Coupe de France: peu d'engouement à Nice avant la finale
Coupe de France: peu de foule à Nice avant la finale

À deux jours de la finale de la Coupe de France, qui opposera l’OGC Nice et le RC Lens ce vendredi 22 mai 2026 au Stade de France à Paris, le trophée officiel de la compétition a fait escale à l’Intersport de Nice Notre-Dame ce mercredi, en partenariat avec la Fédération Française de Football. Après des étapes à Fontenay-le-Comte, Bayeux, Laval, Strasbourg puis Lens à l’occasion des demi-finales, les supporters étaient invités à se prendre en photo à côté du trophée, puis à faire tourner une mini-roue de la fortune avec des ballons à gagner, des bons de réduction ou une dizaine de places pour la finale.

Une affluence modeste

Mais au coup d’envoi des hostilités à 15 h, il n’y a pas foule. Cinq ou six personnes font la queue dans l’Intersport. Pour les deux premiers gamins qui font tourner la roue, banco : deux places pour la finale sont gagnées. Reste plus qu’à monter à Paris... « Ce match peut sauver la saison ! » s’exclame l’un d’eux.

Martine et Gérard, à la retraite, partagent leur vie entre Paris et Roquebrune-Cap-Martin. « On a reçu un SMS parce qu’on est client d’Intersport et on est venu parce que c’est pas tous les jours qu’on peut voir la Coupe de près, raconte Martine. On est arrivé une heure avant parce qu’on pensait qu’il y aurait la queue sur le trottoir, mais finalement il n’y a personne. » Qu’à cela ne tienne, ils se font photographier devant la coupe, plein d’enthousiasme – même si Gérard est plutôt PSG – et repartent avec des bons de réduction.

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Gaspard, 14 ans, prend la pose les pouces en l’air, fait tourner la roue, et repart avec deux places. « Trop stylé, je suis venu par hasard pour acheter des vêtements, on me dit de tourner la roue et je gagne deux places, c’est incroyable, dit-il. Je vais essayer d’aller voir le match à Paris maintenant. » Pareil pour Timothée, 14 ans, qui repart avec deux billets. « Incroyable, je vais sûrement y aller avec mon père qui est un grand fan », s’enjaille-t-il. Pronostic ? « 2-1 pour Nice. Ce match peut sauver la saison ! »

Une saison ratée et des avis partagés

Pas de ferveur, pas d’engouement : la saison complètement ratée de l’OGC Nice, qui jouera son maintien en Ligue 1 contre Saint-Etienne en barrage, n’a sans doute pas aidé. Si bien que les employés d’Intersport ont largement le temps de prendre la pose. Eric, le « joker » du magasin, est un ancien ultra. Il sera à Paris ce vendredi. « Bien sûr qu’il n’y a pas trop de ferveur, mais quand on entend que ce sera peut-être l’équipe B qui va jouer, c’est lunaire », tacle-t-il.

« Même 1-0 sur un penalty à la 89e, je serais le plus heureux du monde » Mais Eric y croit quand même. « C’est l’OGC Nice, donc tout peut arriver. On peut perdre contre des bouchers charcutiers, mais aussi gagner contre n’importe qui. Même 1-0 sur un penalty à la 89e, je serais le plus heureux du monde. » Gagner la coupe et descendre en Ligue 2, ou privilégier le maintien ? « Je sais que je suis à contre-courant, mais je préférerais gagner la Coupe, répond-il. On attend un trophée depuis 1997, ça fait long, et on n’est pas près de gagner le championnat de France... Surtout que les Stéphanois vont être surmotivés. »

Thomas, 35 ans, qui arbore fièrement un tee-shirt de la Populaire Sud, n’est pas du même avis. « Moi, à choisir, je préfère qu’on reste en Ligue 1, et surtout qu’on soit racheté rapidement, parce qu’Ineos, on n’en peut plus. » Son pronostic ? « 2-1 pour Nice, avec des buts de Wahi et de Sanson. »

Un supporter lensois en terre niçoise

Pascal, 65 ans, est venu avec sa femme Iléana, 73 ans. Originaires de Saint-Pol-sur-Ternoise, à 40 km de Lens, ils passent 10 mois par an à Nice, depuis qu’ils sont à la retraite. « Je vais courir tous les matins sur la Prom’ avec le maillot de Lens, c’est un peu de la provoc mais ça reste bon enfant », raconte-t-il. Mais pour le match de demain, pas de pitié. « On a déjà perdu en finale contre le grand Saint-Etienne et le PSG, mais cette fois c’est nous les favoris », enchaîne-t-il, pronostiquant une victoire sang et or 1-0, avec un but de Thauvin. S’il ira voir le match dans la fan zone ? « Plutôt chez des amis », répond-il, en riant. La provoc a ses limites.

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La présentation de la coupe touchait presque à sa fin, dans l’indifférence quasi-générale, quand soudain, un homme d’une soixantaine d’années entre dans le magasin, écharpe sang et or autour du cou, un brin chambreur. Il prend la photo devant la coupe, et quand on lui demande s’il ne veut pas tourner la roue, il répond du tac au tac, sourire en coin : « Non je veux la coupe c’est tout. » De quoi faire monter un peu la température. Il finira par faire tourner la roue... qui s’arrête sur la case « perdu ». « On est bon joueur, donne-lui un ballon », lance un employé d’Intersport. « Merci, et bonne finale, mais quand même, ça fait 120 ans qu’on attend la coupe et pour moi c’est le dernier métro, s’ils ne gagnent pas je la verrai jamais », répond le Nordiste.

Il existe trois trophées identiques : l’original de 1917, exposé au siège de la FFF, celui soulevé chaque année par le vainqueur, datant de 1967, et celui utilisé à des fins marketing depuis 2005.