Le Russe Matveï Safonov s'installe durablement dans les buts parisiens
Arrivé à l'été 2024 en provenance de Lille pour remplacer Gianluigi Donnarumma, le gardien français Lucas Chevalier devait initialement occuper le poste de doublure derrière le Russe Matveï Safonov. Pourtant, la dynamique a complètement basculé au cours de la saison. Alors que Chevalier a vécu les dernières rencontres du club parisien sur le banc des remplaçants, Safonov enchaîne les performances convaincantes qui lui ont valu la confiance totale de son entraîneur.
Une performance décisive face à Chelsea
Le match retour contre Chelsea en Ligue des champions a constitué un tournant majeur. Mardi à Stamford Bridge, Matveï Safonov a été décisif tout au long de la rencontre avec neuf arrêts cruciaux. C'est même lui qui a initié l'action du premier but parisien en trouvant Khvicha Kvaratskhelia d'une relance précise. Si son jeu au pied n'a pas été parfait avec quelques dégagements hasardeux et des sorties parfois hésitantes, ces imperfections mineures n'ont pas entaché l'impact global de sa performance.
Les réactions dans le vestiaire parlent d'elles-mêmes. « Safonov a été très bon ce soir. Quand ils m'ont donné le titre de MVP, j'ai pensé à lui parce que c'est lui qui le méritait. Nous sommes contents de l'avoir », a glissé l'attaquant géorgien Kvaratskhelia. Le capitaine Marquinhos a ajouté : « Toutes les équipes qui sont allées au bout ont eu des gardiens qui les ont sauvées quand elles en avaient besoin. C'est très bien d'avoir un gardien qui te rassure comme ça ».
La méthode de Luis Enrique : la concurrence permanente
L'entraîneur Luis Enrique a toujours appliqué une philosophie de concurrence ouverte pour le poste de gardien. « Le principe de concurrence s'applique comme pour n'importe quel poste. Le meilleur du moment joue, cela se passe ainsi au PSG », confiait fin janvier une source proche du vestiaire. Cette approche n'est pas nouvelle : l'entraîneur espagnol avait déjà instauré une compétition entre Donnarumma et Safonov lors de sa première saison.
Interrogé sur la situation, Luis Enrique se réjouissait : « C'est impossible de gagner à l'extérieur dans un match de Champions League, particulièrement un match retour, sans avoir un gardien de très haut niveau ». Tout en maintenant un discours équilibré, l'entraîneur parisien précise : « Comme je l'ai dit, j'ai non seulement 'Mocha' (Safonov), mais aussi Lucas Chevalier. J'ai parlé tout le temps de la chance que j'ai en tant qu'entraîneur d'avoir de très bons gardiens ».
Lucas Chevalier, une saison en demi-teinte
Pour Lucas Chevalier, la situation est plus compliquée. Le gardien français, arrivé avec le statut de doublure, s'est retrouvé déclassé au cours de la saison. Son dernier match remonte à plusieurs semaines, et il apparaît peu probable de le revoir dans les buts parisiens d'ici la fin de la saison si Safonov maintient son niveau actuel.
Seule consolation pour l'ancien Lillois : sa convocation par Didier Deschamps pour la tournée américaine de l'équipe de France, à moins de trois mois de la Coupe du monde. Le sélectionneur a toutefois précisé sa position : « Cela m'est arrivé souvent, avec des joueurs importants qui pouvaient être ponctuellement en difficulté dans leur club, de leur tendre la main. Cette situation n'est pas idéale pour lui [...] mais il n'a pas perdu sa valeur en quatre mois ». Deschamps a néanmoins rétrogradé Chevalier en position de numéro 3 dans la hiérarchie des gardiens bleus, derrière Mike Maignan et Brice Samba.
La fin de la concurrence pour Safonov ?
Matveï Safonov, passionné d'échecs et de jeux de société, abordait la situation avec philosophie mi-février : « Cette situation de concurrence était difficile. Maintenant c'est moi qui joue plus lors des derniers matchs, cela ne veut pas dire que je jouerai le prochain match ». Pourtant, les deux derniers mois de compétition semblent indiquer que le Russe de 27 ans a définitivement mis fin à toute incertitude concernant le poste de gardien titulaire au PSG.
L'ancien gardien de Krasnodar, qui n'avait plus joué depuis la finale de Coupe de France en mai 2025 avant de remplacer Chevalier en décembre, a su rebattre les cartes grâce à un excellent interim. Interrompu par une fracture à la main gauche, il est revenu plus fort et a solidifié sa position. Pour les semaines décisives à venir, le PSG peut compter sur un gardien en pleine confiance, tandis que Lucas Chevalier devra patienter sur le banc en attendant une éventuelle opportunité.



