Najib Bennour, le supersub décisif de Nîmes Olympique en National 2
Najib Bennour, le supersub décisif de Nîmes Olympique

Najib Bennour, l'arme secrète des Crocos de Nîmes

Najib Bennour, l'élégant gaucher de Nîmes Olympique, n'a pas encore gagné ses galons de titulaire incontestable. Pourtant, lorsqu'il sort du banc de touche, il se transforme immédiatement en un élément décisif pour l'équipe croco. Le joueur de 24 ans a marqué ses trois buts et délivré ses trois passes décisives cette saison exclusivement en entrant en cours de match, ce qui lui vaut l'étiquette de "supersub".

Une occasion ratée qui reste en tête

"Ça m'a travaillé tout le week-end", confie Najib Bennour à propos de l'occasion de but ratée dans le temps additionnel lors du match nul à Créteil (0-0). Le natif de Montfermeil, qui a grandi à Neuilly-sur-Marne "juste en face du stade", garde encore les images en tête : "Le ballon me colle au pied jusqu'au dernier moment. Il se soulève juste avant que je n'arme ma frappe..."

Entré en jeu en début de seconde période lors de ce match, Bennour aurait pu justifier encore davantage son statut de remplaçant de luxe s'il avait offert la victoire aux Crocos. Ses statistiques parlent d'elles-mêmes : trois buts et trois – quasiment quatre – passes décisives réalisées uniquement en sortant du banc.

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Créativité contre lacunes tactiques

Mickaël Gas, l'entraîneur nîmois, est un véritable "fan" du joueur : "Avec Najib, un top mec, on dispose d'une belle arme. C'est bien de savoir qu'il peut rentrer et être important pour l'équipe. J'aime sa créativité. Il peut surprendre et inventer quelque chose à tout moment. C'est un super dribbleur, très bon dans les un contre un."

Pourtant, malgré ces qualités évidentes, Gas n'a pas fait de Bennour un titulaire indiscutable, même en l'absence d'Orinel. Le joueur de 24 ans n'a manqué qu'un match pour cause de suspension (contre Hyères, 12e journée) mais n'a été aligné dans le onze de départ que six fois seulement.

L'une des raisons principales réside dans l'appréhension de la dominante tactique : "Ça lui demande de faire des efforts, c'est ce qui lui joue des tours", explique l'entraîneur. Bennour, quant à lui, assure "prendre ce qu'on (lui) donne. L'important, c'est de garder la bonne mentalité, d'accepter les choix du coach et de ne pas bouder ou de s'en énerver".

"J'aspire bien sûr à être titulaire !"

L'étiquette de "supersub" ? "Je la prends bien. J'ai des stats, je sers à l'équipe. Quand je rentre en jeu, l'adversaire est plus déstructuré, moins en bloc qu'au départ, il offre plus d'espaces. Mais j'aspire bien sûr à être titulaire !"

Le joueur poursuit : "Pour cela, il faut que je sois également décisif quand je débute. Je n'ai pas fait de mauvais matches quand j'ai été aligné d'entrée mais il a manqué ce truc qui aurait pu faire dire : 'Lui, il reste dans l'équipe'."

Un parcours atypique forgé dans les clubs de quartier

Najib Bennour, qui a signé un contrat d'un an avec option pour une saison supplémentaire en cas de montée, approche de la centaine de matches en National 2 (95 pour l'instant). Contrairement à beaucoup de joueurs professionnels, il n'est pas passé par un centre de formation et ne regarde pas le football à la télévision.

Il n'a pas non plus de modèle particulier, même si Vincent Pirès, un membre du staff, lui montre souvent des vidéos de l'international français Michael Olise "pour que je m'inspire de lui sur mes premières touches de balle".

Son parcours s'est forgé dans des clubs de quartier : "Neuilly-sur-Marne, Montfermeil, Drancy : je me suis forgé dans des clubs de quartier avec des éducateurs qui vous apprennent la vie, vous font grandir avec des principes et des valeurs, vous permettent de garder la tête sur les épaules et de ne jamais oublier d'où vous venez."

Expérience professionnelle et rebond à Nîmes

Le monde professionnel, Bennour l'a touché pendant trois saisons (2020-2023) à Guingamp où il est arrivé à l'âge de 19 ans. Malgré une préparation estivale et des matches amicaux avec le groupe professionnel lors de l'été 2021, il est resté cantonné à l'équipe réserve.

"Ça ne l'a pas fait, c'est le destin, mais j'ai appris. J'aurais pu travailler plus pour espérer toucher la Ligue 2. Mais, il ne faut pas se voiler la face, il y avait plus fort que moi à mon poste."

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Après cette expérience, Bennour s'est perdu un an en Belgique à l'Olympic Charleroi – "Une expérience de vie mais une saison compliquée" – avant de rebondir à Chantilly puis, aujourd'hui, à Nîmes où il s'épanouit et où il se verrait bien "goûter au niveau au-dessus".

Neuf finales à jouer

Pour atteindre cet objectif de montée, il reste aux Crocos "neuf finales à jouer". La prochaine se déroulera samedi à Saint-Priest, pour le compte de la 22e journée de National 2. Ce match ne paraît pas être le plus difficile sur le papier, mais Najib Bennour prévient : "Il ne faut sous-estimer aucune équipe. Rien n'est jamais acquis. Ça ira tout seul si le groupe reste impliqué, concentré et s'il continue à prendre du plaisir."

Nîmes Olympique, troisième de la poule C avec 38 points, affrontera Saint-Priest, onzième avec 24 points, samedi 21 mars au stade Jacques-Joly. L'équipe se déplacera sans Doucouré, blessé au quadriceps, mais avec Benhamza de retour après infiltration à la hanche.