Le saut légendaire de Nicolas Vergonzeanne face au « toro assassin » Ratón
Vergonzeanne saute le toro assassin Ratón en 2012

Le défi ultime d'une légende de la course landaise

Le 16 mars 2012 restera gravé dans les mémoires des amateurs de tauromachie et de course landaise. Ce jour-là, dans les arènes de Castellón en Espagne, le sauteur landais Nicolas Vergonzeanne réalise l'exploit de sa carrière en sautant le toro espagnol Ratón, surnommé « le toro assassin » pour sa dangerosité légendaire.

Un toro au palmarès terrifiant

Ratón, issu de l'élevage de Gregorio de Jesús, n'était pas un animal comme les autres. Ce toro avait déjà tué trois coureurs de ses cornes et en avait grièvement blessé cinq autres, forgeant ainsi sa réputation de bête redoutable et imprévisible. Pour Nicolas Vergonzeanne, huit fois champion de France de course landaise, affronter ce spécimen représentait le défi ultime pour clore sa carrière en beauté.

« Ratón, c'est un mythe. Je ne suis pas inconscient. J'ai pris le temps de l'analyser en vidéo et de voir si un saut était possible », expliquait le sauteur landais, démontrant que cet acte apparent de folie était en réalité le fruit d'une réflexion approfondie.

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Une seconde d'éternité dans les arènes

Quand Nicolas Vergonzeanne pénètre dans les arènes de Castellón, le public est en ébullition. La tension est palpable. Le sauteur doit réfléchir plus vite que l'animal, sachant qu'aucune erreur n'est permise face à une telle bête.

Ratón sort, marque un temps d'arrêt puis fonce directement sur le sauteur landais. Leur rencontre ne durera qu'une petite seconde, mais cette seconde semblera une éternité aux spectateurs et au protagoniste lui-même.

« J'ai tapé à une distance raisonnable en allongeant mon saut. Je voulais passer rapidement la tête et ramener les jambes. Techniquement, j'ai fait ce que je désirais », racontera plus tard Vergonzeanne. Le toro relève bien la tête, mais l'homme entame déjà sa réception. L'exploit est accompli.

La fin d'une carrière exceptionnelle

Ce saut légendaire marque l'apogée d'une carrière exceptionnelle, mais aussi le début de la fin. Quelques mois plus tard, le 13 octobre 2012 à Saragosse, la chance abandonne Nicolas Vergonzeanne. Alors qu'il affronte pour la première fois un toro de Miura, la corne lui traverse le mollet droit.

Cette blessure lui rappelle les limites de son art : « Après Ratón, j'en étais venu à penser que, finalement, la tauromachie n'avait pas de limites. Cette cornada me rappelle qu'elle en a. C'est même pour cela que la tauromachie me fait vibrer et rêver ».

L'héritage d'un ange landais

Nicolas Vergonzeanne tire finalement sa révérence le 6 septembre 2013 à Dax, devant toute sa famille, à l'âge de 36 ans et après vingt ans de carrière. Même sa grand-mère de 85 ans a tenu à être présente pour ce moment historique.

L'« ange landais », comme on le surnommait, se consacre désormais à son rôle d'éducateur sportif, mais son nom continuera de résonner dans les arènes grâce à ses deux frères qui assurent la relève. Son exploit face à Ratón restera comme l'un des moments les plus marquants de l'histoire de la course landaise, un témoignage du courage et de la maîtrise technique qui caractérisent cette discipline traditionnelle.

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