Montpellier HSC : La formation, pilier historique, renaît avec une jeunesse plurielle
À l'approche du déplacement à Pau, l'entraîneur du Montpellier HSC, Zoumana Camara, compte une nouvelle fois sur une génération de jeunes joueurs aux profils variés. Yanis Issoufou, intronisé après la trêve, Enzo Molebe, Axel Guéguin, ou encore Noah Vidal-Caroux, le dernier né, saisissent leur chance avec voracité. Ces jeunes talents, par leur singularité collective, insufflent un souffle nouveau au club héraultais et au football français dans une période de transition.
Un héritage de formation ininterrompu depuis 50 ans
Ils ne défrichent pas un terrain vierge. Ils marchent sur les traces de générations salvatrices qui, par le passé, ont renfloué les caisses en période de vaches maigres et relevé la Paillade. Face à une nouvelle relégation en Ligue 2, un écran noir sur les droits télé et un effectif renouvelé du sol au plafond, ils rafraîchissent l'étiquette de la formation et s'entassent dans un ascenseur vers le monde professionnel.
"La formation a toujours été dans l'ADN du club. Il n'y a pas eu une période où les jeunes ont été délaissés en 50 ans. Aujourd'hui, il y a une ouverture pour nos jeunes. Un garçon, qui montre des capacités et progresse, finit par accéder au groupe professionnel", confie Michel Rodriguez, à la tête des U19 du MHSC.
Des recrutements diversifiés et une couvée prometteuse
Contrairement à hier, les jeunes ne viennent plus seulement du centre de formation construit en 1982. Le club accueille désormais des oiseaux de passage comme Molebe (Lyon), Sishuba (Rennes) ou El Hannach (Paris SG), prêtés par des clubs européens en sureffectif. Il y a aussi les bonnes affaires flairées ici ou là, à l'image de Pays, Everson ou Mouanga.
Bien sûr, il y a ceux guidés par Bertrand Reuzeau, directeur du centre de formation au départ à la retraite imminent, avec une « couvée prometteuse » qualifiée en quart de finale de la Coupe Gambardella. Au confluent de ces jeunesses, Montpellier s'appuie sur un ex-formateur : Zoumana Camara, conscient des finances sèches et de la nécessité d'ouvrir la porte.
"Ces joueurs émergent pour différentes raisons. Certains reviennent de blessures, d'autres sont prêtés et veulent avoir du temps de jeu. Et, Vidal-Cartoux, qui vient du dessous, a l'excitation de découvrir le haut niveau. Ils amènent de la fraîcheur, de la qualité et un dynamisme dont l'équipe profite", assure l'entraîneur.
Des parcours de résilience et d'épanouissement
Pays, Mouanga, Everson, Ngapandouetnbu, freinés ailleurs, prennent un autre train en marche. Ils empilent les matchs, s'épanouissent et attisent déjà la convoitise, à l'image de Nicolas Pays, ciblé par le FC Metz au mercato d'hiver, ou du gardien Simon Ngapandouetnbu, qui assume son statut pour sa première saison en Ligue 2.
Outre les éléments prêtés, les autres débarquent du canal historique. Ils superposent leur tranche d'âge et leurs expériences diverses, comme Tchato, Fayad, Chennahi ou Vidal-Cartoux. Certains bénéficient d'un repêchage après s'être pris les pieds dans le tapis vers le monde pro. Issoufou, relancé à la trêve hivernale, et Guéguin, de retour de blessures, ont épaissi leur physique pour emprunter la bonne voie, suivant Chennahi, aux airs de bulldozer.
Noah Vidal-Cartoux, symbole de cette jeunesse audacieuse
Les petits derniers n'ont pas froid aux yeux. Ils lorgnent vers une 4e Coupe Gambardella et se tiennent prêts à frapper les esprits dès leur entrée chez les pros, dans le sillage de Noah Vidal-Cartoux.
"Il a fait une entrée pour faire changer les choses. Cela montre le caractère", souligne Michel Rodriguez au sujet du jeune milieu de terrain de 18 ans. En vingt minutes contre Laval, ses premières en Ligue 2, Vidal-Cartoux a électrisé la fin de rencontre.
"Il ne m'a pas surpris car je le connais. Il a de la personnalité. C'est un petit gabarit, mais il est intelligent. Il garde bien le ballon, sait jouer dans les petits périmètres. Il a aussi une bonne fréquence de course. C'est un jeune joueur, mais talentueux. C'est aussi un bon garçon", détaille Zoumana Camara, qui l'avait lancé au 4e tour de la Coupe de France.
Une passe laser pour Alex Mendy, une autre pour Enzo Molebe, à l'origine du second but, un mouvement perpétuel : le jeune milieu affiche une belle panoplie. "Il a l'art de sentir les moments et les endroits où ça peut faire mal. Cela reste un profil atypique. Il n'est pas dans les standards que certains peuvent chercher au niveau athlétique. Il ne laisse pas indifférent, il finit toujours par faire des différences", étaye Michel Rodriguez.
Ce petit gabarit (1,74 m, 60 kg) boucle sa 3e saison à Montpellier. Bernard Maraval, en charge du recrutement au centre de formation depuis 2020, l'a déniché à Venelles, en périphérie du calme Luberon, après ses premiers pas à Lauris. Né à Aix-en-Provence, il vient du terreau fécond provençal, mais ne sort pas de l'un de ses gros clubs formateurs, symbolisant ainsi la diversité des origines de cette nouvelle génération montpelliéraine.



