Karl Tabouret sacré champion paralympique du 10 km de ski de fond à Milan 2026
Le Français Karl Tabouret a brillamment remporté la médaille d'or du 10 km de ski de fond, style classique, ce mercredi 11 mars à Tesero, en Italie, lors des Jeux paralympiques de Milan Cortina 2026. Cette victoire prestigieuse offre à la délégation française son troisième titre paralympique de ces Jeux, portant le total à huit médailles.
Une revanche éclatante après la désillusion du sprint
Âgé de 22 ans et participant à ses premiers Jeux paralympiques, Karl Tabouret a connu une montagne russe émotionnelle. Déçu par sa 12e place en sprint de biathlon et dégoûté par son élimination en demi-finales du sprint en ski de fond, le Savoyard s'est transcendé lors du 10 km. En moins de 24 heures, il a digéré ses échecs pour dominer la course, reléguant le Bélarusse Raman Svirydzenka, champion du sprint la veille, à 27 secondes et 7 dixièmes, et le Canadien Mark Aretz à 48 secondes et 6 dixièmes.
"J'ai le démon en moi qui s'est réveillé pour pouvoir aller chercher cette médaille", a confié Tabouret en zone mixte. Atteint d'une paralysie cérébrale avec atteinte spastique des membres inférieurs, l'athlète a débuté par le ski alpin avant de se tourner vers le ski de fond à six ans, inspiré par sa sœur et son grand frère.
Le passage de témoin avec Benjamin Daviet
Cette médaille d'or symbolise également un passage de témoin au sein de l'équipe de France de ski nordique. Benjamin Daviet, médaillé de bronze du sprint mardi et onzième médaille paralympique de sa carrière, a joué un rôle crucial en conseillant Tabouret. "Pendant une heure, on a discuté mardi soir, j'en ai remis une couche ce mercredi matin", a expliqué Daviet, surnommant Tabouret "Jambes en mousse". "Karl peut être quelqu'un de négatif, il fallait qu'il comprenne que lui aussi pouvait faire peur à ses adversaires".
Tabouret considère Daviet comme un frère, soulignant leur complicité au Village paralympique. "Benjamin, c'est un frère, non pas de sang, mais c'est tout comme", avait-il déclaré à l'AFP en octobre. Daviet, de son côté, exprime sa fierté : "J'aimerais bien que cet athlète puisse un jour prendre les rênes de notre catégorie et me dépasser en termes de palmarès".
Une préparation intense et des défis personnels
Intégré au groupe Relève des équipes de France, Karl Tabouret a fait ses débuts en Coupe du monde en 2024 et s'est révélé en 2025 avec une médaille d'argent aux Mondiaux de biathlon et un titre en sprint classique aux Championnats du monde de ski nordique. "Cette médaille d'or, elle représente tout pour moi, parce qu'il y a beaucoup de préparation", a-t-il insisté.
Malgré ce succès, Tabouret reste concentré sur les courses à venir, malgré un déficit de fer qui nécessite des injections régulières. "Mais ce n'est pas fini. On ne va pas s'endormir, c'est le moment où justement on est bien en forme. On va revenir encore plus fort pour les prochaines courses", a-t-il prévenu.
Oksana Masters continue sa moisson de médailles
Parallèlement, l'Américaine Oksana Masters, star du parasport, a remporté son troisième titre des Jeux en s'imposant dans le 10 km assis de ski de fond. Déjà titrée en biathlon et ski de fond, Masters, 36 ans, compte désormais douze titres paralympiques et 22 médailles au total. Née en Ukraine avec des malformations, abandonnée à la naissance, elle participe également aux Jeux paralympiques d'été en aviron et cyclisme.
Marie Bochet, octuple championne paralympique de ski alpin et cheffe de mission française, a salué la performance de Tabouret : "Karl avait vraiment envie de prendre sa revanche sur la course d'hier, c'est magnifique de le voir en or sur cette course". Originaire de Villard-sur-Doron comme Tabouret, elle incarne l'esprit de solidarité au sein de la délégation.



