Une victoire parisienne qui défie toutes les prévisions statistiques
Au Parc des Princes, une citation célèbre prend tout son sens : « les buts, c'est comme le ketchup. Quand ils arrivent, ils viennent tous en même temps ». Le Paris Saint-Germain en a fait l'expérience concrète en inscrivant cinq buts face à Chelsea en huitième de finale aller de la Ligue des champions, mercredi soir. Un score fleuve de 5-2 qui contredit radicalement les indicateurs statistiques, puisque les Parisiens ont terminé la rencontre avec moins d'un « expected goal » (but attendu), précisément 0,87 xG.
Les limites des statistiques face à la réalité du terrain
Ce chiffre surprenant en dit long sur les limites de cet indicateur tant prisé par les experts du football moderne, mais aussi sur la difficulté technique et la qualité exceptionnelle des quatre premiers buts parisiens. Bradley Barcola a ouvert le score avec une réalisation difficile et esthétique, suivi par Ousmane Dembélé qui a signé un but magistral d'une grande complexité. Vitinha a ensuite ajouté un troisième but de belle facture, avant que Khvicha Kvaratskhelia n'inscrive une quatrième merveille technique. Seul le dernier but du Géorgien, légèrement aidé par une erreur du gardien Filip Jorgensen, peut être considéré comme plus conventionnel.
Cette donnée statistique révèle également que le vent tourne enfin en faveur du Paris Saint-Germain après des mois difficiles et éprouvants. Même s'il reste un match retour à disputer à Stamford Bridge, Chelsea et son 1,53 xG doivent certainement maudire le destin qui les a privés de la chance ayant souri aux précédents adversaires du PSG en Ligue des champions cette saison.
Le contraste avec les matchs précédents
Les trois dernières rencontres du PSG en phase de groupes offrent un contraste saisissant :
- Athletic Bilbao - PSG : 0-0 (0,66 - 2,43 xG)
- Sporting - PSG : 2-1 (0,89 - 1,42 xG)
- PSG - Newcastle : 1-1 (2,42 - 1,05 xG)
Contrairement à Chelsea, Bilbao, le Sporting et Newcastle n'avaient pas de gardien complaisant pour offrir le match sur un plateau aux Parisiens. Auteur de deux arrêts spectaculaires en début de seconde période, Jorgensen pensait avoir pris l'ascendant psychologique sur Bradley Barcola. Mais à l'image de Dembélé la saison précédente, l'ancien Lyonnais a persévéré dans son pressing acharné sur le premier relanceur. Cette ténacité a fini par payer lorsque l'attaquant a récupéré le ballon sur l'action du 3-2, laissant le gardien danois bien démuni.
La résilience parisienne mise en lumière
À deux reprises, le match aurait pu basculer en défaveur du PSG. Et à deux reprises, les événements ont souri aux Parisiens. En première période, un arrêt de Safonov sur une frappe à bout portant s'est transformé en contre rapide mené par Doué, Hakimi et Dembélé, avec la conclusion que l'on connaît. En seconde période, João Pedro croyait avoir marqué le but du 3-3, mais Pedro Neto était hors-jeu au départ de l'action. Deux situations qui témoignent de la réussite parisienne du soir.
Mais la chance se provoque et se mérite. Si la soirée de mercredi avait des airs de rêve avec un Parc des Princes en fusion et des buts en cascade, les champions d'Europe ont traversé des moments de fragilité, qu'il s'agisse de l'oubli défensif de Malo Gusto sur le premier but anglais ou de la perte de concentration de Désiré Doué sur le second but d'Enzo Fernandez. La force des Parisiens a été de se relever immédiatement pour repartir au combat avec un élan collectif rare cette saison, matérialisé par un contre-pressing particulièrement étouffant dans la dernière demi-heure.
« La résilience définit très bien notre équipe, s'est satisfait Luis Enrique après la rencontre. Aujourd'hui, on a montré qu'on est une vraie équipe. »
Le défi de la continuité
« C'est vraiment un de nos matchs références, je pense, parce qu'on a vraiment joué compétitivement du début à la fin », s'est également réjoui Bradley Barcola. Reste à savoir s'il s'agit d'un nouvel exploit isolé. Tous les Parisiens ont réfuté l'idée d'un coup de mou physique et mental ces dernières semaines, mais la difficulté de l'équipe à reproduire ce genre de performance parle d'elle-même. Les Parisiens ont certes été capables d'anéantir l'OM lors du Classique, mais cinq jours après, ils chutaient à Rennes.
Pour cette fois, la situation semble plus favorable. Paris s'est construit un matelas confortable de trois buts avant le déplacement à Stamford Bridge. Sans oublier que Nantes a accepté de reporter son match, permettant au PSG de se présenter à Londres dans un état de fraîcheur quasi inédit. « C'est important d'avoir la semaine pour se préparer et récupérer les joueurs, a déclaré Enrique. Mais après la trêve internationale on va avoir des problèmes car on aura moins de jours de repos. » Un problème de club toujours en vie en Ligue des champions que peu d'observateurs imaginaient pour la fin de saison du PSG.



