UBB vs Leinster : les Bordelais visent le doublé en Champions Cup
UBB vs Leinster : les Bordelais visent le doublé

Un an après avoir brandi leur premier trophée en Champions Cup, les Bordelais visent le doublé, ce samedi (15 h 45) dans la chaleur de Bilbao, face à un Leinster quatre étoiles et plus redoutable qu'il n'y paraît.

Une nouvelle maturité pour l'UBB

« Après ta première histoire d'amour, est-ce que tu abordes la deuxième différemment ? » Digne du bac de philo, cet énoncé a été posé dans un sourire par Yannick Bru cette semaine. À portée de main du trophée brandi à Cardiff l'an dernier, le manager a offert cette petite formule, aux accents de lapalissade, en réponse à une question portant sur la manière dont il abordait cette deuxième finale consécutive de Champions Cup.

À l'heure de défier le Leinster à Bilbao, là même où les Irlandais ont remporté leur quatrième et dernier titre continental en 2018, l'UBB n'est effectivement plus tout à fait la même. « Elle a un petit truc en plus », reconnaît Yannick Bru. Portée au pays de Galles par une ambition adolescente, elle arrive cette fois dans la capitale de Biscaye dotée d'une maturité nouvelle. Celle propre à ceux qui ont déjà gagné.

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Si les courbes du Rio Nervion bordant le stade San Mamés ne sont pas sans rappeler celles du Taff longeant le Principality Stadium, beaucoup de choses ont changé en l'espace d'un an. Au-delà des odeurs des bars à tapas du Casco Viejo de Bilbao qui ont remplacé les effluves des pubs gallois, c'est l'UBB elle-même qui a été transfigurée. Mais le frisson, en revanche, est toujours là. Intense, fiévreux…

Une empreinte à laisser dans l'histoire

Si cette Coupe d'Europe n'a pas le sel d'un Brennus, ce sentiment est aiguisé par la relation passionnelle que Maxime Lucu et ses partenaires ont nouée avec une compétition qui a apporté à leur club le tout premier titre depuis sa création. C'était une première page d'histoire. Au cœur de ce Pays basque qui a forgé la résilience et le tempérament de leur capitaine, ils vont tenter d'en écrire une deuxième en rejoignant la caste des clubs ayant conservé leur titre en Champions Cup. Expirez, inspirez, savourez…

Le récent doublé du Stade Rochelais (2022, 2023) ne doit pas inciter à banaliser une performance réalisée par cinq clubs seulement depuis 1996. En plus d'éloigner le spectre d'une saison blanche, pour une équipe dont l'ambition en Top 14 a été égratignée par une irrégularité coupable, un tel doublé permettrait à cette génération de poser une empreinte indélébile sur le palmarès de cette Champions Cup.

Un Leinster plus redoutable que jamais

Irresistibles sur la scène européenne depuis deux saisons, à seulement un succès du record de victoires consécutives (16) posé par le Stade Rochelais, les Bordelais ont pris goût à l'ivresse de l'altitude. Ils ne doivent pas pour autant occulter la précarité des appuis lorsqu'on évolue à proximité directe des sommets. Plus que quiconque, le Leinster est bien placé pour en témoigner.

Élevés au statut d'épouvantail dans cette compétition par la force des quatre coupes d'Europe remportées durant la décennie 2010, les Irlandais ont vu leur aura pâlir sous le coup des quatre finales perdues depuis 2019. On dit ce Leinster moins fort, moins impressionnant. Il n'a effectivement pas dégagé le même sentiment d'inéluctabilité tout au long de cette campagne européenne. Mais comme l'a souligné Yannick Bru, à juste titre, on ne se hisse pas en finale avec une telle constance par hasard.

Dirigée par le coach des champions du monde sud-africains Jacques Nienaber, « l'équipe d'Irlande plus Rieko Ioane » (dixit Bru) ne monopolise plus le ballon à l'excès. Si elle est toujours experte dans l'art des rucks, agressive comme nulle autre en défense, le poids des échecs l'a cependant rendue plus pragmatique. Toujours obsédée par sa quête d'un cinquième titre, elle est désormais plus résiliente ainsi que l'a suggéré cette semaine l'ancien centre Gordon D'Arcy.

Folie et létalité pour déstabiliser

Il ne faut pas se laisser éblouir par l'étoile que les Bordelais arborent désormais sur leur maillot. Ce Leinster est probablement bien plus redoutable que le Northampton que l'UBB a eu à affronter l'an passé. Ses forces semblent épouser les courbes des faiblesses girondines. Mais l'inverse est également plus vrai que jamais.

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Puisqu'il faut espérer qu'ils se montrent bien plus impliqués qu'ils ne l'ont été contre Bayonne et Perpignan en Top 14 ces dernières semaines, Matthieu Jalibert et ses partenaires ont tout ce qu'il faut de létalité et de folie pour sortir les adversaires de leur zone de confort. Ils n'aiment pas être confrontés au désordre. Dans la touffeur de Bilbao, Louis Bielle-Biarrey peut l'incarner à lui seul. Maxime Lucu le sait probablement : San Mamés est surnommée la cathédrale. Y a-t-il plus bel endroit pour consacrer une nouvelle histoire d'amour ?