Un incident raciste trouble le choc Benfica-Real Madrid
C'est une scène qui marque tristement l'histoire du football. Mardi dernier, lors du match de Ligue des champions opposant Benfica au Real Madrid, Vinicius Junior a d'abord brillé par son talent avant de devenir la cible d'attaques racistes. Le Brésilien avait ouvert le score avec une frappe magistrale enroulée dans la lucarne, mais sa célébration jugée provocante a déclenché une série d'événements troublants.
Des insultes racistes venues des tribunes et du terrain
Après son but, Vinicius Junior aurait été la cible d'injures racistes de la part de certains supporters du Benfica. Des images montrent des spectateurs réalisant des cris de singe à son encontre. Plus inquiétant encore, l'attaquant argentin Gianluca Prestianni est soupçonné d'avoir couvert son visage avec son maillot pour dire au joueur brésilien qu'il était un singe.
Le match a été interrompu pendant une dizaine de minutes suite à cet incident. L'arbitre français François Letexier n'a pas expulsé l'Argentin, et le Real Madrid a dû convaincre Vinicius de revenir sur le terrain. La dernière demi-heure de la rencontre s'est déroulée dans une ambiance pesante et inhabituelle pour un match de cette envergure.
Une justification qui aggrave le scandale
Selon des informations d'ESPN, Gianluca Prestianni aurait présenté à l'UEFA des « preuves » pour soutenir que ses propos visant Vinicius n'étaient pas racistes mais homophobes. Cette argumentation dérangeante suggère une hiérarchisation des discriminations totalement inacceptable.
L'UEFA, qui a ouvert une enquête, rappelle que « toute personne qui porte atteinte à la dignité humaine pour quelque motif que ce soit encourt une suspension d'au moins dix matches ». Cet incident rappelle malheureusement le PSG-Basaksehir de décembre 2020, où un arbitre avait tenu des propos racistes envers un membre du staff turc.
Vinicius, cible récurrente du racisme
Ce n'est pas la première fois que l'attaquant brésilien subit ce type d'attaques. Régulièrement pris à partie dans les stades de Liga, Vinicius est devenu la tête de turc préférée de certains supporters adverses. Ces dérapages ont des conséquences judiciaires : trois supporters de Valence ont été condamnés à huit mois de prison en mai 2023 pour avoir proféré des insultes racistes envers le double vainqueur de la Ligue des champions.
Les réactions contrastées des entraîneurs
José Mourinho, entraîneur du Benfica, a tenu des propos maladroits après le match. Il a semblé reprocher à Vinicius sa façon de célébrer ses buts : « J'ai dit à Vinicius qu'il marque des buts extraordinaires, mais pourquoi les célèbre-t-il ainsi et pas comme l'un des meilleurs joueurs du monde ? »
À l'inverse, Vincent Kompany, entraîneur du Bayern Munich, a pris la défense du joueur brésilien : « Le racisme est un sujet devenu encore plus sensible ces dernières années. José Mourinho s'en est pris au caractère de Vini en mentionnant sa façon de célébrer ses buts afin de discréditer son comportement. C'est une grosse erreur. »
Un débat qui dépasse le cadre sportif
Joueur chambreur et parfois provocateur, Vinicius Junior accompagne souvent ses buts d'une petite danse. D'autres joueurs comme Roger Milla lors de la Coupe du monde 1990 avaient cette habitude sans subir le harcèlement dont est victime aujourd'hui le joueur du Real Madrid.
Ces différents échanges montrent le malaise palpable autour de cet événement. La FIFA envisage désormais des sanctions pour les joueurs qui couvriraient leur bouche avec leur maillot. Mais la question fondamentale reste : comment empêcher le racisme de pénétrer les terrains alors que certaines tribunes hébergent des individus coupables de gestes et chants discriminatoires ?
Le football n'est que le refret de notre société, et cet incident rappelle cruellement que la lutte contre le racisme doit rester une priorité absolue. Les instances footballistiques doivent prendre des mesures fermes et durables pour que de tels événements ne se reproduisent plus.



