Une ascension fulgurante interrompue par des revers sportifs
Au Parc OL, le 5 mars à 22h30, Moussa Niakhaté vivait encore une saison exceptionnelle. Le défenseur central sénégalais, devenu vice-capitaine de l'Olympique Lyonnais, enchaînait les performances solides, quasiment sans erreur majeure. Il était au cœur des ambitions de son club pour la Coupe de France et la Ligue Europa, où l'OL figurait en leader de la première phase.
Loin des tâtonnements de sa première année lyonnaise, Niakhaté avait atteint un sommet personnel le 18 janvier en remportant la Coupe d'Afrique des nations avec le Sénégal, après une mémorable finale contre le Maroc (1-0 après prolongation). « C'est la saison d'une vie », déclarait-il fin novembre en évoquant notamment cette CAN 2025.
L'enchaînement malheureux des événements
Pourtant, dans cette dynamique positive, tout s'est brutalement enrayé. En quart de finale de la Coupe de France face au RC Lens, sa tentative de tir au but, trop timorée et lisible, a été stoppée par Robin Risser, scellant l'élimination lyonnaise (2-2, 4-5 aux tirs au but) dans une édition où le PSG était déjà absent.
Ce jeudi, lors du huitième de finale retour de Ligue Europa contre le Celta Vigo (défaite 0-2 après un match nul 1-1 à l'aller), c'est son expulsion dès la 19e minute qui a précipité la déroute de son équipe. Son coéquipier Nicolas Tagliafico avait échappé à un carton rouge dès la 2e minute pour une semelle involontaire sur Javier Rueda. C'est sur ce même Rueda que Moussa Niakhaté a à son tour laissé traîner les crampons.
La faute n'était pas extrêmement violente, mais le carton rouge direct n'était pas immérité pour cette intervention maladroite et dispensable. Déjà en difficulté face au pressing galicien, l'OL a officiellement abandonné toute ambition offensive, comptant sur les parades de Dominik Greif jusqu'aux buts de Javier Rueda (61e) et Ferran Jutgla (90e+2).
Le soutien indéfectible de l'équipe
Son compère en défense centrale, Clinton Mata, qui aurait souhaité que l'arbitre consulte le VAR, a tenu à le défendre après cette désillusion. « Personne ne peut lui en vouloir pour ce carton rouge, ça arrive dans tous les matchs de football. Malheureusement, c'est tombé sur lui ce soir, mais personne ne lui en veut », a-t-il affirmé.
Moussa Niakhaté reste en effet le leader positif et unanimement apprécié du vestiaire lyonnais. Mais la question se pose : était-il dans les bonnes dispositions mentales pour disputer un match aussi crucial, moins de deux jours après avoir appris la décision surprenante de la CAF de priver le Sénégal de son titre de champion d'Afrique ?
L'impact psychologique d'une décision controversée
Son entraîneur Paulo Fonseca a exprimé sa confiance inébranlable. « Pour moi, ce carton rouge est une coïncidence. Moussa est l'un des joueurs les plus équilibrés mentalement de notre équipe. Apprendre qu'il avait perdu ce titre en Afrique était difficile pour lui. Mais j'ai beaucoup de confiance en lui et je ne crois pas que cette situation a influencé le match de Moussa. Il est l'un de nos plus forts joueurs mentalement et je continue d'avoir totalement confiance en notre capitaine. »
Pourtant, l'enchaînement des stories postées mardi soir par Moussa Niakhaté sur son compte Instagram, à moins de 48 heures du match contre le Celta Vigo, montre à quel point il était sous le choc du coup de théâtre orchestré par la CAF. « C'est sûr que ça ne doit pas être facile à vivre pour lui en ce moment », a commenté le milieu lyonnais Orel Mangala. « Mais c'est ça une équipe : on va le soutenir et il va se relever. »
Une concentration mise à l'épreuve
Lors de sa conférence de presse d'avant-match mercredi, le défenseur sénégalais de 30 ans était brièvement revenu sur le sujet : « Par respect pour le club et par respect pour l'importance du match capital de demain, je ne voudrais pas trop rentrer dans les détails. Vous avez vu ma réaction sur les réseaux sociaux, elle est la même aujourd'hui. Rien ne change pour moi par rapport à ce que j'ai vécu il y a deux mois. Je répondrai à ces questions le temps venu mais ça n'est pas le sujet du jour. Là, je vais rester focus sur l'Olympique Lyonnais. »
Mais a-t-il réellement pu maintenir cette concentration ce jeudi, au vu de la fébrilité de son intervention ? Il s'agit d'ailleurs de la première expulsion de sa carrière depuis le 1er octobre 2023, lorsqu'il évoluait encore à Nottingham Forest. Cette séquence difficile intervient après des mois d'excellence, rappelant la fragilité du mental sportif même chez les plus grands compétiteurs.



