Les rugbymen de l'US Tyrosse, promus en Nationale 2, ont un match à gagner ce dimanche 26 avril contre Aubenas pour retrouver les phases finales du championnat. À Saint-Vincent-de-Tyrosse, le rugby n’est pas qu’un jeu, c’est un commun. Dans ce chef-lieu de canton, porte d’entrée sur le territoire du Sud des Landes, il se pratique autant qu’il éclaire au-delà des pelouses du stade de la Fougère.
Un club ancré dans la tradition
L’entraînement des rugbymen de l’US Tyrosse, à la fin de l’après-midi de ce jeudi 23 avril 2026, débute au moment où les jeunes de la section athlétisme terminent leur séance d’exercices, sous les yeux de leurs parents venus les récupérer. Tous savent que ce dimanche, à 15 h 30, l’équipe fanion a un barrage à disputer face à Aubenas pour se qualifier en quart de finale du championnat de France de Nationale 2.
« À Tyrosse, on a toujours été dans l’imprégnation. Ceux qui ne jouent pas deviennent des supporteurs ou des partenaires », relève Guy Accoceberry. L’ancien demi de mêlée international de Bègles-Bordeaux, né en 1967, a commencé le rugby à Tyrosse et porté les couleurs de son club jusqu’en 1993. « Dans la cour de l’école, le seul ballon autorisé était un ballon ovale. Notre instituteur, Michel Castets, faisait jouer tout le monde, les garçons comme les filles. »
Un vivier de talents
Ce vivier demeure la principale ressource de l’US Tyrosse, d’autant plus que son école de rugby fonctionne désormais sous la forme de rassemblement avec d’autres clubs de la côte Sud des Landes. « C’est tout à la fois notre force et notre plus grosse responsabilité en tant que dirigeant : faire perdurer cette école de rugby qui accueille plus de 300 enfants », confie Olivier Britz, coprésident de l’US Tyrosse avec Jean-Bernard Gauyat. Ce duo a pris la suite de celui formé par Robert Diriberry et Christian Laclau pour que le club de Semisens reste fidèle à son rugby de tradition.
« On met souvent en exergue ce qui apparaît, les résultats sur le terrain, les joueurs et les entraîneurs. Mais lorsqu’un club dure, c’est aussi parce qu’il est bien dirigé. C’est le cas à Tyrosse. Les présidents successifs l’ont toujours géré de façon qu’il fonctionne sans jamais le mettre en danger. Savoir accepter les aléas sportifs, les années moins bonnes, les générations qui s’éteignent, je pense que c’est ce qui fait la force du club », note François Gelez. Coach de l’équipe Espoirs de l’ASM Clermont Auvergne, après avoir été formé puis entraîné à l’UST, l’ancien ouvreur international du SU Agen reste un ambassadeur de sa ville natale.
Un modèle économique vertueux
« Tyrosse, c’est une image de marque qui parle partout dans le rugby. Le petit club qui essaye d’être dans la cour des grands et qui accepte de rester amateur, avec toute la noblesse qu’a ce mot », poursuit François Gelez. Valable jusqu’à ce que l’économie d’un sport devenu spectacle fasse disparaître l’US Tyrosse de l’élite, la recette reste louée de Guy Accoceberry : « Le rugby a évolué. Mais Tyrosse a su s’adapter, en se passant d’un argent qu’il n’aurait pas et développant un modèle dont beaucoup de clubs devraient s’inspirer. »
Tyrosse compte en effet sur une histoire, faute d’avoir des moyens. Son budget d’un « peu plus d’un million d’euros » reste l’un des plus modestes de la division. « Tous nos joueurs sont pluriactifs, avec des Espoirs qui sont totalement intégrés dans le groupe senior », dévoile Olivier Britz. Ils ne perçoivent que des indemnités et des primes pour leurs performances sportives qui les ont vus, la saison passée, ramener les boucliers du champion de Fédérale 1 et celui des Espoirs fédéraux.
« Tu ne joues pas à Tyrosse pour devenir riche, mais pour autre chose », estime Guy Accoceberry. Parfois, des poignées de main suffisent à changer des vies, une fois les derniers matchs joués. « Ce que l’on recherche, c’est que l’état d’esprit se retrouve dans toutes les couches du club », admet Olivier Britz. Ce sont d’anciens joueurs qui font de nouveaux éducateurs, au seul exemple de Paul Dubert, ou des dirigeants. Thomas Vervoort, lui, est devenu l’un des quatre salariés du club, chargé de développer son partenariat. « Plus de 300 partenaires locaux » font office d’armée fidèle plutôt que de mécène, renforcés par les soutiens de la municipalité, de la Communauté de communes Macs et du Département, et de « 1 400 spectateurs en moyenne », précise Olivier Britz. Le coprésident de l’UST souligne également « l’investissement des bénévoles sans qui rien ne serait possible » au moment d’accueillir plus de 600 personnes au déjeuner d’avant-match de la dernière journée à domicile de la saison régulière, dimanche passé. Parce qu’un match est plus qu’un match à la Fougère, ce stade au nom d’une plante sauvage qu’on dit immortelle.



