Un match crucial pour l'OL dans un stade partiellement rempli
Paulo Fonseca évoque un « moment décisif » tandis que Moussa Niakhaté parle d'un match « qui peut changer l'issue de la saison ». Pourtant, le Parc OL ne sera rempli qu'aux deux tiers ce jeudi soir pour le 8e de finale retour de Ligue Europa entre l'Olympique Lyonnais et le Celta Vigo. Le club a confirmé mercredi soir qu'environ 40 000 billets avaient été vendus sur une capacité totale de 59 186 places.
Une opportunité européenne exceptionnelle
Cette relative froideur à Décines surprend alors que l'équipe de Corentin Tolisso dispose d'une chance unique de se lancer dans une épopée européenne jusqu'à une finale inédite pour le club. Le tableau s'annonce favorable avec le vainqueur de Fribourg-Genk en quart de finale, puis Braga, le Betis Séville ou Panathinaïkos en demi-finale.
Les trois causes principales de cette désaffection
Trois raisons majeures expliquent cette absence de ferveur absolue : l'horaire particulièrement délicat du match, la politique tarifaire longtemps critiquée par les supporteurs autour de ce 8e de finale retour, et enfin le prestige relatif de l'adversaire.
Une programmation télévisuelle pénalisante
Si en Ligue des champions seulement deux 8es de finale retour ont été programmés en fin d'après-midi, c'est le cas pour quatre matchs de Ligue Europa cette semaine. Entre Braga-Ferencvaros mercredi à 16h30, puis Fribourg-Genk, Midtjylland-Nottingham Forest et donc OL-Celta Vigo ce jeudi à 18h45, les horaires sont contraignants.
Dans le cas lyonnais, cet horaire est uniquement lié aux « choix des diffuseurs TV au niveau international ». Un coup de malchance pour le club rhodanien qui avait été programmé à 21 heures à l'aller, tout comme sur six de ses huit matchs de la première phase de Ligue Europa.
Cette programmation est d'autant plus pénalisante que le Parc OL de Décines, situé à une quinzaine de kilomètres du centre-ville de Lyon, est difficile d'accès en voiture. La rocade Est est classiquement surchargée en sortie de bureau entre 17 et 19 heures, rendant le déplacement compliqué pour de nombreux supporteurs.
Des tarifs initialement trop élevés
Dès l'ouverture de la billetterie pour ce 8e de finale retour le 27 février, de nombreux supporteurs lyonnais ont exprimé leur mécontentement sur les réseaux sociaux concernant la grille tarifaire pratiquée. Pour les abonnés, les places en virages étaient à 25 euros, et à partir de 37 euros hors kop, avec des prix qui s'envolaient à 70, 90 et 126 euros dans les tribunes latérales.
Le compte X EntreLyonnais69, consacré à la billetterie du Parc OL, regrette cette politique : « A titre d'exemple, on pouvait avoir une place à 20 euros en Ferveur sud pour le quart de finale de C3 contre Manchester United l'an dernier. Là, ces mêmes places étaient initialement à 37 euros pour les abonnés et à 41 euros pour le grand public. Pour un match un jeudi à 18h45 en plus, les tarifs étaient à côté de la plaque. »
Conséquence directe : moins de 30 000 places avaient été vendues jusqu'au 12 mars, au moment du match aller en Galice.
Une réaction tardive du club
L'OL s'est depuis démené pour rectifier le tir en lançant vendredi un attractif « pack afterwork », avec place en virage sud supérieur et boisson à 25 euros. L'impact a été immédiat avec plus de 5 000 places vendues sur cette seule journée.
Il y a ensuite eu la possibilité d'acheter des « billets mystères » depuis mardi, avec un emplacement mystère en volée basse ou intermédiaire, là aussi pour 25 euros. Ces mesures ont finalement permis de dépasser la barre des 40 000 spectateurs grâce à ces prix attractifs dans la dernière ligne droite.
« Au vu de l'enjeu majeur de ce match, on a fait un choix sportif plus qu'économique », indique-t-on au sein du club.
Un adversaire méconnu du grand public
Sur tout son parcours jusqu'à une hypothétique finale, l'OL évite cette saison en Ligue Europa les trois clubs les plus prestigieux de la compétition : l'AS Roma, Porto et Aston Villa. S'il est actuellement 6e en Liga, le Celta Vigo reste méconnu du grand public, tout comme le seront les éventuels adversaires suivants en quarts et en demies.
À l'inverse, l'aura d'un Manchester United a évidemment compté dans l'engouement populaire au Parc OL au printemps dernier, avec 53 771 spectateurs. Cette saison, même l'ancien président emblématique Jean-Michel Aulas n'a pas aidé l'OL en programmant un rassemblement ce jeudi soir sur la place des Terreaux, poussant certains supporteurs lyonnais à choisir leur priorité.
Un contexte défavorable pour le club
Dans l'entre-deux-tours des élections municipales, la concurrence des événements politiques s'ajoute aux difficultés logistiques et tarifaires. Le club doit donc composer avec un ensemble de facteurs défavorables pour ce match crucial de Ligue Europa.
Malgré ces obstacles, l'équipe lyonnaise aborde cette rencontre avec l'ambition de poursuivre son parcours européen et de donner enfin satisfaction aux supporteurs présents au Parc OL. Le match s'annonce déterminant pour la suite de la saison et pourrait marquer un tournant dans la campagne européenne de l'Olympique Lyonnais.



