Vincent Pires, l'itinéraire singulier d'un milieu au service du collectif
Pour Vincent Pires, le milieu de terrain de Nîmes Olympique, l'ambition est claire : « Bien sûr que si on ne montait pas, on serait déçus, même si on aura fait une bonne saison. » À 30 ans, le joueur vit une saison exceptionnelle en National 2, loin des projecteurs de la Ligue 1, mais pleine de sens et de cohésion.
De Manchester City à la National 2 : un parcours en dents de scie
Dans un monde footballistique normal, Vincent Pires n'aurait jamais dû se retrouver au quatrième échelon fédéral cette saison. À peine 20 ans, il signait son premier contrat professionnel et faisait ses débuts en Ligue 2 avec le Paris FC en novembre 2015. Pourtant, son parcours prometteur avait débuté bien plus tôt.
À 14 ans, le natif de Paris (IXe arrondissement), alors collégien, avait signé à Manchester City pour six saisons ! « J'ai fait deux essais là-bas et quelques matches en U14, mais City n'a été qu'une parenthèse. En 2009, il y a eu l'affaire Kakuta, je me suis retrouvé bloqué et je suis rentré en France », confie-t-il, évoquant cette période où le transfert de Gaël Kakuta à Chelsea avait entraîné une protection accrue des jeunes joueurs français.
Le joueur reste philosophe : « À la base, je pense que j'aurais pu faire une plus belle carrière. Après, ce sont les aléas du foot et de la vie. »
L'épanouissement à Nîmes et la force du collectif
À Nîmes, Vincent Pires a trouvé un équilibre rare, s'épanouissant autant dans le vestiaire que sur le terrain. « J'ai connu beaucoup de groupes dans ma carrière et celui-là est l'un des meilleurs en termes d'humain. Il n'y a pas de brebis galeuse », assure-t-il.
Son coéquipier Othmane Benhamza plaisante : « Je savais qu'il avait signé à City en jeunes, mais ils se sont vite rendu compte de leur erreur. » Le coach Mickaël Gas ajoute, taquin : « Vincent, c'est le plus Nîmois des Parisiens. »
Cette cohésion exceptionnelle trouve ses racines dans les débuts difficiles de la saison. « On est tous arrivé au compte-gouttes dans le Gard l'été dernier, et on s'est tous retrouvé à l'hôtel. C'est peut-être grâce à ce mois à l'hôtel que ça a pris. Ce sont des moments durs qui font que ça soude un groupe », explique Pires.
Le directeur sportif Anthony Dupré a recruté des joueurs « un peu en galère de projet », créant une équipe de « rescapés » qui fonctionne à merveille.
Un rôle clé dans la course à la montée
Sur le terrain, les résultats n'ont pas tardé. Nîmes Olympique, à 8 journées de la fin, occupe la 2e place à un point du leader Cannes. Les Crocos ont remporté 12 matches en 22 journées, avec Vincent Pires titulaire à neuf reprises lors de ces succès.
Anthony Dupré vante les qualités de son milieu : « Vincent, c'est un joueur d'expérience, de devoir, de collectif, un régulateur avec une vision du jeu, bien placé, propre techniquement. C'est un facilitateur de jeu. » Le directeur sportif souligne même son bon jeu de tête, lui qui a marqué contre Fréjus lors de la 3e journée.
Pourtant, rien n'était acquis pour que Pires rejoigne Nîmes. Sortant de quatre solides saisons en National à Sedan (2021-2023) puis Châteauroux (2023-2025), où il fut même capitaine la première année, il envisageait sérieusement d'arrêter : « L'été dernier, j'ai même songé à arrêter après une deuxième partie de saison compliquée à Châteauroux. »
La décision qui a tout changé
Le coup de téléphone d'Anthony Dupré, mi-juillet, a tout changé. « Antho me demande si je suis intéressé par Nîmes. J'en parle à ma femme, j'ai pensé à elle et je me suis dit qu'il fallait aussi qu'elle kiffe. Jusqu'à présent, elle avait connu Sedan, Châteauroux, Auxerre… que des villes où il n'y a rien à faire. Alors, j'ai dit oui et, deux jours après, j'étais là. »
Huit mois plus tard, Vincent Pires et Nîmes Olympique jouent la montée en Ligue 3. Face à Goal FC ce samedi, le milieu prévient : « Contre Goal, ça va être dur. C'est une équipe qui n'a presque plus rien à jouer, les joueurs veulent se montrer. »
Mais une chose est certaine : Vincent Pires sera bien présent, toujours au service du collectif, poursuivant ce parcours singulier qui l'a mené des terrains de Manchester City à la cité des Antonins, avec la même passion intacte pour le jeu.



