Même s’il y a eu du mieux et un zeste d’insouciance entre deux équipes qui ne visent plus rien, la fin de saison des Bayonnais, battus à Lyon (42-35), ressemble à un chemin de croix. Les Bayonnais disputaient une partie sans enjeu face aux Lyonnais, ce samedi à Gerland. Le 11e recevait le 12e et la hiérarchie des équipes qui surnagent tout juste au-dessus de la ligne de flottaison a été respectée, au terme d’une partie débridée qui a donné du spectacle mais aussi beaucoup de déchet technique. Les Basques, disciplinés (trois pénalités concédées), ont tenu le ballon. Ils l’ont beaucoup fait tomber, aussi. Ils n’ont surtout pas su maîtriser les renvois face à des Lyonnais à peine plus brillants mais très opportunistes (42-35, six essais transformés à cinq).
Manu Tuilagi, capitaine du jour, et ses équipiers surfent sur quatre revers de rang, et onze défaites sur treize rencontres en 2026. Vivement les vacances. Il leur reste deux rencontres à disputer, à Paris le 30 mai face au Stade Français, avant de finir par la réception de Perpignan (6 juin).
Tom Lévêque, éclaircie dans la grisaille
Il disputait seulement son troisième match et sa deuxième titularisation en Top 14. Tom Lévêque l’a fêtée en signant le premier essai de sa carrière chez les pros, le premier du match pour les Bleu et Blanc (32e, 14-7). L’ailier de 20 ans a conclu un joli mouvement collectif en prenant un intervalle quasiment en bout de ligne. Déséquilibré, il a bien cru ne jamais arriver jusqu’à la ligne. « J’ai un peu cafouillé, souriait-il après coup, mais j’y suis parvenu. C’est une sensation plutôt cool de marquer son premier essai pour son troisième match. Je suis content de ça. » Entré en jeu en octobre à Pau, l’international U20 n’avait disputé que 10 minutes à cause d’une rapide entorse de la cheville, avec ligaments touchés. Il est revenu fin avril à Toulon. Quand les entraîneurs disent que cette fin de saison sans enjeu doit servir à préparer la suivante, Tom Lévêque en est un parfait exemple.
Une défense en berne
Ils ont encaissé plus de 40 points. Encore. C’est la 13e fois en 27 parties cette saison (48 % des matchs) que la défense des Basques explose à une telle altitude. Et la quatrième fois d’affilée. La touche, les renvois, les sautes de concentration ou l’infirmerie sont autant de causes qui ont été avancées, à certains moments de la saison, pour expliquer les désillusions. La défense, elle, n’aurait pas été qu’un problème ponctuel. « Ça nous travaille forcément, souffle Camille Lopez, l’entraîneur du jeu au pied. À partir du moment où tu en prends 40 tous les week-ends, c’est qu’il y a un problème. On aurait une sixième place à aller chercher, dans la tête, je pense que ce serait différent pour les mecs mais… » Avec 824 points encaissés en Top 14 (plus de 34 par match), l’Aviron présente le pire total de la division derrière Montauban (1 207 points).
Camille Lopez : « On ne va pas taper sur les joueurs »
« On ne va pas taper sur les joueurs, insiste Camille Lopez. Ce samedi, une fois de plus, c’est dur. J’ai été joueur il n’y a pas longtemps et je sais que la situation est compliquée. La saison est suffisamment dure physiquement et mentalement. Je me mets à la place des joueurs, ce n’est pas évident, même si on ne va pas se chercher d’excuses. La saison dernière à la même période, je ne suis pas sûr qu’on était mieux physiquement mais on avait quelque chose qui nous permettait de nous transcender un peu plus. (Les relâchements) Ce sont des choses que, entre guillemets, je peux comprendre. »
Les notes
- 6/10 : Lévêque, Tuilagi, Bruni, Martin
- 5/10 : Bordelai, Mori, Segonds, Heguy, Johnson, Tatafu
- 4/10 : Setiano, Carreras, Jantjies, Fischer, Paulos
- 3/10 : Bosch, Tiberghien
- Non noté : Martocq



