Loin des derniers grands rendez-vous de la saison, éliminé en Ligue des champions dès les quarts de finale et distancé définitivement par le FC Barcelone en Liga, le Real Madrid devait se diriger vers une fin de saison sans histoire. Mais les mauvais choix sportifs et les tensions dans le vestiaire depuis plusieurs mois ont fini par éclater au grand jour.
Une bagarre aux conséquences lourdes
Jeudi dernier, on apprenait qu'une bagarre avait éclaté entre le Français Aurélien Tchouaméni et son coéquipier uruguayen Federico Valverde. Le second a fini à l'hôpital avec un traumatisme crânien et a dû déclarer forfait lors du Clasico contre le Barça dimanche soir (0-2). Résultat : les deux joueurs ont écopé d'une sanction record à Madrid, d'un montant de 500 000 euros chacun.
La réaction de la direction
En conférence de presse, l'entraîneur Alvaro Arbeloa s'est félicité de la réaction rapide de sa direction. « Je suis très fier de la fermeté, de la rapidité et de la transparence dont le club a fait preuve. Et que les joueurs aient exprimé leurs regrets, reconnu et assumé leur erreur et demandé pardon aux supporters, au vestiaire et au club. Ça me suffit. Je ne vais pas les brûler en place publique parce qu'aucun d'eux ne le mérite, au vu de ce qu'ils ont fait pour ce club ces dernières années », a déclaré l'ancien joueur madrilène.
Des tensions qui remontent à la surface
Mais cet incident n'est pas le seul à être remonté à la surface et la presse se régale de tous les détails et conflits révélés au grand jour. Plusieurs joueurs ne parlent plus à Arbeloa, arrivé en cours de saison comme un pompier de service et qui n'est pas parvenu à éteindre l'incendie naissant. Certains sont frustrés de leur temps de jeu, tandis que d'autres l'ignorent purement. Le départ de Xabi Alonso a profondément divisé un vestiaire où la jalousie et la nervosité étaient déjà palpables.
L'échec du projet Alonso
Ancien joueur de la « Maison-Blanche », vainqueur de la Ligue des champions et entraîneur au passage plus que réussi à Leverkusen (2022-2025), Xabi Alonso devait faire basculer le Real Madrid dans la modernité avec des efforts supplémentaires et un pressing coordonné. Mais les joueurs sont rois à Madrid, et malgré ses 20 victoires en 28 matchs, l'entraîneur espagnol a mis fin d'un commun accord à son contrat, estimant qu'il n'était pas pleinement soutenu par ses joueurs mais aussi par sa direction.
La politique des Galactiques en question
L'état-major du Real Madrid, dont son président Florentino Perez, est pointé du doigt. La politique des « Galactiques », qui consiste à concentrer les meilleurs joueurs de la planète, est révolue, mais le ménage n'a pas été fait dans un vestiaire qui en avait bien besoin. Celui-ci compte trop de joueurs starisés, et les anciens patrons du milieu de terrain, Toni Kroos et Luka Modric, n'ont jamais été véritablement remplacés dans le cœur du jeu. Même les seconds couteaux sont frustrés de leur rôle déclinant et désapprouvent l'autorité.
Mbappé, une cible trop facile ?
Certains ont la tentation de tout mettre sur le dos de Kylian Mbappé, arrivé à l'été 2024, alors que le Real venait de remporter sa 15e Ligue des champions. Le capitaine des Bleus a sans doute ses torts, n'étant pas pleinement impliqué dans le collectif et le jeu sans ballon. Dans l'attitude aussi : quand l'ancien Parisien s'agace de ne pas être servi, il peut grandement irriter. Mais le désigner comme seul responsable serait exagéré. La direction madrilène doit trancher et faire partir l'un des coqs de cette basse-cour composée, entre autres, de Mbappé, du Brésilien Vinicius Jr et du milieu anglais Jude Bellingham.
L'avenir de Florentino Perez et le choix de l'entraîneur
Président jusqu'en 2029, Florentino Perez fera face à un tournant cet été. Après deux saisons d'affilée sans remporter ni Ligue des champions ni Liga, dans un club où les supporters sont plus qu'exigeants, le dirigeant de 79 ans ne devra pas se tromper dans ses choix, à commencer par celui du nouvel entraîneur.
Parmi les candidats favoris du casting, on retrouve José Mourinho, passé sur le banc du Real de 2010 à 2013, mais aussi… Didier Deschamps. Si le technicien portugais a un CV qui parle pour lui et l'habitude de gérer les ego, son caractère spécial et ses résultats déclinants sur le plan européen pourraient aussi conduire le club madrilène à se tourner vers le profil du futur ex-sélectionneur des Bleus, qui dispose de l'avantage d'avoir déjà entraîné Mbappé.



