Le champion de France, qui n'avait plus perdu devant un promu depuis 26 matchs, s'est incliné face à son voisin. Par Stéphane Bianchi
Un derby sans animosité
Pas d'embrouille dans le quartier. Pas ce soir, pas en plein XVIe, à la veille des vacances des uns, à douze jours de Byzance pour les autres. Si querelle de voisinage il doit un jour y avoir entre le Paris FC et son illustre voisin de pallier, le PSG, elle ne trouvera assurément pas sa source dans ce troisième derby de la saison. Paris, le prestigieux, n'a sur le papier pourtant pas fait de cadeaux à l'autre Paname, le nouvel ambitieux, ce dimanche soir à l'occasion de cette ultime et 34e journée de Ligue 1. Mais à défaut d'affirmer leur indiscutable supériorité tant dans l'arrondissement que sur l'ensemble du territoire, les troupes de Luis Enrique ont arrimé à leur 14e titre de champion de France un sixième revers en championnat. Le dernier, ne nous voilons pas la face, ne sera pas pour eux le plus inoubliable de la saison, mais restera assurément un souvenir délicieux pour leur adversaire.
Une première période soporifique
Dans cette fête des voisins où chacun des deux camps aura eu le mérite de garnir les tribunes emplies de bonne humeur, l'incongruité de la journée aura d'abord longtemps donné l'impression de devoir être le point d'orgue de la soirée. Les cinq minutes accordées au PSG une heure avant le coup d'envoi pour célébrer la remise de leur trophée de champion dans le coin droit de Jean-Bouin auront, sans beaucoup exagérer, presque été plus rythmées que les quarante-cinq premières minutes de la rencontre. Et pour cause, si Luis Enrique a, au coup d'envoi, aligné 55% du onze potentiel qui pourrait débuter la finale de Ligue des champions le 30 mai contre Arsenal, c'est avec un pourcentage encore plus faible en termes d'implication et de justesse technique que les joueurs du PSG ont traversé la première période.
À l'exception d'un premier quart d'heure qui aura vu Barcola chauffer Kevin Trapp (3e) et Safonov se mettre en évidence face à Geubbels (7e), Simon (9e) et un peu plus tard Ikoné (38e), la vraie sensation de ce premier acte aura été la sortie prématurée d'Ousmane Dembélé. Invisible ou presque, le Ballon d'or a été contraint de laisser sa place avant la demi-heure de jeu en raison d'une gêne à une cuisse. Une mauvaise nouvelle, à deux semaines de la finale de Coupe d'Europe, qui n'a, ce dimanche soir, toutefois pas semblé déclencher d'inquiétude dans les rangs parisiens.
Le réveil du PSG et l'entrée de Gory
Elle n'aura pas, non plus, empêché Paris, celui du Parc, d'offrir enfin un visage un peu plus entreprenant au retour des vestiaires. Et de voir, sur une des rares occasions de but concrètes, Bradley Barcola profiter d'un service de Fabian Ruiz pour ouvrir le score à bout portant (50e). Pas assez pour venir faire la nique aux gaillards de Kombouaré. Le PSG qui ne s'était jusque-là pas incliné sur ses 26 derniers matchs face à un promu en Ligue 1 a appris ses dépens qu'il fallait prendre gare au Gory ! Sorti du banc, à 25 minutes du dénouement, Alimami Gory a fait basculer la rencontre du côté de l'hôte du jour. D'une talonnade bien sentie, d'abord, suite à une frappe de Pierre Lees-Meslou (75e), l'attaquant du PFC a ensuite permis aux siens de partir en vacances le sourire aux lèvres en crucifiant Safonov au terme d'un contre transformé au bout du temps additionnel (90e+3).
Une victoire de prestige
Une victoire de prestige pour les troupes de Kombouaré qui ne gâcheront en rien la fin de saison de leurs voisins d'ores et déjà tournés vers le rendez-vous qui les attend dans 15 jours à Budapest.



