Une championne ukrainienne révolutionne la gymnastique à Saintes
Une gymnaste ukrainienne de haut niveau a introduit en France une discipline méconnue, la gymnastique esthétique de groupe (GEG), au sein du club Saintes Gymnastique. Cette initiative a permis au club de gagner une centaine de nouveaux adhérents et de remporter une pluie de médailles. Cependant, l'équipe championne de France a dû renoncer à participer au championnat du monde en Arménie en raison du contexte géopolitique tendu, illustrant une répercussion inattendue de la guerre en Ukraine.
L'arrivée d'une experte internationale
Olga Bartkowiak, une Ukrainienne de 33 ans, est une pointure de la gymnastique esthétique de groupe, un sport né en Finlande et très populaire dans les pays de l'Est. Cinquième mondiale en seniors en 2011, elle a œuvré pendant dix ans en Ukraine comme entraîneuse à un niveau international et possède un master en gymnastique. Mariée à un Français, elle a quitté l'Ukraine en 2022 lorsque la Russie a attaqué son pays, pour s'installer à Saintes.
Elle a rapidement sollicité la Ville pour importer sa passion. « C'est comme de la natation synchronisée, mais sans l'eau ! », image-t-elle. « On y retrouve les bases de gym classique, les sauts, les équilibres, les pivots, les éléments acrobatiques et les portés. C'est un travail synchronisé en musique, avec un résultat très spectaculaire. C'est vraiment très bien pour la santé, très adapté à l'âge des filles », développe-t-elle avec enthousiasme.
Un succès immédiat et des ambitions
La GEG a très vite fait un carton au sein de Saintes Gymnastique, qui a également intégré la gymnastique rythmique. Le club a gagné une centaine d'adhérents, portant son total à 520 cette saison, et est désormais le seul dans ce créneau en Nouvelle-Aquitaine, avec des concurrents principalement dans le Sud-Est et le Nord.
« Moi j'ai beaucoup d'ambition. On a plus de 55 filles compétitives, elles sont motivées et elles progressent vite. On a cinq équipes qui font des compétitions internationales », souligne Olga Bartkowiak. Plusieurs équipes ont brillé lors du championnat régional de GEG à Lançon en février dernier, accumulant les podiums.
Une communauté ukrainienne engagée
Parmi les bénévoles qui assistent Olga, on trouve Oksana Pryntseva, une compatriote qui a fait ses gammes à ses côtés à Kharkiv et l'a rejointe à Saintes en décembre 2024. Lycéenne à Bellevue, elle parle déjà parfaitement le français, en plus de l'anglais, l'ukrainien et le russe.
La communauté ukrainienne réfugiée à Saintes nourrit aussi les équipes, avec quatre Ukrainiennes parmi les 8-10 ans sacrées championnes de France en 2025. Cette équipe était qualifiée pour le championnat du monde en Arménie du 25 au 29 mars, mais a dû renoncer. « Malheureusement, dans le contexte actuel, on a préféré renoncer. On ne pouvait pas envoyer des jeunes filles si loin », confie la présidente du club, Emmanuelle Brosset.
Défis et perspectives d'avenir
Malgré ce revers, les équipes continuent d'enchaîner les succès. La principale limite repose sur le manque de salles à disposition, un défi logistique pour le club. Sur sa lancée, Olga Bartkowiak rêve de fonder un club entièrement dédié à la GEG, afin de développer encore cette discipline.
Le club Saintes Gymnastique, qui célébrera ses 50 ans en 2026, a été lancé en 1976 au sein de l'USSCC, le club omnisports des cheminots de Saintes. Fondé par François Robin, professeur d'EPS, il est devenu indépendant en 2022. Il accueille les enfants dès 18 mois pour la « baby gym » et a lancé une section adultes loisirs il y a six ans, envoyant régulièrement des équipes ou des gymnastes individuels à un niveau national.



