Stanislas de Barbeyrac : ténor à l'opéra, supporter de l'UBB au rugby
Ténor et supporter de l'UBB : Stanislas de Barbeyrac

Stanislas de Barbeyrac, ténor lyrique de renommée internationale, est également un passionné de rugby et un supporter inconditionnel de l'Union Bordeaux Bègles (UBB). Samedi 23 mai, à 15 h 45, il ne sera pas en train de travailler une partition de Wagner ou de Poulenc. Sa priorité sera de regarder la finale de la Champions Cup entre Leinster et l'UBB, « en famille, chez moi, à Barsac, avec la tireuse à bière », confie-t-il avec un sourire. Se rendre à Bilbao pour assister au match n'était pas envisageable, car il était de retour seulement le mardi précédent de New York, où il a chanté pendant deux mois l'« Eugène Onéguine » de Tchaïkovski au Metropolitan Opera, l'un des temples de l'art lyrique.

On peut être un ténor de renommée mondiale et un amoureux du ballon ovale, profondément ancré dans son terroir girondin. Même de l'autre côté de l'Atlantique, Stanislas de Barbeyrac a suivi les matchs de l'UBB. « Avec mon appli My Canal et un bon VPN, explique-t-il. À New York, on ne capte pas les chaînes françaises. »

Une passion née sur le terrain

Lui-même a joué au rugby pendant une dizaine d'années. « Je faisais déjà 1,80 m quand j'étais en troisième, à Grand Lebrun, et j'étais plutôt costaud. Un professeur de sport m'a recruté dans l'équipe de l'établissement. Dès que j'ai touché ce ballon, je suis devenu fou de rugby. On s'entraînait trois fois par semaine et on disputait des tournois contre des équipes anglaises, galloises, écossaises, italiennes… », se souvient-il.

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De cette expérience, Stanislas de Barbeyrac retient surtout la solidarité qui règne dans le monde du rugby. « On était tous frères. Quand l'un d'entre nous avait la tête dans le guidon, on allait l'aider. Ce qui me plaisait aussi, c'était l'esprit de combat. J'ai fini troisième ligne centre et j'ai adoré ce poste. Je me suis retrouvé face à des ''bébés'' qui arrivaient lancés et je me suis dit ''Waouh, je vais prendre cher''. Mais une fois qu'on a appris à plaquer, c'est grisant de voir qu'on a fait tomber le gars ! », raconte-t-il avec enthousiasme.

La tactique et la beauté du jeu

Il évoque également l'aspect tactique : « La beauté des passes, des combinaisons, la multiplicité des phases de jeu. C'est aussi ça qu'on trouve à l'UBB aujourd'hui : un jeu rapide, des sorties, des rucks… Ça joue tout le temps au ballon. » Stanislas de Barbeyrac a même entrevu le haut niveau une saison au Stade Bordelais, l'une des deux composantes de l'UBB. Mais la barre était trop haute. « En Crabos [l'élite des moins de 18 ans], le niveau était sacrément bon et je ne pouvais pas concilier ça avec le sport scolaire, le lycée et mon enseignement musical. »

De plus, l'engagement physique du rugby est incompatible avec l'art lyrique à haut niveau. Pour remplir un théâtre de 3 800 places comme le Met avec sa seule voix, sans micro, un chanteur a besoin de ses résonateurs naturels : bouche, nez, pharynx, squelette, tout ce qui sert de caisse de résonance. « Mon corps, c'est mon instrument de travail. Quand je chante en étant enrhumé, je sens tout de suite qu'il y a un problème. Les mâchoires, les côtes, n'en parlons pas. Je ne pouvais plus les mettre en danger avec le rugby. Mais ça a été un crève-cœur d'arrêter. »

Des valeurs communes

De ce parcours, il garde le goût du sport. « Tennis, padel. Dans mon métier, c'est important de garder la condition. La vie de chanteur lyrique, c'est une vie de sportif de haut niveau. » Il conserve aussi des valeurs fondamentales. « Dans le rugby comme dans un opéra, on fait partie d'une équipe. Il y a un orchestre, d'autres chanteurs, un chœur, des comédiens… S'il y a quelqu'un à côté de moi que je sens en détresse, je dois être capable de l'épauler, de comprendre ce qui se passe. Je ne peux pas penser qu'à moi. »

Interrogé sur son pronostic pour cette finale, il répond : « Ça va être chaud. Leinster, c'est un gros groupe, ils ont une grosse confiance. Mais l'UBB peut être étonnante dans les moments difficiles, et elle a un banc très riche. Je les vois gagnants, avec un score serré. Disons 41-36 ! »

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