Une patineuse américaine dénonce le silence sur les menstruations en compétition
La patineuse artistique américaine Amber Glenn a provoqué un débat nécessaire jeudi dernier, lors des Jeux Olympiques d'hiver 2026 à Milan. Après son programme libre, l'athlète a courageusement abordé un sujet tabou dans le milieu sportif féminin : l'impact des règles sur la performance.
« C'est vraiment difficile et effrayant »
Amber Glenn a partagé son expérience immédiate avec une franchise rare. « J'ai mes règles en ce moment. C'est vraiment très difficile, surtout quand on porte ce genre de vêtements et qu'on doit être performante devant le monde entier », a-t-elle déclaré aux médias. La patineuse, déjà connue pour son militantisme en faveur des droits LGBTQIA+, a souligné l'isolement ressenti par de nombreuses athlètes. « C'est dur et personne n'en parle. C'est vraiment difficile et effrayant. Vous êtes très émotive. C'est quelque chose dont on ne parle pas beaucoup quand on est une athlète féminine alors que ce devrait être un sujet de discussion. »
Une préoccupation partagée avant la compétition
Deux jours avant son programme libre, Amber Glenn avait déjà initié la conversation sur ses réseaux sociaux. Dans une publication, elle expliquait comment les cycles menstruels influencent subtilement les performances. « Les cycles menstruels peuvent influencer les performances féminines de manière subtile, affectant l'énergie, la concentration, l'humeur et le confort physique à différentes phases du cycle », indiquait le texte.
Elle détaillait les symptômes potentiels :
- Des crampes, de la fatigue ou des maux de tête
- Des fluctuations hormonales réduisant temporairement la concentration
- Une endurance affectée pendant certaines phases
- Une émotivité accrue en situation de stress intense
La patineuse notait cependant que l'impact varie considérablement d'une femme à l'autre, et même d'un mois à l'autre, et que de nombreuses athlètes maintiennent un haut niveau tout au long de leur cycle. « Pourtant, la compétition ne s'arrête jamais », avait-elle regretté, soulignant l'inévitabilité du défi.
Un appel à briser le silence dans le sport d'élite
Cette intervention intervient alors qu'Amber Glenn avait terminé à une décevante 13e place provisoire lors de son programme court. Son témoignage met en lumière les défis physiques et psychologiques supplémentaires auxquels font face les sportives, souvent ignorés dans les discussions sur la performance. En utilisant la plateforme médiatique des Jeux Olympiques, elle transforme une expérience personnelle difficile en opportunité d'advocacy, poussant le monde du sport à reconnaître et à aborder ouvertement cette réalité physiologique.
Le courage d'Amber Glenn ouvre la voie à une conversation plus inclusive et scientifique sur l'optimisation des performances féminines, en tenant compte de tous les facteurs biologiques. Son message résonne bien au-delà de la patinoire milanaise, interpellant les entraîneurs, les fédérations sportives et le public sur la nécessité de déstigmatiser les discussions autour de la santé menstruelle dans l'athlétisme de haut niveau.



