À l'approche de la finale pour le titre et le Grand Chelem contre les Anglaises, ce dimanche au stade Atlantique de Bordeaux à 17 h 45, le sélectionneur français évoque cet adversaire si particulier et son management humain et transparent. Pour son premier Tournoi à la tête du XV de France, François Ratier et ses joueuses sont là où ils voulaient être. Invaincus et en finale contre l'Angleterre, ce dimanche, au stade Atlantique de Bordeaux. La première partie de l'objectif est donc remplie pour le Franco-Canadien de 53 ans qui a pris ses fonctions en janvier en gardant les principes qu'il avait à la tête du Stade Bordelais et de la sélection féminine du Canada : engagement, transparence et exigence. Pour la deuxième partie, le défi est immense mais pas impossible contre les championnes du monde en titre, invaincues depuis 38 matchs dans le Tournoi, dont sept contre les Bleues.
Une semaine importante mais sans stress excessif
Interrogé sur la sensation de vivre l'une des semaines les plus importantes de sa carrière d'entraîneur, Ratier répond : « Oui et non. On s'est donné le droit, par le travail, de se retrouver sur cette finale. Donc, on l'aborde comme une finale. Pas plus. Il n'y a pas de stress supplémentaire. Les filles savent qui elles vont affronter. Pour certaines, ça va être nouveau, pour d'autres, il y aura toujours cet esprit de revanche, mais on ne l'aborde pas différemment que les semaines précédentes parce qu'il n'y a pas de raison. Il faut qu'on soit pragmatiques. »
L'Angleterre n'est pas invincible
À propos de l'Angleterre, le sélectionneur déclare : « Factuellement, elles le sont depuis 38 matchs dans le Tournoi. On ne va pas se battre contre les chiffres. Mais elles prennent des essais et ont des points faibles. Il faut regarder quand elles marquent, comment. Ce qu'on voit sur les précédents matchs, c'est que c'est souvent par vagues. Contre l'Italie, elles marquent quatre essais en vingt minutes. À nous de ne pas leur donner ces munitions et de minimiser les fautes pour qu'elles ne rentrent pas dans leur match comme à leur habitude. »
Les atouts de l'équipe de France
Interrogé sur les points forts de son équipe, Ratier souligne : « On a débloqué l'attaque contre l'Écosse (victoire 69-28), l'organisation du jeu était mieux en place, la défense a bien tenu contre l'Irlande (victoire 26-7), petit à petit on coche les cases. Mais contre l'Angleterre, il faudra tout cocher en même temps ou en tout cas le plus possible. »
Des choix forts assumés
Pour ce début de mandat, Ratier a déjà fait des choix forts : relancer Carla Arbez à l'ouverture, faire sans Morgane Bourgeois à l'arrière. Il explique : « C'est difficile quand tu connais peu les joueuses, alors ça l'est encore plus quand tu les connais très bien comme avec Morgane. Mais nous ne prenons pas ces choix à la légère. On a le devoir d'être concerné. Encore plus quand leur attitude est irréprochable. Tout est transparent, il y a un climat sincère et une fois la déception passée, la joueuse peut venir échanger. Après on rappelle aussi que c'est pour le XV de France, que l'équipe n'appartient à personne et que notre devoir à tous est d'être le plus performant sur et en dehors du terrain. Chaque entraînement compte, chaque minute de travail compte. »
Une approche humaine et transparente
Comparant son expérience canadienne et son passage en club, Ratier précise : « Je les connaissais déjà un peu grâce au championnat. Mais le fait d'avoir deux adjoints extrêmement compétents qui ont les deux pieds sur le terrain me permet d'avoir plus de temps pour le hors terrain et c'est ce qui m'intéresse. En anglais, on dit "know your athletes", connaître tes athlètes. Bien connaître les joueuses, c'est la base. Tu peux toujours faire ce que tu veux sur le terrain, s'il n'y a pas l'envie de travailler les uns pour les autres, la confiance, ça ne marche pas. Il faut connaître les joueuses sur tous les aspects dans la mesure de ce qu'elles veulent partager. C'est d'autant plus important dans le sport de haut niveau d'aujourd'hui. Quelqu'un qui va bien est quelqu'un qui joue bien. »
Objectif : finir le livre du Tournoi de la meilleure façon
En ce qui concerne ses attentes pour ce match, Ratier conclut : « Tout dépendra de la manière. Le match suivant ne sera qu'en automne et en attendant, on a l'occasion de finir le livre de ce Tournoi de la meilleure des façons. On y va pour chercher quelque chose. On sait qu'on n'est pas favoris mais ne pas être favoris ne veut pas dire vaincus. »
Les Bleues arrivent en train ce vendredi midi à Bordeaux et enchaîneront avec un entraînement ouvert au public au stade Sainte-Germaine du Bouscat à 17 h 30. Une sorte de retour aux sources pour le sélectionneur qui entraînait encore les Lionnes du Stade Bordelais en décembre dernier. « Je suis content à l'idée de revoir des visages connus, précise le double champion de France avec les Bordelaises. Je suis content parce que c'est un endroit que j'aime beaucoup et que j'aime Bordeaux mais pour la préparation, ça ne change rien. »



