À seulement 30 ans, l’entraîneur adjoint du MC Alger, Enzo Donis, a remporté le titre de champion d’Algérie. Une consécration dans la prometteuse carrière du jeune coach héraultais, qui savoure des souvenirs gravés à vie.
Une soirée inoubliable à Alger
Il y a quelques jours, vous avez vécu une incroyable soirée lors de la quête officielle du troisième titre consécutif du MC Alger. Que reste-t-il de ces images ? « Je vous laisse imaginer la ferveur extraordinaire qu’il peut y avoir dans une ville comme Alger pendant un soir de fête comme celui-là. Les supporters du Mouloudia sont réputés pour être exceptionnels et ils ont fait honneur à leur réputation, les rues étaient en feu. Ce sont des souvenirs gravés à vie. C’est d’autant plus mémorable que c’est le dixième titre de l’histoire du club, synonyme d’une étoile, et même le troisième consécutif ces dernières années. »
Un bilan sportif magnifique
Quel bilan tirez-vous de cette saison historique sur un plan purement sportif ? « C’est un bilan magnifique. Mis à part la Ligue des Champions africaine où nous ne sommes pas sortis de la phase de poules, le parcours en championnat a été une expérience unique. Nous avons occupé la tête du classement très longtemps. La plupart des matchs ont été gagnés sur des scores serrés, mais avec une maîtrise totale et une équipe qui n’a cessé de s’améliorer. Tout le mérite revient aux joueurs. Le seul petit bémol reste la Coupe, où nous sommes éliminés dans le derby. Mais finir avec deux trophées, quand je repense à mes précédentes aventures en France, c’est une immense satisfaction. »
Une expérience enrichissante dans le haut niveau africain
Sur un plan un peu plus personnel, que vous a apporté cette nouvelle aventure dans le haut niveau africain ? « C’est l’une des étapes les plus importantes de ma carrière. Je travaille depuis mes débuts pour connaître une telle ferveur et évoluer dans des conditions aussi professionnelles que celles mises à disposition par le club et le président. Jouer à domicile devant 50 000 personnes permet d’appréhender réellement le haut niveau. Quant au championnat, il est assez hétérogène : quatre ou cinq équipes ont un excellent niveau, portées par des joueurs passés par la France, comme Zinedine Ferhat chez nous. Cela tire tout le monde vers le haut. »
Une précocité assumée
À seulement 30 ans, vous semblez déjà avoir vécu plusieurs vies d’entraîneur. Comment expliquez-vous cette précocité ? « J’oublie parfois que je suis encore jeune. J’ai commencé il y a quinze ans, je suis presque un ancien dans le milieu ! Plus sérieusement, c’est vrai que je suis parfois un peu trop pressé, alors qu’il est primordial de ne pas brûler les étapes. Cette année m’a apporté une maturité incroyable, notamment sur le plan tactique. J’ai toujours travaillé dur et fait de nombreux sacrifices en mettant ma vie sociale de côté. Je suis parti loin de ma famille pour rebondir et, aujourd’hui, je ne regrette pas d’avoir pris ce risque. Désormais, je recherche un peu plus de stabilité, même si l’on sait que ce n’est pas évident de l’avoir dans ce métier. »
Un retour en France envisagé
Votre réussite à l’étranger suscite-t-elle des convoitises pour un retour dans le football français ? « Oui, j’ai des contacts et des possibilités en France grâce à mon parcours international. Je ne peux pas dire que cela ne m’intéresse pas. Tout dépendra des personnes et du projet proposé. Ce qui m’anime aujourd’hui, c’est avant tout d’être performant et de continuer à gagner des titres. »
On entend souvent qu’en France, la porte est fermée aux jeunes techniciens. Partagez-vous ce constat ? « C’est une question complexe. Il y a quelques années, j’aurais répondu oui sans hésiter. Mais aujourd’hui, j’ai la sensation que la France s’ouvre davantage aux jeunes profils. Après, je pense aussi que c’est à nous, jeunes entraîneurs, de crédibiliser notre jeune âge en étant performants sur le terrain. »
Quels projets pour la suite ?
Quels sont les projets pour la suite de votre carrière ? « Je ne cache pas que j’aurais aimé poursuivre l’aventure au MC Alger, mais le coach avec qui je suis arrivé a décidé de partir il y a un mois. Comme j’arrive cette saison en fin de contrat, je vais prendre le temps de réfléchir. Il y a des opportunités en France et ailleurs, mais je ne veux pas me précipiter avant de prendre une décision pour la suite. »
Un attachement à la région d’origine
Gardez-vous toujours un œil sur l’actualité de votre région d’origine malgré l’éloignement ? « Bien sûr, c’est mon attache. Dès que j’ai un moment, je reviens me ressourcer chez moi, à La Grande-Motte. Je continue également à suivre de près les résultats de mes anciens clubs et je suis toujours en contact avec beaucoup de monde dans la région. C’est essentiel pour moi. »
Un CV déjà bien rempli
Né en 1995 et symbole de la nouvelle génération de techniciens, Enzo Donis a débuté sa carrière sur un banc à Montpellier, avant de rejoindre le club belge de Virton, l’ASB, le FC Sète 34 et Bastia Borgo. Sa carrière prend alors une dimension internationale lorsqu’il rejoint le staff du Togo, avant de rejoindre le MC Alger. Vainqueur de la Supercoupe d’Algérie en janvier, le jeune entraîneur vient de remporter le titre de champion d’Algérie.



