Guy Accoceberry décrypte le parcours des Bleus dans le Tournoi des Six Nations
Ancien demi de mêlée de Bordeaux-Bègles et de l'équipe de France, avec dix-neuf sélections à son actif, Guy Accoceberry offre une analyse approfondie des performances du XV de France dans cette édition du Tournoi des Six Nations. Son constat initial est sans appel : "Pour l'instant, tous les feux sont au vert".
Un départ impressionnant avec un jeu offensif en pleine évolution
Accoceberry souligne les deux victoires bonifiées en deux matchs, marquées par une progression notable dans le jeu offensif. "D'habitude, poser les nouvelles bases d'un système offensif est un peu long, mais là, ça va vite, dans tous les sens du terme !" explique-t-il. Il observe une cohésion remarquable parmi les joueurs : "On voit que tous les joueurs ont le même code. Toulousains, Bordelais et Palois pratiquent un peu le même rugby tous les week-ends et se retrouvent là-dedans."
Malgré cet enthousiasme, l'ancien international appelle à la prudence. "Gardons de l'humilité car nous avons affronté des Gallois en grosse perte de vitesse et des Irlandais fatigués." Il reconnaît toutefois la qualité du jeu proposé : "Mais ce jeu est vraiment très intéressant, malgré un peu de déchet. C'est normal quand on tente autant de passes. On sent que les joueurs ont envie d'éviter le contact frontal systématique. Les attitudes me plaisent beaucoup."
Les défis à venir : Italie, Écosse et Angleterre
Concernant la réception de l'Italie, Accoceberry est confiant mais vigilant. "Ça doit bien se passer, contre un adversaire qui n'a pas le même réservoir et qui sera peut-être un peu usé après deux matchs." C'est pour les rencontres suivantes qu'il anticipe les véritables épreuves.
"Les deux derniers rendez-vous, en Écosse et contre l'Angleterre, seront des vrais tests. On confrontera notre jeu à des équipes plus solides, plus rigoureuses." Il met en garde contre les erreurs : "Il ne faudra alors pas perdre des ballons sur des passes un peu hasardeuses, faire preuve de davantage de justesse." Évoquant le match au Pays de Galles, il note : "À Cardiff, par moments, j'avais l'impression d'assister à un match d'entraînement."
L'ancien demi de mêlée accorde une importance particulière à la confrontation en Écosse. "Plus j'y pense et plus je me dis que le match en Écosse sera le match le plus important de notre Tournoi. Pour eux comme pour nous, ce sera une demi-finale."
L'Angleterre, un adversaire à ne pas sous-estimer
Accoceberry attire également l'attention sur l'Angleterre. "Attention aussi aux Anglais", prévient-il. "Ils me font forte impression malgré leur défaite à Murrayfield. Ils progressent et ont des intentions offensives, avec d'excellents joueurs derrière, malgré un choix assez bizarre de mettre George Ford en numéro 10 vu le jeu qu'ils essaient de pratiquer."
Malgré cette menace, il reste optimiste quant aux chances françaises, surtout en cas d'enjeu ultime. "Mais si nous sommes en position de gagner le Grand Chelem sur ce dernier match, à Paris, je vois mal nos joueurs expérimentés passer à côté de cette occasion."
L'enjeu du Grand Chelem et la perspective de la Coupe du monde
Pour Accoceberry, "Ne pas réussir le Grand Chelem serait moins un échec qu'une déception." Il relativise cependant : "S'il n'y a pas le Grand Chelem mais la victoire dans le Tournoi, avec ce nouveau système offensif, ce serait positif à un an et demi de la Coupe du monde." Mais sa conclusion est sans équivoque : "Mais quand un Grand Chelem se présente, il faut le prendre !"
Son analyse souligne ainsi une dynamique positive pour les Bleus, tout en identifiant clairement les obstacles qui les attendent dans la poursuite de leurs ambitions.



