Le Draguignan Var handball (DVHB) achève sa mue vers le monde professionnel à quelques semaines de son entrée en deuxième division (Proligue). Champion de France de Nationale 1 fédérale, le club a multiplié les transformations cet été pour répondre aux exigences de la Ligue nationale de handball (LNH). Parmi les changements visibles, l'appellation « Dragons » a remplacé le sigle DVHB, un surnom puisé dans l'histoire de la ville.
Un budget triplé en deux ans
Le club a dû convaincre la Commission nationale d'aide et de Contrôle de Gestion (CNACG) de la LNH. « Ce sont deux mondes différents, explique Sébastien Mercère, le manager général. On passe plus du monde amateur à professionnel que de N1 à D2. On a eu quatre mois pour quasiment doubler un budget. » En Nationale 1 fédérale il y a deux ans, le budget était de 500 000 euros. Il est passé à 900 000 euros lors du précédent exercice. Aujourd'hui, le budget prévisionnel est annoncé à 1,5 million d'euros, avec moins de la moitié provenant d'institutionnels, soit au-dessus du minimum imposé de 1,1 million.
Vers un changement de statut
« On doit rendre des choses tous les quinze jours, raconte Mercère. Il y a un suivi drastique de la Ligue. » Bien que la LNH n'oblige pas les clubs associatifs à se transformer en sociétés sportives (SAS, SASU…), la direction du DVHB reste ambitieuse : « On travaille sur la création de la société. Rien ne nous empêche de la créer. Cette étape est inévitable dans le développement d'un club. Elle protège le secteur amateur. J'espère que ça va se concrétiser le plus vite possible. »
Le club se structure
Côté encadrement technique, l'entraîneur Nikola Vojinovic reste en place mais devra obtenir le diplôme « TFP 6 ». Le Varois Daouda Karaboué, déjà titulaire de ce sésame, apportera une double plus-value grâce à ses connaissances sur le poste de gardien de but. Le staff médical est également renforcé. Dans les bureaux, le club passe de quatre à huit employés à différents postes.
Promu mais séduisant
Avec cinq recrues, dont certaines habituées au monde professionnel, les Dragons ont su se montrer attractifs. « On essaye de leur présenter un projet global, explique Mercère. Ils croient en un club en plein développement. C'est un travail de longue haleine. Robin Paris avait un lien avec le Var. Je suis déjà en contact avec des joueurs en vue de l'année prochaine. » Sept éléments de moins de 23 ans seront proches du groupe pendant la saison.
Une salle exploitée au maximum
Pour répondre aux normes de la Proligue, la salle Carbonnel va s'équiper d'un écran d'affichage de 12 mètres et d'éclairages LED le long des lignes de touche. Pour accueillir 800 personnes et créer des loges, « le moindre centimètre carré est utilisé. On innove pour pousser les murs », selon Mercère.
Un début de saison tambour battant
En plus de la Proligue, Draguignan participera à la Coupe de France nationale. « À un an près, on aurait pu jouer chez nous une équipe de première division comme Saint-Raphaël », regrette Mercère. Cette année, en raison des play-offs en Starligue, les grosses écuries entreront plus tard. Les Dragons affronteront Valence (Proligue) le 29 ou 30 août. Le championnat débutera le week-end suivant contre Élite Val-d'Oise, l'autre promu. « On joue des points dès la première journée, reprend Mercère. On a connu cinq montées en douze ans. Depuis mon arrivée, c'est l'une des premières fois où l'objectif est le maintien. » L'entraînement reprend ce jeudi.



