Une soirée historique qui tourne au cauchemar
Strasbourg, qui rêvait de disputer la première finale européenne de son histoire, a vécu une déroute jeudi soir. Devant un stade de la Meinau comble, les Alsaciens se sont inclinés 0-1 face au Rayo Vallecano, le même score qu'à l'aller, lors de cette demi-finale de Ligue Conférence. Une prestation ratée, avec seulement deux tirs cadrés, et un après-match crispé, tant face aux tribunes que devant les médias.
Sur le terrain : une première période catastrophique
Les Strasbourgeois ont livré une première période indigente, ponctuée de pertes de balle et d'approximations. Juste avant la pause, Alemão a inscrit le but de la qualification pour les Espagnols (42e). « On n'a pas été au niveau », a reconnu l'entraîneur Gary O'Neil. L'attaquant Diego Moreira a ajouté : « Tout le monde n'avait pas la même envie. On en a parlé aux vestiaires à la pause. »
La seconde période a été légèrement meilleure, avec une belle occasion de Valentin Barco (73e), mais les Espagnols ont également eu des occasions de doubler la mise. Dans les arrêts de jeu, Julio Enciso a manqué un penalty (90e+4), et s'est accroché avec son coéquipier Martial Godo, qui souhaitait également tirer ce penalty.
En tribunes : des sifflets et des doigts d'honneur
Dans le parcage visiteurs, 1600 supporters du Rayo Vallecano ont fêté la qualification. En revanche, dans le virage des ultras strasbourgeois, l'ambiance était hostile. Le capitaine Emanuel Emegha, absent pour cause de forfait, a été pris à partie par une partie des supporters, qui lui ont adressé des sifflets et des doigts d'honneur. Sa situation contractuelle et une interview polémique où il avait déclaré penser que Strasbourg se situait en Allemagne ont alimenté la colère. Diego Moreira, visiblement énervé, a filé vers les vestiaires.
Devant les médias : déception et agacement
En zone mixte, les joueurs n'ont pas caché leur déception. « On est dégoûtés », a lâché Diego Moreira, avant de s'agacer d'une question sur l'attitude des ultras. En conférence de presse, Gary O'Neil a mis en avant l'inexpérience de son effectif et les absences, notamment celle de son meilleur buteur Joaquin Panichelli. Il a également regretté l'étroitesse de son effectif : « Je n'ai que deux latéraux. Abdoul (Ouattara) joue numéro dix parce que mon numéro dix (Enciso) joue numéro neuf en ce moment. »
Interrogé sur les contre-performances de ses cadres, l'Anglais s'est emporté : « C'est une mauvaise question. La suivante ! » Strasbourg, qui avait tout misé sur les coupes, a été éliminé sans gloire aux portes des finales de Coupe de France et de Ligue Conférence. La fin de saison en Ligue 1 s'annonce morose.



