La Section Paloise ne s'était certainement pas fait assez peur en ne reprenant la main qu'à la 78e minute du match de ce samedi, face à Clermont (24-19). En crevant l'écran et le rideau clermontois avant un rush de 40 mètres, Daniel Bibi-Biziwu a permis à Théo Attissogbe de faire exploser le Hameau, trois passes plus loin sur l'aile opposée (de 19-19 à 24-19).
Un money-time de folie
« Il a mis les watts le Bibi », se gondolait Aaron Grandidier-Nkanang après coup. L'ailier palois se marrait sans doute un peu moins, lorsqu'au bout d'une copie parfaite jusqu'à cet incroyable manque de lucidité, Jack Maddocks a dégagé le ballon en touche une seconde avant la sirène. Cette munition à 5 mètres, Étienne Fourcade l'a caviardée sur un mauvais lancer. Mais le plus crispant restait à venir : sur la mêlée consécutive à cette bévue, Dan Robson a dévissé une passe venue s'échouer en ballon mort. Intentionnel ou non ? Le premier cas aurait offert une ultime pénalité aux Asémites, mais le geste fut considéré comme une maladresse par l'arbitre Pierre Brousset.
La décision arbitrale contestée
Pierre et M. Brousset. Tant mieux pour les uns, tant pis pour les autres, même si chez les battus du jour, la gestion de la déception fut teintée d'une forme de classe. « On n'a pas trop de poids sur ces décisions, c'est frustrant mais on ne va pas juger », commentait le troisième ligne Selevasio Tolofua. « En vouloir à l'arbitre, ce serait relever le mauvais problème. » Dans un style tout aussi détaché, mais un poil plus piquant quand même, Christophe Urios a fini par admettre qu'il « n'avait pas compris » : « Mais je n'irai pas là-dessus, j'aurais préféré prendre la balle en touche. Je ne pense pas que ce soit ça qui nous fasse perdre le match. On est habitués avec M. Brousset, on ne comprend pas toujours tout. »
La décision de l'arbitre est pourtant le fruit d'une logique implacable, d'après son homologue palois. « Le règlement dit qu'on n'a pas le droit de faire une passe intentionnelle en touche, et Pierre (Brousset) a bien vu que Dan fait une passe intentionnelle à Axel. Elle est évidente, aucune contestation. » Mais beaucoup soulagement, pour celui qui « a vécu cette fin de match comme quelqu'un qui se demandait ce qu'on faisait » : « J'ai évidemment souffert de ce manque de maîtrise et de lucidité évident, confesse Sébastien Piqueronies. Mais je suis quand même très fier d'appartenir à une équipe qui reste robuste et qui s'en sort, même quand elle se met dans la panade. »
Une réussite méritée
La réussite fait partie des grandes équipes : comme face à Toulouse ou Montpellier, la pièce est tombée du bon côté, pour Pau, vainqueur de son 12e match en autant de sorties, cette saison au Hameau. « C'était des montagnes russes d'émotions, témoigne Aaron Grandidier-Nkanang. Mais je ne crois ni au hasard, ni aux coïncidences. On a eu un peu de chance, parce que le résultat aurait pu être très différent, mais on l'a provoquée. » Au fil d'une confiance qui n'a cessé de s'épaissir depuis septembre. « Il est évident qu'avoir vécu des moments où ça bascule pour nous, des moments de forts, ça compte », estime Sébastien Piqueronies. En espérant que les plus forts restent encore à vivre.
Les notes
- 8/10 : Papidze, Maddocks
- 6/10 : Kaulashvili, Crédoz, Simmonds, Grandidier, Brau-Boirie, Gailleton, Attissogbe
- 5/10 : Montoya, Jolmes, Auradou, Capelli, Whitelock, Daubagna
- 4/10 : Isa



