Un duel serré pour la première place
Alors que le leader vendéen s'apprête à affronter quatre de ses cinq poursuivants directs, l'entraîneur Frédéric Reculeau déclare se préparer « à tous les scénarios ». Les chasseurs bordelais, quant à eux, conservent leur sérénité dans cette course effrénée pour la montée.
Une rivalité qui prend de l'ampleur
Depuis le 18 octobre et une claque infligée au rival vendéen (3-0) qui a véritablement lancé la saison bordelaise, les deux équipes maintiennent un rythme impressionnant. Les Girondins affichent huit victoires, un nul et une défaite, tandis que La Roche Vendée compte huit victoires et deux nuls. Les Marine et Blanc ont profité du seul accroc yonnais - des nuls concédés à la dernière minute contre Saint-Malo (3-3) et à Angoulême (1-1) - pour prendre la tête début décembre.
Leur adversaire a ensuite repris l'avantage en profitant de la défaite des hommes de Grillot aux Herbiers le 17 janvier, repassant devant avec trois points d'avance. Derrière, à onze journées de la fin, les autres prétendants ont cédé du terrain : le plus proche poursuivant potentiel - Bayonne - serait encore à sept points de La Roche même s'il remportait ses deux matchs en retard.
Les entraîneurs gardent la tête froide
« Pour moi, ce n'était pas un mano a mano et je suis surpris qu'on s'en rapproche. Mais les autres ne sont pas éliminés non plus, tous les scénarios peuvent encore se passer », analyse Frédéric Reculeau, l'entraîneur vendéen. Son homologue girondin Bruno Irles partage cette vision : « Des équipes qui ont des rencontres à rattraper, Bayonne, Angoulême, Saint-Malo, si elles battent La Roche ou nous, peuvent revenir dans ce sprint. Il y a quatre ou cinq équipes qui peuvent aller chercher la première place », synonyme de montée directe.
Un leadership provisoire révélateur
Samedi dernier, le vent a tourné entre 18h08 et 18h39 : les Girondins, menant 2-0 à Saumur (score final), ont été leaders provisoires jusqu'à l'égalisation yonnaise contre Montlouis (2-1 pour terminer). « On redoutait cette équipe qui nous avait déjà embêtés à l'aller (1-4). Ce que j'ai aimé, c'est qu'après l'ouverture du score, mes joueurs ont su rester sereins, gérer leurs émotions », félicite Frédéric Reculeau.
Son équipe dispute actuellement ses matchs sur un terrain synthétique sans tribune en attendant que la pelouse du stade Desgranges - également utilisée par le rugby - soit à nouveau praticable. Sans blessé majeur et avec deux recrues en janvier pour combler deux départs, elle s'apprête à vivre une période charnière.
La série décisive à venir
La Roche Vendée va affronter quatre de ses cinq poursuivants lors des quatre prochaines journées : Bayonne, Les Herbiers, Avranches et Bordeaux. « Après, on saura si on peut encore réussir quelque chose de très beau ou mettre un coup de collier pour espérer regagner des places. On avait perdu deux matchs sur cette série lors de la phase aller, on va voir si on est capable de mieux faire », avance prudemment Frédéric Reculeau.
Comme Bruno Irles, il veut penser « à nous-mêmes » et affirme que la performance viendra « par s'améliorer et se diversifier pour répondre aux problématiques d'adversaires qui, logiquement, nous décryptent plus ». La marge de progression est ciblée : meilleure attaque de la poule mais seulement sixième défense. « Sur nos temps forts, on est capable de faire des dégâts. Mais quand on mène, on peut avoir des relâchements », reconnaît l'entraîneur.
L'épreuve psychologique
L'aspect mental ne sera pas négligeable dans cette fin de saison. « Je l'ai vécu avec Concarneau, où la montée s'est jouée lors de la dernière journée. Ce sera peut-être pareil, l'important est de penser à nous », témoigne le milieu bordelais Faïssal Mannaï. Dans le vestiaire girondin, certains estiment que ce n'est pas plus mal - à condition de rester au contact - que le leader continue de gagner encore quelque temps, pour qu'un éventuel dépassement lui fasse encore plus mal.
« On ne parle pas de défaite, car le but est de la repousser le plus possible mais on sait qu'elle arrivera », relativise Frédéric Reculeau, dont la formation n'a perdu que quatre fois depuis début 2025 (en trente-cinq matchs). Pour la moitié de ces défaites, c'était au Stade Atlantique (1-0 le 26 avril et le 3-0).
Des relations toujours cordiales
Pour pimenter la rivalité, le contact amical reste actif entre les deux ex-Yonnais des Girondins - Guillaume Odru et Matthieu Villette - et leurs anciens coéquipiers et staff. « Peut-être qu'ils se titillent entre joueurs, moi non. J'ai beaucoup de respect pour eux, ils sont à fond dans leur truc », poursuit l'entraîneur vendéen. Le match aller a lui « laissé une cicatrice, car on n'a pas été à la hauteur ». Le retour, prévu le 21 mars avec encore huit journées à jouer, pourrait s'avérer déterminant.
Le duel en chiffres
Parcours : La Roche-sur-Yon 42 points (13 victoires, 3 nuls, 2 défaites) ; Bordeaux 39 points (12 victoires, 3 nuls, 3 défaites).
Attaque : La Roche-sur-Yon (41 buts inscrits) ; Girondins (31 buts).
Défense : La Roche-sur-Yon (21 buts encaissés) ; Girondins (14 buts).
Buteurs : La Roche-sur-Yon : Keita (11 buts), Araujo (9 buts), N'Sikulu (6 buts) ; Girondins : Openda, Villette et Etonde (8 buts chacun).



