Julien Fébreau, le journaliste de Canal+ spécialiste de la Formule 1, n'est pas seulement un commentateur apprécié des fans. Il est également un pilote de rallycross de talent, avec à son actif trois succès en Super 1600 entre 2011 et 2013, et quatre victoires en Supercars (Pont-de-Ruan 2014 et 2015, Mayenne 2022, Dreux 2025). Ce week-end, il participera au rallycross de Faleyras au volant d'une Peugeot 208 WRX du DA Racing, l'équipe girondine avec laquelle il avait déjà couru lors de la dernière saison du trophée Andros il y a deux ans.
Une passion héritée du père
Interrogé sur son attrait pour le rallycross, Julien Fébreau explique : "C'est ma discipline de cœur, par transmission paternelle. Mon papa (Christian Lefeuvre) a été pilote de rallycross dans les années 90, sacré champion de France en Division 3 en 1992. Je l'ai accompagné toute ma jeunesse sur les courses."
Les défis du rallycross
Pour le journaliste, le plus difficile dans cette discipline est l'intensité des courses. "Une manche qualificative, une demi-finale ou une finale ne durent pas longtemps, environ 5 à 7 minutes. C'est difficile de gérer sa concentration car on est aligné à 5 de front avec des voitures de 600 à 640 chevaux, qui accélèrent de 0 à 100 km/h en 1,9 seconde. Ce sont des monstres de puissance, et il est facile d'en perdre le contrôle."
Conseils et complicité avec Jacques Villeneuve
Questionné sur d'éventuels conseils de Jacques Villeneuve, Fébreau répond avec humour : "Non, c'est moi qui lui en donne ! Je plaisante. On regarde régulièrement mes vidéos et il me dit généralement que j'aurais pu passer plus fort. Comme on aime la même chose en termes de comportement de la voiture, je sais exactement ce qu'il va me dire. Par exemple : 'non mais là, elle est beaucoup trop sous-vireuse, ta voiture !' Nous avons déjà partagé du rallycross ensemble, j'ai été son spotter en championnat du monde de rallycross à Trois-Rivières au Canada."
L'impact du pilotage sur le commentaire
Fébreau est convaincu que le fait de piloter l'aide dans son travail de commentateur. "Ce sont des émotions tellement fortes, un niveau d'adrénaline incroyable. Ce que je ressens derrière le volant, le plaisir quand tout se passe bien et que l'on gagne, le dépit quand on a raté sa course, tout cela, ce sont des émotions exacerbées par la compétition. Quand je suis au micro, ma lecture des situations et de ce que dégagent les pilotes en descendant de voiture est plus affûtée grâce à ce que j'ai vécu."
Il ajoute : "Je ne suis pas sûr que beaucoup de gens sachent que lorsque je ne suis pas sur un Grand Prix, je pilote en compétition. Peut-être que dans ma manière de commenter, les abonnés ressentent l'authenticité du message. Je suis certain que cela complète mon commentaire."
Une crédibilité acquise sur la piste
Interrogé sur ses victoires, Fébreau évoque sa plus belle : la première en Supercars avec la Citroën C4 à Pont-de-Ruan en 2014. "C'était la première fois que je courais en Supercars. L'opération s'était montée en dernière minute, j'ai découvert la voiture le jeudi avant la course. Je n'avais aucune autre ambition que d'apprendre. Les conditions météo délicates ont joué en ma faveur. Remporter la victoire pour ma première course de Supercars, c'est une petite satisfaction. Nous ne sommes que trois à l'avoir fait dans l'histoire de la discipline."
Objectif Faleyras
À propos du circuit de Faleyras, il déclare : "Le circuit est splendide, très vallonné, ce qui lui donne du caractère et renforce le plaisir de pilotage. C'est un circuit difficile mais passionnant. J'ai fait 3e il y a deux ans. Si j'ai une opportunité de gagner, ce sera une très belle satisfaction."
Fébreau devra composer avec une concurrence solide au sein même du DA Racing, notamment Jean-Baptiste Dubourg et l'Irlandais Dereck Tohill, vainqueur à Lessay. "JB Dubourg, le dernier vainqueur en date, est notre pilote référence. C'est une chance pour moi de l'avoir à mes côtés. Je me sens comme Isack Hadjar à côté de Max Verstappen ! Regarder ses datas, essayer de comprendre comment il va performer, ce sera ultra-enrichissant."
Le premier virage, un défi
Quant aux départs chauds à Faleyras, il prévient : "Gare au premier virage et rendez-vous au dernier virage ! Si je le passe, cela voudra dire que je ne m'en suis pas mal sorti. Je n'ai pas peur du premier virage, je suis déjà passé par les portières à Faleyras, en accélérant à fond pour remettre la voiture en ligne. Je n'ai aucun souci pour être au combat dans le premier virage, mais il faudra être au rendez-vous du dernier virage !"



