Crise majeure dans le football français après le départ de Nicolas de Tavernost de LFP Media
Football français en crise après le départ de Tavernost de LFP Media

Une nouvelle tempête institutionnelle secoue le football français

Le football français vient de replonger officiellement dans une crise profonde ce jeudi, après l'annonce du départ « irrévocable » de Nicolas de Tavernost de LFP Media. Cette décision intervient lors d'un conseil d'administration extraordinaire de la Ligue de Football Professionnel (LFP), convoqué pour acter la perte des droits télévisuels de la Coupe du Monde 2026, que l'instance était pourtant convaincue d'avoir obtenus.

L'échec stratégique de Ligue 1+ face à beIN Sports

Arrivé il y a neuf mois pour créer la plateforme Ligue 1+ après le départ de DAZN, Nicolas de Tavernost, 75 ans, avait menacé mercredi de jeter l'éponge. Cette menace fait suite à la décision de la FIFA d'attribuer les droits télévisuels du Mondial 2026 à beIN Sports, au détriment de Ligue 1+. L'ancien dirigeant de M6 avait demandé le soutien des clubs professionnels français pour poursuivre sa mission, mais en vain. Il attendra cependant qu'un successeur soit nommé avant son départ définitif.

Nicolas de Tavernost avait pointé du doigt la responsabilité du Paris Saint-Germain dans cette décision de la FIFA, et plus particulièrement celle de son président Nasser Al-Khelaïfi. Ce dernier est également membre du Conseil d'administration de la Ligue et président de beIN Media Group. Le conseil d'administration devait notamment décider s'il intentait un recours juridique contre la FIFA, avec qui LFP Media affirmait avoir signé un contrat pour la diffusion intégrale des matchs du Mondial 2026.

Les réactions immédiates et les accusations croisées

L'entourage de Nasser Al-Khelaïfi a réagi vivement après le conseil d'administration, dénonçant « le scénario classique, qui revient tous les six mois dans le football français, consistant à accuser Nasser pour masquer l'incompétence et l'irresponsabilité des autres ».

En accord avec la Fédération française de football par la voix de son président Philippe Diallo, le CA de la Ligue a finalement décidé de ne pas lancer d'attaque juridique contre la FIFA et son puissant président Gianni Infantino, alors que le Mondial a lieu dans trois mois. Dans le même temps, le président de la LFP Vincent Labrune a tenu des propos très durs concernant la chaîne Ligue 1+.

« Tous les administrateurs ont été en soutien de Ligue 1+ mais les positions médiatiques de Nicolas ont suscité un émoi et ce matin je me suis rendu compte que ça allait être compliqué de remettre l'église au centre du village. Je ne suis pas convaincu qu'on soit en capacité de remettre un élan collectif fort autour du projet », aurait déclaré Vincent Labrune selon RMC, au sujet de la nouvelle chaîne qui bat déjà de l'aile.

Diallo réclame une réforme urgente de la gouvernance

Voyant venir le nouveau bourbier qui se présente devant le football français, le président de la FFF Philippe Diallo, absent à Paris ce jeudi en raison du tirage au sort de la Ligue des nations à Bruxelles, a évoqué la nécessité de mettre en place la réforme de la gouvernance proposée par les sénateurs Laurent Lafon et Michel Savin.

« C'est regrettable qu'une nouvelle fois le football français et la Ligue donnent une image qui n'est pas conforme à ce qu'on souhaiterait. Ce énième soubresaut montre la nécessité de cette réforme de la gouvernance, qui s'impose de plus en plus », a expliqué Philippe Diallo en marge du tirage au sort.

Votée à la quasi-unanimité en juin par la chambre haute, cette proposition de loi devrait pouvoir être débattue dans les mois à venir. « Je souhaite que l'Assemblée nationale puisse, dans les meilleurs délais, examiner ce texte qui nous permettra d'engager une réforme de fond du football professionnel et qui sera le socle de son bon futur », a conclu le patron de la FFF, qui joue de plus en plus les figures d'arbitre dans ce désastre sans cesse répété.

Cette crise intervient alors que le football français peine à retrouver une stabilité institutionnelle, avec des conflits récurrents entre les différents acteurs du monde footballistique. La perte des droits TV du Mondial 2026 représente un échec stratégique majeur pour LFP Media et remet en question l'avenir même de la plateforme Ligue 1+, lancée avec de grandes ambitions l'été dernier.