Le bus, les Bleus en grève : Raymond Domenech et Patrice Evra refont le match de Knysna à couteaux tirés
Dix-sept ans après le fiasco de Knysna, où les joueurs de l'équipe de France avaient fait grève lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud, les deux principaux protagonistes, Raymond Domenech et Patrice Evra, se sont retrouvés face à face dans un documentaire diffusé sur une chaîne française. L'occasion pour eux de revenir sur cet épisode traumatique du football français, mais surtout de régler leurs comptes.
Le documentaire, intitulé "Knysna, la cicatrice", revient en détail sur les événements du 20 juin 2010, lorsque les joueurs avaient refusé de s'entraîner après l'exclusion de Nicolas Anelka, qui avait insulté le sélectionneur Raymond Domenech à la mi-temps d'un match contre le Mexique. Patrice Evra, alors capitaine, avait mené la révolte, tandis que Domenech, en fin de contrat, tentait de garder le contrôle.
Des accusations mutuelles
Dans le documentaire, les deux hommes s'accusent mutuellement. Domenech affirme qu'Evra a manipulé les joueurs pour provoquer la grève, tandis qu'Evra rétorque que Domenech avait perdu toute autorité et que le groupe n'avait plus confiance en lui. "Il n'y avait plus de dialogue, c'était un chef sans légitimité", lance Evra. Domenech, de son côté, estime que le capitaine a trahi l'équipe et le staff.
Le documentaire montre également des images d'archives inédites, notamment des échanges tendus dans le bus qui transportait les joueurs vers le lieu d'entraînement. "C'était un moment de folie, on s'est tous laissé emporter", admet un ancien joueur interviewé. Les témoignages de plusieurs cadres de l'époque, comme Hugo Lloris ou Franck Ribéry, viennent éclairer les faits, mais sans prendre parti.
Un traumatisme toujours vivace
Pour les deux hommes, cette affaire a marqué leur carrière. Domenech, qui n'a plus entraîné depuis, estime avoir été le bouc émissaire. Evra, lui, a vu son image ternie, surtout après la publication de son autobiographie où il accuse certains joueurs de l'avoir laissé tomber. Le documentaire tente de faire la lumière sur les responsabilités, mais les versions restent contradictoires.
"Knysna, c'est le symbole de l'échec collectif, mais aussi d'une génération qui n'a pas su gérer la pression", conclut le réalisateur. Le documentaire a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes appelant à tourner la page, d'autres réclamant des excuses publiques de la part des principaux acteurs.
Ce face-à-face inédit devrait relancer le débat sur la gouvernance du football français et les leçons à tirer de ce désastre, vécu comme une humiliation nationale.



