Sébastien Squillaci : l'ancien défenseur monégasque partage ses analyses et souvenirs
À 45 ans, Sébastien Squillaci, finaliste de la Ligue des champions en 2004 avec l'AS Monaco, vit toujours sur la Côte d'Azur et suit avec passion l'actualité de son ancien club. Dans un entretien exclusif accordé à Nice-Matin, l'ancien international français a accepté de revenir sur sa carrière, d'analyser le redressement actuel des Rouge et Blanc, et de partager ses prédictions concernant les jeunes talents du club.
Maghnes Akliouche : un futur Bleu selon Squillaci
Sébastien Squillaci ne cache pas son admiration pour Maghnes Akliouche, le jeune milieu offensif de l'AS Monaco récemment titularisé en équipe de France face à la Colombie. « J'adore ce joueur et j'ai bien aimé son match. Il a une qualité technique au-dessus de la moyenne », affirme l'ancien défenseur central.
« On a pu voir Cherki, Akliouche, Doué voire Kanté combiner dans des petits espaces, c'était impressionnant ! Les Colombiens, ils les ont rendus malades. Maghnes a montré toute sa qualité technique et de passe. Pour moi, il a encore une marge de progression dans la finition, où il doit être plus tueur, mais je pense qu'il sera dans la liste de Didier Deschamps. »
Squillaci, qui a connu Akliouche à l'académie de l'ASM lorsqu'il était adjoint de Manu Dos Santos, se souvient d'un joueur « à maturité tardive, assez frêle, mais on voyait tout de suite qu'il avait quelque chose. Une vision du jeu, une qualité de passe. Il n'était pas tout le temps titulaire parce qu'il y avait d'autres joueurs en avance physiquement. »
Le redressement spectaculaire de l'AS Monaco
« Honnêtement oui, je suis surpris par le redressement de l'ASM », reconnaît Squillaci. « J'ai vu cette équipe tellement en difficulté… Mais j'ai aussi toujours dit qu'il y avait de la qualité dans ce groupe. »
L'ancien défenseur analyse les facteurs de ce renouveau : « La confiance est revenue avec les matchs contre le PSG et Lens. Le repositionnement de Zakaria derrière a aussi été un facteur important, il y avait un vrai souci au niveau des défenseurs centraux. Faes a apporté de la stabilité, Maghnes avait besoin d'être entouré, Camara est énorme… Et le coach n'a pas lâché. »
Concernant l'amélioration défensive, Squillaci explique : « Zakaria c'est un peu pareil que Rafael Marquez, il rassure. C'est la pièce maîtresse. Il y a aussi plus de concentration au niveau du marquage dans la surface. Et puis on a retrouvé ce pressing haut, agressif. Maintenant il y a plus de récupérations hautes, donc la défense est forcément moins exposée. »
Les souvenirs indélébiles des années monégasques
Pour Sébastien Squillaci, Monaco reste son club de cœur : « Monaco c'est mon club. Depuis tout petit, Monaco c'était le club qui me faisait vibrer, je trouvais que c'était la classe. J'ai pu jouer pour l'ASM pendant des années et j'ai gardé beaucoup d'attachement. »
L'ancien défenseur évoque avec émotion la finale de Ligue des champions en 2004 et le parcours exceptionnel de cette équipe. « Humainement, j'ai un peu retrouvé ça à Bastia. Dans les autres clubs, j'ai eu des potes mais pas un collectif aussi fort. On s'entendait tous très bien, il y avait de la vie, ça chambrait… On était 18-20 joueurs vraiment soudés. »
Un souvenir personnel marquant ? « Mon but à Bernabeu, que je marque à moitié du tibia contre le Real Madrid. Contre les Galactiques, ça reste un truc marquant. Je n'avais pas l'habitude de marquer, pendant dix secondes tu ne sais plus où tu es. »
Les anecdotes sur les coéquipiers de légende
Squillaci partage quelques anecdotes savoureuses sur ses anciens coéquipiers :
- Le plus fort physiquement : « Shabani Nonda, une force de la nature. J'avais aussi été impressionné par Dado Prso, il revenait de blessure mais c'était un guerrier. »
- Le plus chambreur : « Patrice Evra, Jérôme Rothen et Édouard Cissé. Des bons chambreurs ! Ils faisaient des vannes, ils branchaient sur les vêtements, sur des choses que tu disais, que tu faisais… »
- Le plus branché mode : « Marco Simone, à l'italienne. Beau gosse, tout qui va bien… La classe ! »
- Le plus fêtard : « Il n'était pas spécialement fêtard mais Ludovic Giuly savait mettre l'ambiance. Sinon, Chevanton et Saviola, deux mecs qui aimaient bien sortir. »
- Le plus fou-décalé : « Sur le terrain, Julien Rodriguez. Des fois, il était capable d'être très méchant. Quand un attaquant décrochait, il pouvait crier pour lui faire peur. »
La relation fraternelle avec Gaël Givet
Sébastien Squillaci évoque également sa relation particulière avec Gaël Givet : « On s'est connus au centre. On passait nos vacances ensemble, nos femmes se connaissaient, les enfants… C'était une relation en continu, même en dehors du terrain. »
« On a fait le GR20 en Corse ensemble quand on a arrêté. On adore la montagne tous les deux et j'avais toujours voulu le faire, c'était un très grand souvenir. L'effort était difficile mais on a fait de belles rencontres. C'est magnifique, je le conseille à tout le monde. »
À travers cet entretien riche en analyses techniques et en souvenirs personnels, Sébastien Squillaci démontre que son attachement à l'AS Monaco reste intact, tout comme sa passion pour le football et sa capacité à identifier les talents de demain.



