Le FC Nantes mise sur Vahid Halilhodzic pour son sauvetage en Ligue 1
En pleine crise sportive lors de cette saison 2025-2026, le FC Nantes a une nouvelle fois changé d'entraîneur. Après le départ de Luis Castro et d'Ahmed Kantari, les noms de Pascal Dupraz, Thierry Laurey ou Michel Der Zakarian circulaient pour prendre les rênes des Canaris. Cependant, la direction du club, menée par Waldemar Kita et son fils Franck, a réservé une surprise de taille en annonçant le retour de Vahid Halilhodzic, ancien joueur et entraîneur nantais.
Un vétéran bosnien au caractère bien trempé
À 73 ans et après plusieurs années sans exercer, Vahid Halilhodzic, qui a également coaché le PSG, le LOSC et l'équipe nationale du Maroc, apparaît comme une solution de dernier recours. Pourtant, lors de sa conférence de presse d'introduction, le vétéran a immédiatement marqué les esprits par son franc-parler.
« Vous faites tous la gueule », a-t-il lancé aux journalistes présents, avant d'ajouter avec humour : « Vous m'avez vu avec des béquilles ? Il faut venir ici pour voir comment Vahid travaille. On m'a entendu crier jusqu'à Paris. »
Le coach a également tenu à rassurer sur sa condition physique : « C'est vrai, j'ai mal au genou, qui a beaucoup donné... Le médecin me dit de ne pas courir, mais je peux faire des pompes. Je fais 30-40 pompes, facile ! »
Un défi personnel pour sauver les Canaris
Celui qui avait conduit l'Algérie en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2014 n'a pas épargné ses joueurs, pointant notamment du doigt Matthis Abline : « On me dit qu'Abline est un bon joueur. Mais il a mis 4 buts. Je le taquine, moi j'ai mis 4 buts dans un match ! Je dois l'aider. »
Halilhodzic a souligné la nécessité de changer la mentalité au sein du groupe : « Ce ne sont pas des mauvais garçons, mais ils doivent changer leur façon de travailler. Il faut des leaders. Ils ont peut-être accepté cette morosité... »
Une tendance française aux entraîneurs expérimentés
Ce retour inattendu s'inscrit dans une tendance plus large du football français, où les clubs en difficulté se tournent vers des noms expérimentés :
- Claude Puel est revenu à l'OGC Nice après cinq ans d'inactivité
- Antoine Kombouaré a pris les commandes du Paris FC, son neuvième club en France depuis 2003
Ces choix, bien que peu innovants, répondent à une logique de survie immédiate pour les clubs menacés de relégation.
La fin de la limite d'âge pour les entraîneurs
Le cas d'Halilhodzic est particulièrement notable car il dépasse largement l'âge habituel des bancs de touche. Pendant des années, la charte du football professionnel imposait une limite d'âge de 65 ans pour exercer en Ligue 1.
Cette règle avait créé des polémiques, notamment lorsque Claudio Ranieri avait rejoint Nantes en 2017 à 66 ans, suscitant les critiques de Raymond Domenech. Ironiquement, ce dernier avait ensuite lui-même entraîné les Canaris... à 68 ans !
Depuis, la mention de cette limite d'âge a été supprimée des textes de la Ligue de Football Professionnel, permettant à Halilhodzic de devenir officiellement le plus vieil entraîneur de l'histoire de la Ligue 1.
Un équilibre à trouver entre expérience et jeunesse
Si les « papys » font de la résistance sur les bancs français, le championnat a également su donner leur chance à de jeunes entraîneurs prometteurs :
- Le Belge Will Still, jeune trentenaire, a connu des succès à Reims puis à Lens
- Pierre Sage, unanimement reconnu pour ses débuts prometteurs à Lyon, est désormais solidement installé à Lens
Néanmoins, l'accès aux diplômes d'entraîneur reste difficile en France et privilégie encore largement les anciens joueurs professionnels. L'Allemagne montre l'exemple avec des techniciens comme Julian Nagelsmann et Thomas Tuchel, suggérant que le football français aurait intérêt à diversifier ses profils d'entraîneurs.
En attendant son premier match face à Strasbourg, Vahid Halilhodzic incarne à la fois un retour aux sources pour le FC Nantes et un test fascinant sur la place des entraîneurs seniors dans le football moderne.



