gaz derrière un jeu au pied à suivre de Dupont, rendant son 24e essai en 25 sélections presque inévitable. Il devient le premier joueur de l'histoire à marquer lors de huit matchs consécutifs dans le Tournoi. Deux bons retours défensifs sur Lynagh (22e) et Capuozzo (52e) ont été notés. Il a coupé son effort de repli sur l'action de l'essai italien (32e) et s'est engagé dans quelques rucks.
Thomas Ramos a présenté un bilan très curieux après avoir été repositionné en 10 suite à la blessure de Matthieu Jalibert. Statistiquement, il a pesé lourd avec un essai en coin (29e), une passe décisive au pied (72e), un 50-22 (13e) et un 4/5 honorable face aux perches. Cependant, de nombreuses fautes de goût et scories ont émaillé sa performance : une passe interceptée (10e), une touche directe (12e), une claquette très malvenue qui met Attissogbe dans l'embarras et débouche sur un essai italien (32e), une passe en-avant (46e), un jeu au pied qui ne s'imposait pas (51e). Il s'est montré meilleur en fin de partie.
Les avants : puissance et régularité
Antoine Dupont a été l'un des rares Français à maintenir un haut niveau de performance du début à la fin. Son jeu au pied a été ultra-précieux, pour envoyer Bielle-Biarrey à l'essai (4e) ou pour donner de l'air à son équipe avec des sorties de camp monumentales (44e, 52e, 69e). Un joli départ au bord d'un ruck a semé la zizanie (48e). Son activité défensive a été très appréciable pour empêcher Lynagh de libérer un ballon au sol (22e) ou stopper Fusco (28e). Heureusement qu'il était là. Remplacé par Baptiste Serin (76e).
Anthony Jelonch, reconduit en numéro 8, a davantage avancé au contact que lors des deux premiers matchs avec 28 mètres parcourus. Il a toujours semblé aussi dur au contact. Beaucoup de courses pour se porter au soutien de ses partenaires et même pour chasser des ballons hauts. 8/9 au plaquage. Remplacé par Mickaël Guillard (75e).
Oscar Jegou a été, comme d'habitude, le troisième ligne à l'activité la plus visible. Une grosse charge a fait gagner une dizaine de mètres après une réception (5e). Il a beaucoup percuté avec le ballon. En dessous de ses standards du Tournoi en défense avec 10 plaquages dont un raté. Une passe à une main très malvenue et ratée dans sa moitié de terrain a offert un ballon aux Italiens (36e) et un coup mal joué l'a amené à se faire coffrer (48e). Remplacé par Charles Ollivon (56e).
François Cros a présenté son jeu caractéristique : on a vu son casque noir et jaune dans de nombreux rucks, mais presque jamais avec le ballon en main. Son principal fait d'arme reste cet énorme plaquage devant sa ligne d'en-but qui fait exploser le ballon des mains du porteur italien (20e). Remplacé par Lenni Nouchi (56e), moins en vue que sur ses deux précédentes entrées en jeu.
Emmanuel Meafou, de retour comme titulaire après deux premiers matchs commencés sur le banc, a rappelé son principal atout : sa capacité à avancer au contact grâce à ses 145 kilos. Il a multiplié les charges frontales qui ont fait reculer les défenseurs italiens avec 30 mètres parcourus avec le ballon. Un essai en force (15e) après avoir déblayé sur un ruck quelques secondes auparavant. Et il termine à 10/10 au plaquage. Un match plein qu'il a joué en intégralité pour la première fois en 14 sélections.
Thibaud Flament a été moins en vue que son compère de l'attelage mais globalement propre. Six plaquages réussis sur six tentés, un enchaînement réception de chandelle - chistera pour éviter une touche, et un lancer italien volé (44e). Il a réussi à mettre un peu d'avancée sur ses charges même si on l'a connu plus incisif.
Les piliers et talonneurs : des performances mitigées
Dorian Aldegheri était attendu en mêlée et a coûté un bras cassé pour une entrée prématurée, puis dix mètres pour avoir contesté (25e). Une belle présence défensive avec 8/8 au plaquage mais quasiment invisible quand son équipe avait le ballon. Remplacé par Georges-Henri Colombe, lui aussi pénalisé en mêlée (66e) et qui enchaîne par un arrêt buffet (69e).
Julien Marchand a été vite sanctionné pour un ballon gardé au sol (6e). Il a assuré sur les bases en touche et en défense avec sept plaquages sur sept. Il n'a pas autant avancé ballon en main qu'à l'accoutumée avec un seul mètre parcouru et n'a jamais été en position de gratter au sol. Remplacé par Peato Mauvaka (59e) qui ajuste mal un lancer. La première touche perdue par les Bleus dans le Tournoi après six matchs à 100%.
Jean-Baptiste Gros, touché au mollet en cours de match, a serré les dents mais a dû se résoudre à sortir avant la mi-temps (39e). Avant cela, il s'était montré à son avantage avec une belle présence en défense (6/6 au plaquage), dans les soutiens offensifs, et surtout une pénalité obtenue en mêlée (22e). Son remplaçant, Rodrigue Neti, a été sanctionné d'entrée en mêlée mais a rendu la monnaie de sa pièce à Ferrari (45e) et a bien plaqué (6/6).



