Le PSG qualifié mais en souffrance : Monaco éliminé malgré son héroïsme
Au Parc des Princes, Sébastien Pocognoli est reparti de Paris avec la valise pleine de frustration et le cœur alourdi par une énigme insoluble. Après le match nul (2-2) et l'élimination de Monaco de la Ligue des champions, l'entraîneur monégasque lançait aux journalistes : « Et si on était à 11, que se serait-il passé ? ». Une question légitime, tant le PSG a passé l'épreuve du barrage monégasque pour un petit but sur l'ensemble des deux rencontres (5-4).
Une marge infime et des détails cruciaux
Cette marge infime s'est construite sur « des petits détails », pour reprendre la formule euphémisante de Jordan Teze en zone mixte. L'incapacité des vaincus à rester à 11 sur le terrain pendant 90 minutes ressemble plutôt à un gros caillou dans la chaussure. Saluons tout de même la régularité des Monégasques : en concédant un carton rouge express en début de seconde période, Mamadou Coulibaly est devenu le 9e joueur monégasque expulsé de la saison. Au 10e, il y aura une conso gratuite à la clé. Courage les gars, vous y êtes presque.
La problématique reste entière : le champion d'Europe a-t-il eu de la chance de jouer une heure en supériorité numérique en total cumulé sur la double-confrontation, ou bien a-t-il joué sur la faiblesse de son adversaire pour s'extirper du piège qui lui était tendu ? Vous avez trois heures. Les calculatrices sont interdites.
Paris encore en souffrance défensivement
Pour Paris, la réponse importe finalement assez peu. On retiendra simplement de ce barrage que l'équipe continue de naviguer à vue, d'avancer sans transcender, même contre un adversaire en infériorité numérique. Le goût d'inachevé se mesure à la joie relative de Désiré Doué au micro de Canal+ : « On a su revenir au score, passer devant, on a fait un grand match collectif. Notre objectif, ce n'est pas d'être mené et de revenir au score. Notre objectif c'est de dominer sur tout le match. »
Dans les couloirs du Parc, João Neves tenait un discours similaire : « Nous sommes qualifiés pour la prochaine étape et je suis content pour ça. Mais je pense que nous pouvons faire encore mieux, et c'est pour ça que je ne suis pas très content. Parce que je connais le niveau de notre équipe, et ce que l'on peut produire en match. »
A moins que le niveau affiché mercredi soir par le PSG soit la nouvelle norme pour ce collectif dont on ne cesse de répéter qu'il est émoussé physiquement et mentalement, avec un impact majeur sur le milieu et le secteur défensif. Chaque course défensive à haute intensité ressemble désormais à un supplice. On a vu Vitinha suffoquer derrière un Monégasque parti à mille à l'heure plein axe dans les premiers instants du match, João Neves tamponner l'arbitre sur un repli désespéré dans les arrêts de jeu et Nuno Mendes se traîner pour rattraper une transmission ratée pour Désiré Doué.
Qu'il semble lointain, le temps béni où le latéral portugais mettait les cracks mondiaux (Salah, Yamal, etc.) dans sa poche les uns après les autres en les dégoûtant sur chaque duel. Le voilà revenu au point de départ, aux sautes de concentration et aux marquages laxistes dans la surface. Mention spéciale pour l'ouverture du score d'Akliouche, une action où Mendes n'a toutefois fait que récolter en bout de chaîne le fruit des retards successifs de ses compagnons d'infortune, un trouage collectif à montrer dans toutes les écoles d'emmental.
Et que dire des remplaçants qui, non contents de ne pas peser dans le jeu, se permettent en plus de perdre des ballons dangereux - celle-ci est pour Lee sur l'égalisation monégasque. Un deuxième but passé à un cheveu de Wout Faes d'avoir des conséquences catastrophiques pour le PSG, qui a terminé sa rencontre sur une suée froide. « A la fin, quand ils marquent et qu'ils ont une dernière occasion, on a du stress et ça fait peur », admettait Désiré Doué après le match au micro de Canal+.
« On peut et on veut s'améliorer »
Pendant que son équipe se redécouvre fébrile, Luis Enrique fait mine de se contenter du peu dont il dispose en ce moment, à savoir trois bouts de bois et le caractère de ses joueurs, à qui il faut tout de même reconnaître une belle réaction au retour des vestiaires, y compris avant l'expulsion de Coulibaly. « On a montré cette saison, notre résilience, notre capacité à surmonter les problèmes. » Ça ferait un très bon post LinkedIn. Pas sûr en revanche que ça suffise à offrir un « back to back » en Ligue des champions aux supporters parisiens.
Car au tour suivant, ce sera Barcelone ou Chelsea. Les Parisiens pourront toujours se rassurer en pointant du doigt la gifle reçue par les Blaugranas contre l'Atlético ou la 5e place moyennasse des Blues en Premier League, il n'empêche que sur le papier, c'est quand même un cran au-dessus de l'AS Monaco. Mais toujours pas de quoi faire flipper Luis Enrique : « S'il y a une équipe de la Ligue des champions qui a joué contre les équipes les plus difficiles lors du premier tour, c'est nous, rappelle l'entraîneur asturien. On est habitué à jouer n'importe quel match. L'adversaire était de très haut niveau. On peut et on veut s'améliorer. Chelsea ou Barça en 8e de finale ? Ce sera plus facile non ? Mais s'il y a une équipe prête, c'est nous ! »



