Rodez-MHSC : Pierre-Olivier Murat dévoile les secrets de la longévité du RAF avant le derby
Rodez-MHSC : Murat révèle les clés du succès du RAF

Rodez-MHSC : Le président Murat livre les secrets de la réussite du RAF avant le derby occitan

À la veille de la réception de Montpellier pour la 24e journée de Ligue 2, Pierre-Olivier Murat, président du Rodez Aveyron Football depuis 2006, s'exprime avec sa franchise habituelle sur les clés du succès du club ruthénois. Dans un entretien exclusif, il évoque le derby de l'Occitanie, sa relation avec Laurent Nicollin et le modèle unique du RAF.

Un derby chargé en symboles et en franche camaraderie

"C'est la première fois que le nouveau stade Paul-Lignon va être totalement plein, avec un parcage complet depuis son inauguration. Déjà ça, c'est génial", se réjouit Murat, surnommé "Pom" à Rodez. "Puis on reçoit Montpellier, on est à un point l'un de l'autre et c'est quand même un derby de l'Occitanie. Et c'est un derby entre Lolo (Nicollin) et moi. C'est à celui qui va manger le plus de côtes de bœuf à midi", lance-t-il dans un éclat de rire.

Le président ruthénois souligne les similitudes avec son homologue montpelliérain : "Avec Laurent, on se ressemble beaucoup. On est des gens du sud, souvent on dit ce qu'on pense de manière brute et cash, on ne se cache pas avec des phrases à rallonge". Il ajoute que cette affinité dépasse le simple cadre sportif : "Il n'y en a plus beaucoup des clubs familiaux comme Montpellier et Rodez. Ces choses-là font que ça matche entre nous deux".

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Un modèle de gestion éprouvé et une philosophie immuable

Interrogé sur le chemin parcouru depuis la montée en Ligue 2 il y a sept saisons, Murat estime que "le regard a changé sur le RAF. Je pense qu'on est plus craint". Il explique cette évolution par plusieurs facteurs :

  • La construction du nouveau stade Paul-Lignon
  • Une structuration progressive du club
  • Un style de jeu offensif reconnaissable
  • Une philosophie de recrutement claire et cohérente

"On est une équipe avec laquelle on est sûr de ne pas se faire chier. Les gens qui viennent savent qu'ils vont voir des buts. Pas une équipe dans un catenaccio qui va faire un vieux 0-0. Nous, ça va de l'avant", affirme le président.

Un système de jeu clair et un recrutement ciblé

Malgré un renouvellement important de l'effectif chaque été (70 à 80% des joueurs), le RAF maintient sa compétitivité. Murat attribue cette réussite à "un schéma de jeu qui est clair depuis 10 ans". Le club évolue en 3-5-2 avec des profils spécifiques pour chaque poste.

"Un piston droit ou gauche, on sait que chez nous, il faut que ça soit un monstre athlétique. Le latéral qui est un joueur de foot, qui la tripote, joue à l'intérieur, on sait que ça ne va pas dans notre système", précise-t-il. Cette cohérence permet au trio dirigeant (Murat, Guillaume Laurens et Greg Ursule) de "se tromper peu" dans ses choix de recrutement.

Une résilience économique et des ambitions mesurées

Dans un contexte économique difficile pour le football français, le modèle du RAF apparaît comme un atout. "C'est sûr qu'il est plus facile de vivre avec peu quand tu es habitué à avoir peu que l'inverse", analyse Murat. Le club n'a jamais eu de joueurs à 20 000 euros par mois, ce qui facilite l'adaptation aux nouvelles réalités financières.

Quant à l'ouverture à de nouveaux investisseurs, le président reste prudent : "On n'y a pas trop réfléchi parce qu'on a un modèle qui est assez sain. Et puis, si un jour, il y a des investisseurs, ce n'est même pas une question d'argent mais de philosophie". Il insiste sur l'ancrage local du management : "Le trio 'Pom', 'Gus', 'Greg', il est né à Rodez, vit à Rodez, nos enfants sont à l'école à Rodez".

Des ambitions réalistes et une passion intacte

Alors que le RAF enchaîne neuf matches sans défaite en Ligue 2 et se rapproche des places de barragiste, Murat garde la tête froide. "On pourra y rêver si on continue ce qui est fait actuellement", déclare-t-il concernant une éventuelle qualification pour les barrages.

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Pour ses 20 ans de présidence en 2026, le dirigeant confie que "ce qui fait la force, c'est l'amour fou de ce club". Et de conclure avec une formule évocatrice : "Le jour où on ne l'aime plus, où on ne bande plus comme l'aurait dit Loulou, il faut arrêter. Rodez n'a pas atteint ses limites ? Non, on n'a pas atteint nos limites. J'en suis sûr".