Esteban Salles, le gardien du Pau FC, se rachète après une période difficile
De retour dans les buts palois pour pallier le forfait de Noah Raveyre, Esteban Salles a grandement participé au succès ramené de Clermont vendredi (0-1). Grâce à un penalty arrêté avant l’ouverture du score paloise, le portier s’est rassuré après une période très difficile.
Un arrêt de penalty décisif
Racontez-nous cet arrêt prépondérant sur penalty, avant l’ouverture du score qui vous permet de l’emporter à Clermont ? « Je me sentais bien dans le match, j’étais serein. Pourtant, on n’avait pas vraiment étudié les penalties de Diedhiou, on avait plus regardé ceux de Bamba. C’est le troisième que j’arrête sur ce but-là à Clermont. J’en avais déjà stoppé deux avec Grenoble, j’en ai même parlé à Steeve (Beusnard) avant le match. Le destin a fait que j’en ai stoppé un troisième. Je suis surtout content d’avoir participé à ce succès, c’est une vraie victoire collective. On a subi, mais, au fond, j’ai eu peu de choses à faire durant ce match parce que ma défense a fait une grosse prestation. À part le penalty, je n’ai fait que ramasser les miettes. »
Une renaissance après des semaines compliquées
Cela devait être un moment fort de plénitude… « Quand j’avais joué contre Le Mans (1-2, le 21 novembre dernier, NDLR), je savais que j’avais coûté des points à mon équipe. J’avais vraiment l’envie d’en rapporter cette fois. J’aurais donné mon corps à la science pour ça, et pour montrer mon vrai visage. Cela étant, ce n’est qu’un match. Je sais que je suis gardien numéro 2, on verra quand Noah va revenir, mais je vais prendre tout ce qu’on me donne et montrer mon vrai visage, celui qu’on a vu à Clermont vendredi. »
Touché par les critiques et les changements hiérarchiques
À quel point avez-vous été touché par cet épisode face au Mans et par les changements dans la hiérarchie des gardiens ? « Je sais que je me suis fait couper en deux un peu partout après ça. Je ne veux pas faire ma pleureuse mais j’en ai pris pour mon grade et, dans un sens, c’était normal parce que j’ai fait des choses qui n’étaient pas bonnes. Mais ça m’a touché. Déjà, avant Le Mans, il y avait pas mal de choses qui n’allaient pas, je n’étais pas bon à l’entraînement. J’ai eu une longue discussion avec le coach Usaï et surtout avec “Babik” (Anthony Babikian, entraîneur des gardiens, NDLR) qui m’a dit honnêtement que je n’étais pas au niveau et que ce n’était pas moi. C’est pour ça qu’il m’a fait passer numéro 3. J’étais dans le dur pendant quelques semaines. Si je suis revenu au niveau, c’est grâce à deux personnes. Moi, parce que j’ai su réagir et me remettre au travail, et “Babik”. Il a effectué un boulot incroyable, on a la chance d’avoir un entraîneur des gardiens comme lui au Pau FC. Il a su trouver les mots. J’ai connu pas mal d’entraîneurs des gardiens, mais il est sans aucun doute l’un des deux meilleurs, et de très loin. »
Un jeu au pied prudent
Vendredi, vous avez tout de même eu du déchet dans votre jeu au pied. Cela a quelque chose à voir avec cette erreur ? « Un peu, dans le sens où je me suis dit que je ne voulais prendre aucun risque avec le jeu au pied et c’est probablement pour ça que j’ai été peu précis. C’était clairement volontaire. Je me suis excusé pour ça auprès du groupe après le match mais je me devais de ne pas prendre de risque, me décharger de ça, pour me rassurer. »
Une saison difficile pour les gardiens du Pau FC
La saison des portiers du Pau FC n’a pas été simple… « Non, elle n’a pas été facile mais je le prends aussi pour moi. Si j’avais été au niveau qui est le mien actuellement au quotidien, j’aurais créé plus d’émulation. Je les aurais un peu plus poussés et je leur aurais mis un peu plus de pression. J’ai fait une bonne préparation cet été. Mais quand Noah (Raveyre) est arrivé, je me suis un peu effacé et un peu trop mis dans le rôle du grand frère, qui est aussi celui pour lequel on m’a fait venir. Du coup, je me suis un peu reposé sur mes acquis et je n’ai pas trop travaillé. Un peu comme si j’étais en fin de carrière alors que pas du tout. Je n’ai que 32 ans et je sens que j’en ai encore sous la semelle. Je sais, aujourd’hui, que c’est une erreur et j’en ai pris conscience. Depuis Noël, je me suis repris en main. Je me devais de faire ça, aussi pour montrer au club qu’ils ont bien fait de me faire confiance, qu’ils ne se sont pas trompés et que, s’il y a besoin, ils puissent se dire “c’est bon, il y a Esteban”. »
Le maintien du Pau FC acté
Avant de recevoir Bastia lors de l’avant-dernière journée, Thierry Debès estimait que, « avec 37 points, le maintien était une certitude ». Après son succès à Clermont ce vendredi, le Pau FC compte désormais 38 unités et le maintien semble donc acté même s’il ne l’est pas encore comptablement à sept journées de la fin du championnat. D’autant plus que les équipes en grandes difficultés, le barragiste Amiens (16e, 23pts) et les deux relégables Laval (17e, 20pts) et Bastia (19pts), se sont encore inclinées ce vendredi et n’avancent pas.



