Le quatrième essai en quatre matchs inscrit par le centre international, samedi face à Castres, n'est que la face émergée de l'iceberg. Depuis un mois et demi, Gailleton est encore bien plus que cela. « Tu es sur 3 essais sur les 4 derniers matchs, c'est bien ça ? » « Non, quatre ! » Mine de rien, Émilien Gailleton tient bien les comptes malgré l'énergie laissée un peu plus tôt sur le terrain du Hameau, ce samedi face à Castres (27-15). Comme face au Racing, à Bayonne ou à Paris, le deuxième centre de 22 ans a rayonné dans des proportions en phase avec sa stature internationale. Prenez-les dans n'importe quel sens : les chiffres parlent.
Du tout bon, sur toutes les lignes
Au-delà de son efficacité, de ces quatre essais en quatre matchs parfois venus du bout du monde, comme celui marqué à Jean-Dauger, le n°13 sectionniste truste le haut du pavé de toutes les stats offensives. Premier du classement de Top 14 en termes de mètres gagnés depuis la réception du Racing (278 m), deuxième vis-à-vis du nombre de défenseurs battus (15, derrière Brau-Boirie, 22), 4e pour ce qui est des franchissements (5) derrière Delguy, Dakuwaqa et Leyds.
« Il nous est clairement indispensable », louangeait Sébastien Piqueronies dans les dédales du Hameau, ce samedi. Surtout dans cet état de forme. « Comment l'expliquer ? Difficile, estimait le MVP de ce samedi. C'est toujours sur les fins de saison, comme l'année dernière, que je me sens le mieux. En début de championnat, j'ai eu un creux. Cela a sans doute un rapport avec ma présaison qui a été très courte, avec les sélections de cet été en équipe de France. Et puis il y a eu le Six-Nations qui imprègne encore un peu plus de fatigue. » Elle s'est évaporée, à en juger par la vitesse, la lucidité dans les angles de course ou les choix de jeu du centre, étincelant offensivement.
Même si l'essai de ce samedi n'est pas celui qui incarne le mieux sa forme actuelle. Au bon endroit, au bon moment : Gailleton l'a cette fois joué opportuniste. « Dan (Robson, via un rasant dans le dos) joue très bien le coup, parce que leur ailier remonte dans la ligne et que ça libère un espace. Théo joue aussi très bien le coup en partant dans la touche et en me claquant le ballon entre deux défenseurs. Je connais la qualité de ces deux joueurs, et je sais, à ce moment-là, qu'il faut que je fasse l'effort pour rester intérieur. Derrière, je n'ai plus qu'à finir. »
Comme un leader, comme le capitaine qu'il était ce samedi, suite au forfait de Beka Gorgadze. « Vous dites qu'il est exceptionnel, moi qui ai l'habitude de l'avoir, je ne dis qu'il n'est que lui-même, reprend le manager. Si on avait été moins imprécis, qu'on avait commis moins d'en-avant de passe, qu'on n'était pas sortis en touche tous seuls… En touchant deux ou trois ballons de plus dans certains espaces, Émilien aurait réellement pu être plus brillant. » Le centre en garde sûrement un peu pour les phases finales.
Gagner ne suffit plus
Ce Top 14 est donc fou au point où, malgré une victoire à domicile et six unités ramenées de ses deux derniers déplacements (pour un 10/15 en trois matchs), Pau se retrouve dépossédé de sa 2e place par le MHR. Le paradoxe du match de samedi au Hameau, c'est que si la Section n'a jamais paru en danger, si elle a donné l'impression – surtout en première période – de pouvoir 100 fois gagner ce match, elle ne l'a remporté qu'en le décantant tardivement. On pourrait regretter le point de bonus offensif laissé en route pendant que Montpellier et le Stade Français faisaient le plein. Si la Section est toujours invaincue dans son stade, elle n'y a plus pris de bonus offensif depuis la 11e journée, au mois de novembre. Et imprime un rythme inférieur à celui de la phase aller et à celui de la concurrence qui impose un tempo d'enfer. Pour espérer finir le Top 14 à la 2e place, la Section Paloise devra faire mieux que bien.



