Mickaël Robin, champion des États-Unis après une retraite écourtée
Mickaël Robin, champion US après sa retraite

Mickaël Robin, du Var à Los Angeles : une retraite écourtée pour la gloire américaine

À 40 ans, Mickaël Robin pensait avoir définitivement raccroché les gants. L'ancien gardien de but, double champion de France et champion d'Espagne, avait conclu sa carrière professionnelle à l'issue de la saison 2023-2024 avec le Saint-Raphaël Var handball. Désormais kinésithérapeute dans la cité de l'Archange, sa vie semblait prendre un nouveau tournant, loin des parquets et des compétitions de haut niveau.

L'appel irrésistible de l'aventure américaine

Pourtant, début mars, une proposition inattendue a bouleversé ses plans. Le Los Angeles handball club lui offrait une pige d'une semaine pour participer à la phase finale du championnat des États-Unis. « L'expérience était limitée dans le temps », explique-t-il. « Ce n'était qu'une semaine pour la phase finale. Je n'allais pas à l'usine en remettant les baskets et la coquille. C'est pour cette raison que j'ai répondu favorablement. »

Contrairement à d'autres retours sur les terrains, Mickaël Robin insiste sur le caractère ponctuel de cette aventure. « Il ne s'agissait pas de m'engager sur un ou deux ans avec un club, déménager… tout ça était hors de question. » Une décision réfléchie qui lui a permis de replonger dans la compétition sans les contraintes d'un engagement à long terme.

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Une équipe de galactiques et un titre inattendu

Ce qui a particulièrement séduit l'ancien gardien, c'est la composition de l'effectif californien. « J'y allais surtout pour l'aventure humaine », confie-t-il. « Rencontrer cette équipe-là avec la perspective de pouvoir gagner un titre. C'était une belle opportunité. »

Le vestiaire du Los Angeles handball club réunissait en effet d'anciennes gloires du handball mondial :

  • William Accambray, ancien international français
  • Viran Morros, son ancien coéquipier à Barcelone
  • Vid Kavticnik, double vainqueur de la Ligue des champions
  • Michael Kraus, ancienne star de la Bundesliga
  • Morten Olsen comme coach, ancien Raphaëlois

Une concentration de talents qui a donné une saveur particulière à cette expérience.

Un final four mouvementé et une victoire au bout du suspense

Le championnat américain se déroule sous forme de tournois, une organisation nécessaire compte tenu des distances et des difficultés logistiques. Mickaël Robin a rejoint ses coéquipiers pour le tournoi final, avec trois matchs en poule dont deux contre Chicago.

« Le dernier match contre une jeune formation de New York, qui avait fait venir des Danois, était comme une finale puisque le gagnant remportait le titre », raconte-t-il avec émotion. « On était mené de 7-8 buts et on marque à la dernière seconde, c'est beau ! Qui peut se targuer d'être champion des États-Unis ? »

Sur le terrain, les sensations ont été mitigées. « J'ai fait un excellent premier match avec 15 arrêts à la mi-temps. Le deuxième aussi. Puis j'ai commencé à fatiguer », admet le gardien. La préparation limitée a pesé sur la forme physique de l'équipe, composée majoritairement de joueurs retraités depuis plusieurs années.

Le handball américain : un sport en développement

Cette expérience a permis à Mickaël Robin de constater l'état du handball aux États-Unis. « Au sein de mon équipe, Lewis Howes (président et joueur) est très influent sur les réseaux sociaux avec 4,7 millions de followers sur Instagram. Il essaye de le promouvoir », observe-t-il.

Mais les obstacles restent nombreux :

  1. Difficulté à trouver des salles avec des buts adaptés
  2. Impossibilité d'acheter du matériel spécifique dans les magasins de sport classiques
  3. Structure compétitive encore embryonnaire

« Je ne sais pas si ça va prendre, mais on est au début », analyse le champion. « C'est une bonne chose pour le handball que les JO se passent là-bas. Peut-être que cela se développera sous les projecteurs. »

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Une passion américaine ancienne

Cette aventure n'est pas la première expérience américaine de Mickaël Robin. En 2008-2009, il avait déjà participé au Final four de la Coupe de la Ligue à Miami avec Chambéry. « Un très bon souvenir mais moins sportivement car on avait perdu en demi-finale », se rappelle-t-il.

Grand fan de NBA et de culture américaine, il apprécie particulièrement « leur manière de fonctionner. C'est un pays où quand on est intelligent, qualifié, travailleur, on peut aller très loin. La mentalité est très différente de chez nous. »

Cette pige américaine aura donc permis à Mickaël Robin de concilier sa passion pour les États-Unis et son amour du handball, le temps d'une semaine intense qui s'est conclue par un titre inattendu. Une belle manière de clore définitivement sa carrière, avec un ultime chapitre écrit sous le soleil californien.