Le terrain de foot de Canet détruit par la pluie : le synthétique, solution ou gouffre financier ?
Terrain de foot détruit à Canet : synthétique, solution ou gouffre ?

Le terrain de football de Canet ravagé par les intempéries : le synthétique en débat

Les pluies récurrentes ont sévèrement dégradé la pelouse du stade de football de Canet, dans l'Hérault, rendant le terrain d'entraînement totalement impraticable. Cette situation critique a provoqué un débat animé au sein de la commune, opposant les partisans d'une solution durable à ceux qui craignent un gouffre financier.

Un mois d'arrêt pour l'ASC et une frustration grandissante

Les équipes de l'ASC (Association Sportive de Canet) sont à l'arrêt depuis près d'un mois en raison des intempéries persistantes des deux derniers mois. La mairie a multiplié les arrêtés municipaux pour interdire l'accès au terrain, une mesure nécessaire mais frustrante pour le club et ses 400 licenciés. Sur les réseaux sociaux, notamment sur la page Facebook de l'ASC, la revendication est claire : "À quand un terrain synthétique ?" Beaucoup voient dans cet équipement une solution indispensable pour éviter de tels blocages à l'avenir.

La mairie face à un dilemme financier et logistique

La mairie se dit consciente du désagrément subi par les licenciés, mais elle rappelle que ces épisodes pluvieux restent exceptionnels. Pour pallier le manque de terrain, elle a proposé au club de participer financièrement à la location de créneaux en foot en salle, permettant ainsi aux joueurs de continuer à pratiquer. Cependant, cette solution temporaire ne résout pas le problème de fond.

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L'installation d'un terrain synthétique représente un investissement initial d'environ 1,2 million d'euros, sans compter les coûts d'entretien réguliers : nettoyage, décompactage, remplacement du remplissage, contrôles, et une réfection complète après dix à douze ans. Le maire, pourtant soutien de longue date de l'ASC, souligne les défis budgétaires : "Les communes équipées de synthétique sont des villes de plus de 5 000 habitants, avec des budgets sans commune mesure avec le nôtre. Le contribuable canétois est-il prêt à sacrifier la voirie, l'éclairage public, les écoles, les associations ou l'entretien du patrimoine communal ?"

Des pistes alternatives et un débat qui s'envenime

En 2025, l'ASC a coûté près de 100 000 euros à la mairie, entre subventions, travaux, arrosage et entretien. Une somme conséquente supportée par l'ensemble des contribuables, ce qui alimente le débat sur la répartition des ressources publiques. Certains estiment que le club, fort de son ambition sportive, doit aussi se poser les bonnes questions, notamment sur la taille de ses effectifs et ses demandes d'infrastructures comparables à celles de villes plus grandes.

D'autres pistes sont évoquées, comme la fusion avec des clubs voisins, la mutualisation des équipements, ou encore des cagnottes participatives. Ces solutions pourraient éviter de faire porter l'effort financier uniquement sur le contribuable. Pour certains habitants, la question n'est pas d'être "contre ou pour le foot", mais de savoir si une discipline, aussi populaire soit-elle, doit concentrer une part importante des ressources publiques au détriment d'autres associations locales.

En cette période électorale, le sujet devient particulièrement sensible. Le débat, loin de s'apaiser, ne fait que commencer, mettant en lumière les tensions entre besoins sportifs et contraintes budgétaires dans une petite commune comme Canet.

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