Hyrox Young Stars : la célèbre compétition s'adapte aux enfants avec une première édition parisienne
L'Hyrox, cette compétition qui a rapidement supplanté la mode du CrossFit en popularité, ne cesse d'innover. Rappelons que ce format unique combine 8 kilomètres de course avec 8 stations d'exercices fonctionnels, conçues pour être accessibles à un large public. Le défi ? Réaliser le parcours le plus rapidement possible, dans un effort cardiovasculaire soutenu qui ne connaît pratiquement pas de répit, à moins de considérer la course elle-même comme une phase de récupération. Fort de son succès international retentissant, la marque Hyrox a décidé de lancer une version spécialement adaptée aux enfants, baptisée Hyrox Young Stars. Cette initiative débarque en France avec une première édition organisée à Paris, les 19 et 20 décembre 2026, exclusivement réservée aux jeunes âgés de 8 à 15 ans. Mais cette nouveauté soulève des questions légitimes sur son bien-fondé et ses implications pour la santé des plus jeunes.
Une opportunité pour promouvoir le multisport et l'activité physique chez les jeunes
À première vue, la réaction de la médecin Julieta Quesada face à l'annonce du lancement de l'Hyrox Young Stars était nuancée, comme elle l'a confié à 20 Minutes. L'aspect positif, selon elle, réside dans le fait que cette compétition encourage les enfants à bouger et les éloigne des écrans, un enjeu crucial dans notre société contemporaine. De plus, l'initiation précoce à une pratique sportive diversifiée peut contribuer à renforcer la confiance en soi des jeunes participants, un bénéfice psychologique non négligeable.
Julieta Quesada estime qu'une compétition multisport comme Hyrox Young Stars peut s'avérer intéressante, à condition que le cadre soit irréprochable en termes de sécurité et d'adaptation aux capacités des enfants. Dans ce cas précis, le format et les charges, soigneusement ajustés en fonction des différentes catégories d'âge, ne lui ont pas semblé excessifs. Ce point a grandement rassuré l'autrice de l'ouvrage Petites frayeurs et gros bobos… C'est grave docteur ?. La professionnelle de santé va même jusqu'à suggérer que les enfants pourraient participer à trois ou quatre éditions par an, sous réserve que les conditions restent adaptées. Cependant, la question du coût des dossards pour les plus jeunes demeure un sujet à surveiller, car elle pourrait limiter l'accès à cette activité.
Vigilance requise pour éviter les dérives liées à l'entraînement et à la performance
Il est peu probable qu'un enfant de 8 ans connaisse spontanément l'Hyrox, sauf si ses parents en sont eux-mêmes des adeptes. Et c'est précisément de là que peut surgir un écueil majeur : le risque de forcer les enfants à participer à l'Hyrox Young Stars par simple projection des passions parentales. En effet, cette discipline, bien qu'elle se veuille accessible à tous, reste fortement axée sur la performance et la recherche de chronos. Il faut que ça reste un jeu pour les enfants, insiste la médecin Julieta Quesada, avant de rappeler avec force qu'un corps d'enfant n'est pas une version miniature d'un corps adulte. Cette mise en garde vise à souligner l'importance de ne pas exercer de pression excessive sur les jeunes durant les phases d'entraînement. Ils ne doivent en aucun cas subir le même rythme ni la même intensité qu'un adulte en prévision de la course.
La médecin alerte également les parents sur la nécessité de ne pas recourir à des compléments alimentaires, tels que des protéines en poudre, pour supplémenter les enfants. Une alimentation saine, variée et équilibrée suffit amplement à couvrir leurs besoins nutritionnels, même dans le cadre d'une activité sportive. Par ailleurs, des parents trop focalisés sur les performances et les chronos pourraient transformer ce type d'événement en une porte d'entrée à la surenchère, où la compétition prendrait le pas sur le plaisir et l'épanouissement. Ce n'est pas parce qu'on est passionné que les enfants le seront, souligne Julieta Quesada avec pertinence. Il ne faut pas glisser vers la performance à tout prix : si les enfants participent, c'est bien, mais ils doivent avant tout le faire pour s'amuser, pas pour gagner, se comparer aux autres ou chercher à être les plus forts, conclut-elle. L'essentiel, comme souvent dans le sport jeune, reste bel et bien la participation et le plaisir partagé.



