OGC Nice : espoir malgré la défaite en finale de la Coupe de France
OGC Nice : espoir malgré la défaite en finale

Après 24 heures de car en deux jours et une énième désillusion, le Club des supporters de l'OGC Nice a regagné Nice ce samedi 23 mai 2026. Si la défaite en finale de la Coupe de France contre Lens (3-1) est dure à digérer, la manière dont les Aiglons ont joué donne de l'espoir pour le barrage de la mort contre Saint-Etienne.

Une défaite amère

Ce vendredi soir à Saint-Denis, la liesse est sang et or, le silence pesant. Fuyant les échos du sacre lensois venus du Stade de France, des milliers de Niçois se dispersent dans la nuit dionysienne, visage fermé, en bousculant les bouteilles vides qui jonchent le trottoir. « Trop dur », s'excuse un supporter rouge et noir, les yeux embués, incapable de parler. L'OGC Nice vient de perdre une finale. Une de plus. Une de trop.

« Déception », résume Cédric, 44 ans, venu en train de Saint-Jeannet. « Comme souvent cette année, ce sont des erreurs individuelles défensives qui nous plombent. Ça aurait pu bien tourner, ça tourne pas, tant pis. » Avant de plonger dans les entrailles du métro, Cédric tente néanmoins de positiver : « Une équipe qui se bat comme ça, ça peut se sauver. À choisir, je préfère me sauver plutôt que gagner la finale. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les supporters entre colère et espoir

Le match est fini depuis une demi-heure seulement, et tous songent au barrage de la peur à venir contre Saint-Etienne. « La relégation, les deux poteaux… Y'a rien qui va, peste Théo, Niçois de 22 ans, comme si la messe était déjà dite. Nous les supporters, on donne tout, on est toujours là derrière eux. Et sur le terrain, y'a rien ! La semaine prochaine, tu joues une relégation, alors qu'en début de saison tu joues un barrage pour la Ligue des champions… C'est compliqué. »

Un cordon de police plus loin, nous retrouvons nos compagnons de voyage du Club des supporters, prêts à embarquer pour Nice. Ils n'ont pas attendu la remise du trophée. « Surtout pas !, s'exclame Solange Claude. Voir la joie des autres… » À cet instant, la méritante présidente du CDS, avec tant de déplacements au compteur, promet qu'on ne l'y reprendra plus. « Je suis désabusée. C'est fini, je ne monterai plus ! On est poissards… C'est vraiment une année de merde. J'en veux à l'équipe. Ils m'ont fatiguée. Ras-le-bol ! »

J., 40 ans, partage son désarroi. « Ça fait trois fois que je viens. J'ai raté 97. J'avoue que j'en ai un peu marre. Mais bon, si on savait qu'on allait gagner, ce ne serait pas aussi drôle… » Les Aiglons n'ont pourtant pas démérité, loin s'en faut. Belle finale. J. hausse les épaules : « Une coupe, ça se gagne. On ne retiendra que le palmarès. T'as perdu, t'as perdu, tu rentres chez toi. »

L'espoir renaît

À bord du car, Frédéric, 54 ans, se réfugie sur son smartphone pour écouter la « décla » d'après-match de Cap'tain Dante. Le seul à trouver grâce aux yeux des fans du Gym. Tous rêvaient de le voir brandir la coupe. « Je suis triste surtout pour lui », soupire Frédéric, tout ému d'entendre le futur retraité dire : « C'est mon club ».

Quelques heures de demi-sommeil plus tard, Frédéric a retrouvé l'envie de parler. « C'est digéré, relativise ce quinqua, lors d'une pause pipi bienvenue. Ils se sont battus. Ils ont joué. Ils n'ont pas fait un non-match comme contre Nantes [en 2022, ndlr]. On aurait préféré rentrer avec le sourire et la victoire. Ça aurait pu tourner différemment, mais bon. S'ils jouent comme ça, y'a de l'espoir pour le barrage. »

Un croissant, un café ou une clope et la lumière revient. « C'était une belle finale, reconnaît Nathalie, 45 ans. Mais y a un goût amer. Ça manquait juste de finition. C'est dommage. » Les traits tirés, Nathalie se projette sur les deux matchs à venir contre Saint-Etienne. Le retour se jouera sans les supporters, huis clos oblige. Pas grave, relativise la quadra. « On est un peu épuisés. On suivra ça à la télé, ce sera très bien. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Angoisse à huis clos

Stéphane Rolino, lui, ne digère pas. Lui aussi est stéphanois, mais de la Tinée. « Ce qui me fait chier, c'est que pendant les deux matchs cruciaux, on ne peut pas être derrière eux, se désole ce quinqua qui a fait le déplacement à Paris avec son fils et sa nièce. Même en montant à Laghet, je ne sais pas si on va le faire ! Quelle tristesse. Quand tu penses qu'on était à Benfica en début de saison… »

Sur la route du soleil, on refait le match, on rougne en mode fataliste : « On rentre à la maïoun… sans la coupe. » Mais au fil des heures et des chansons crachées par l'enceinte, la petite troupe retrouve de l'allant. La vie reprend ses droits. Les sourires colorent à nouveau les visages fatigués. 11 h 45. Après douze heures de car, l'Allianz se profile à l'horizon. Le retour des soucis. Des ascenseurs émotionnels. Et de l'inextinguible espoir. Ainsi va la vie de ces supporters qui, contrairement aux joueurs, seront toujours là.