L'Alliance Nîmes-Montpellier Tennis de Table touche au but. Qualifiée pour la finale de dimanche face à Sarrebruck, elle doit un grand merci aux frères Lebrun, qui ont fait preuve d'art et de manière pour s'imposer. Et ce n'était pas gagné.
Un cadre contrasté mais une ambiance survoltée
Oubliées la moiteur de Macao et la pluie londonienne pour les frères Lebrun, place à la douceur printanière de Sarrebruck, contraste saisissant avec l'atmosphère bouillonnante qui régnait dès samedi matin aux abords de la Saarlandhalle, théâtre du Final Four de la Ligue des champions. Cette salle de 5 000 places, réduite à 3 300 pour l'occasion, adossée au Ludwigsparkstadion où se disputait en même temps un match de foot à hauts risques entre Sarrebruck et Rostock, a l'habitude de ces week-ends de fièvre. En son temps, la Saarlandhalle a accueilli ACDC, Pink Floyd, Nana Mouskouri et désormais Alexis, Félix et leur groupe de l'ANMTT. Ambiance rock'n'roll.
Comment l'Alliance a terrassé le géant Düsseldorf
L'Alliance Nîmes-Montpellier rêvait de se faire une place en ce lieu si bruyant et hostile. Pari réussi haut la main. Son adversaire en demi-finale, le Borussia Düsseldorf, s'est vu renvoyer à ses chères études. Si l'an dernier le septuple vainqueur de l'épreuve avait écarté sans souci les Français en quart de finale, cette fois-ci, il a pu mesurer l'ascension fulgurante d'un club qualifié en finale dès sa deuxième participation dans la compétition. Mentons levés et regards fiers, les pensionnaires de l'Alliance pouvaient se congratuler au terme d'une bataille sans suspense mais pas sans éclat.
On aurait pu craindre un certain contrecoup pour les frères lunettes après leur déception lors de la demi-finale perdue face à la Chine aux Mondiaux par équipes de Londres. Mais Alexis Lebrun, aligné d'entrée, a balayé les doutes dès son premier match face à l'Allemand Dang Qiu, un succès salué sous l'air de Joe Dassin. Il s'agissait sans doute du duel le plus impactant entre les deux équipes, du moins psychologiquement. "C'était important de gagner le premier match, ça a mis Félix en confiance", racontait un Alexis tout sourire en interview.
Félix, la carte-maîtresse
La suite l'a prouvé avec un Féfé tout aussi impérial devant le Suédois Anton Källberg. Le porte-drapeau tricolore aurait pu s'engager dans un marathon mais il sut serrer le jeu dans la deuxième manche, remportée 16-14 malgré plusieurs balles de set contre lui. Källberg ne s'en remettra pas, battu 11-9, 16-14, 11-8. À deux zéro en sa faveur, l'ANMTT tenait le bon bout. Malheureusement pour elle, Manav Thakkar devait s'incliner face à l'Américain Kanak Jha dans le troisième match, laissant aux Lebrun le costume des héros. Dur pour les nerfs et Danny Heister en particulier, le coach de Düsseldorf parti fumer fissa une clope avant le quatrième match de l'après-midi.
La première manche entre Félix Lebrun et Dang Qiu n'était effectivement pas pour les cardiaques. Après avoir sauvé deux balles de set, Féfé prenait le large 16-14 avant de s'échapper définitivement lors d'un match à sens unique. Explosion de joie sur le banc et en tribunes ! "Düsseldorf est un grand club européen, on avait perdu contre eux l'année dernière avec la même composition d'équipe. Là, on a réussi à retourner la situation. Je suis super heureux de jouer Sarrebruck en finale. Il faudra un énorme exploit, on va tout donner", a promis le cadet des Lebrun.
Sarrebruck est-il invincible ?
Quelle victoire ! Le plus dur reste effectivement à venir face à la dream team, le FC Sarrebruck de Fan Zhendong, Truls Moregard et Patrick Franziska. Impossible de mieux faire sur le papier. Mais impossible n'est pas montpelliérain selon l'entraîneur de l'Alliance, Vincent Avril : "Quand on voit leurs quatre joueurs, c'est une véritable dream team avec les deux finalistes des JO de Paris. On sait que ça va être extrêmement dur. Mais vu ce que je vois de mes gars, vu le niveau qu'ils ont, vu l'envie qu'il y a autour de l'équipe, j'y crois. J'y crois, j'en rêve, on va tout donner pour ça." Highway to paradise.



