Grâce à leur succès bonifié ce samedi après-midi face à l’Aviron bayonnais (52-26), les Toulonnais valident leur objectif : prendre dix points sur leurs deux dernières sorties en Top 14. Huitièmes à cinq points du premier qualifiable, ils poursuivent leur course contre-la-montre.
Un scénario familier
Pierre Mignoni, le directeur du rugby toulonnais, aime évoquer les « scénarios » de match. Ce samedi à Mayol, ses hommes ont proposé un synopsis identique à celui de Sapiac une semaine plus tôt : une bonne entame concrétisée par des points et des essais, une avance considérable à la pause (33-12), un trou d’air, puis une accélération salvatrice pour s’adjuger un succès bonifié.
Le piège du relâchement évité
Facile ? Pas vraiment. Pourtant, le contrat est rempli à 100 %. De quoi donner le sourire à Mignoni : « Sur le plan comptable, on est très satisfaits. Après, on aurait pu faire un match un peu plus propre. Mais le score est là. Gérer ces deux matchs après la qualification à Glasgow n’était pas évident. On prend dix points, c’est positif. Le piège, c’était de se relâcher. » Son ailier Mathis Ferté, auteur d’un doublé en première période (5e et 40e), confirme : « On voulait gagner avec le bonus et prendre dix points sur ces deux matches. C’est chose faite. On savait que ça serait compliqué, et on s’était bien préparés. On se trouve de plus en plus… c’est bénéfique pour la suite ! »
Face à une équipe remaniée de l’Aviron, ce Toulon, neuvième au coup d’envoi, savait qu’un troisième revers à domicile aurait signifié la fin du championnat.
« Attaquer fort, c’était le maître-mot »
D’entrée, les coéquipiers de Baptiste Serin, promu capitaine, ont mis du rythme. Beaucoup de rythme. Il y a bien longtemps qu’on ne les avait pas vus autant tenter à Mayol. Même dans leur camp, les Toulonnais osent, touchent les extérieurs, cassent des lignes et créent. À l’image d’un Zach Mercer métamorphosé ou d’un Juan Ignacio Brex tranchant et audacieux. « Allumés » d’entrée, pour paraphraser Mignoni, les Varois ont réalisé une entame solide. « Attaquer fort, c’était le maître-mot de la semaine, reprend Ferté. On l’a bien fait. Et ce qu’il faut retenir, c’est que, même pendant les moments où on a été un peu moins bien, on a su réagir. On n’a pas baissé la tête et on est allés de l’avant. » Son entraîneur confirme : « Oui, on a fait des erreurs. On les a remis un peu dans le match avec des fautes stupides. On a un petit peu perdu le fil, mais on ne s’est pas trop affolés. On a conservé notre énergie en attaque. Et on a marqué à peu près quand il fallait. »
« Nous ne sommes pas morts »
En voyant son avance fondre de vingt-et-un points à sept, le RCT aurait pu céder à la panique. Mais, comme à Montauban, il est parvenu à retrouver son caractère pour placer trois banderilles en onze minutes à l’Aviron, décrocher les Basques et récupérer son bonus. Des essais labellisés formation toulonnaise, inscrits par Oliver Cowie (69e), Melvyn Jaminet (75e) et Pierre Damond (79e). Huitième du Top 14 ce dimanche matin, Toulon poursuit son bonhomme de chemin, sans trop calculer ses concurrents directs. Pas le choix, de toute façon. « On est en retard et on le sait. Mais nous ne sommes pas morts, rappelle Pierre Mignoni. On ne va pas dire qu’on est sortis d’affaire non plus, loin de là. On a encore beaucoup de travail et de points à prendre pour revenir. » Ses dix points validés, son contrat rempli et fort de sa série de quatre succès consécutifs, Toulon peut sereinement basculer vers le match le plus important de sa saison : sa demi-finale face au Leinster.



