Presque toujours devant jusqu’à la 78e minute, Pau a perdu pied, et l’occasion de conforter sa 2e place à l’issue d’un money-time frustrant. Le dauphin de Top 14 ramène tout de même un 6e point précieux en deux déplacements de rang.
Une avance dilapidée
Et Pau dilapida ses 8 points d’avance après 75 minutes pleines de maîtrise, de résilience, aussi, vis-à-vis des coups du sort. Mais le Stade Français a fini par le rattraper et l’a même dépassé (34-32). Pas au classement, encore, où le club béarnais sauvegarde sa deuxième place à la faveur d’un sixième point pris en deux déplacements consécutifs. Est-elle en revanche plus avancée que la semaine passée, après le succès historique et bonifié ramené de Bayonne (22-54) ? La façon dont elle s’est liquéfiée sur le plan mental dans le money time, ce samedi, à Jean-Bouin, dit tout le contraire.
Quatre cartons et une fin de match chaotique
Même si de l’autre côté de la lorgnette, Sébastien Piqueronies a aussi de bonnes raisons « d’être très fier » de la performance globale de son groupe. Malgré ces cinq dernières minutes, émaillées de six fautes et de deux jaunes (Desperes 78e, Zégueur, 80e), balayant le gain des 75 premières. « J’ai un peu la même impression », abonde le manager. « Il a manqué évidemment de la lucidité, de la précision, de la discipline. Ces fautes sont cruellement pénalisantes. Et puis on prend deux essais de pénalité. »
Le second, accordé après une faute d’antijeu de Desperes sur Tanga au moment d’aplatir (31-32, 78e), a amplifié une pression déjà monstre sous laquelle les Palois ont ployé. Puis définitivement plié lorsque la tête de Zégueur est rentrée en contact avec celle de Macalou. Munition inratable, en position ultra-favorable, pour un buteur de la trempe de Carbonel (34-32, 80e + 3). « On a fait preuve de culot, d’audace, c’était bien, plante Piqueronies. Mais cela nous a coûté l’énergie manquante à Sacha pour se baisser un peu plus. S’il avait été un peu moins fatigué à la 78e, peut-être que l’arbitre serait revenu à la pénalité dans l’angle. »
Des circonstances favorables non exploitées
Avec des « si », la Section aurait mis Paris en bouteille. Mais au-delà du point qu’il laisse tout de même à un concurrent direct, le Stade Français en a seulement été quitte d’une belle frayeur. Qui a pris forme très tôt dans le match, lorsque les Parisiens ont manqué de capitaliser sur tout un tas de circonstances favorables. Blessures et sorties de Gorgadze (10e), d’Attissogbe (30e), double supériorité numérique de 8 minutes (17e-25e) derrière un premier essai de pénalité (10-5, 17e)... Ce laps de temps a paradoxalement permis à la Section de reprendre les devants via Simmonds (11-10, 26e), après un premier essai de pénalité accordé au Stade Français (17e-25e).
À défaut de surfer sur les mêmes standards en conquête (3 pénalités à 0 en mêlée, 4 touches perdues par la Section), Pau a conservé la main via deux essais inscrits sur des ballons de récupération. Le premier impulsé et conclu par Robson, aussi brillant que son compère anglais de la charnière Joe Simmonds (10-18, 33e). Le second fut l’œuvre de Gailleton (17-26, 54e), dans un style similaire à sa traversée de Jean-Dauger samedi passé. Mais les six défenseurs éliminés par le centre international sur le coup n’ont pas suffi à mettre Paris hors course. Il s’en est fallu de cinq minutes et d’une maîtrise des (très) grands rendez-vous qui fait encore défaut aux Béarnais.
Les notes
- 7/10 : Isa, Simmonds, Gailleton, Robson
- 6/10 : Montoya, Crédoz, Grandidier, Brau-Boirie, Maddocks
- 5/10 : Bibi-Biziwu, Laclayat, Zégueur
- 4/10 : Auradou, Maximin, Desperes
- Non notés : Gorgadze, Attissogbe
Réaction de Sébastien Piqueronies
« Notre coaching rapide à la suite des deux blessures et les trois cartons ont impacté l’énergie de l’équipe. En seconde période, on aurait pu fermer le match, le tuer. On n’en est pas capables, notamment à cause de notre mêlée. Il aurait fallu être beaucoup plus précis, ne pas concéder ces pénalités (6 lors des 5 dernières minutes, NDLR) parce qu’en jouant chez eux, on ne s’exposait pas à grand-chose. C’était un match gagnable et on n’a pas été capables de le gagner. Mais la Section a montré à quel niveau elle veut jouer. Ses joueurs veulent gagner ce genre de match qui compte et aujourd’hui, il manquait des tout petits ingrédients pour mériter de le gagner. On peut être fiers dans beaucoup de secteurs. Cette double infériorité numérique (où la Section passe un 0-6 au Stade Français) fait partie d’une des références vis-à-vis de notre capacité à bien gérer les choses. »



