Une finale de Coupe d'Afrique des Nations qui continue de faire polémique
C'était censé être le match de la page tournée, celui permettant aux équipes de se concentrer sur la préparation de la Coupe du monde 2026 qui débutera le 11 juin prochain. Pourtant, l'ombre de la finale houleuse de la CAN 2025 plane toujours. Le Maroc, désormais sans son sélectionneur Walid Regragui, a concédé un match nul (1-1) face à l'Équateur à Madrid. De son côté, le Sénégal a dominé le Pérou (2-0) au Stade de France, dans une ambiance particulière.
Une décision de la CAF qui change la donne
Depuis que le jury de la Confédération africaine de football a annulé la victoire du Sénégal pour attribuer la CAN 2025 au Maroc sur tapis vert, le quotidien des deux sélections a radicalement changé. En quittant le terrain pour protester contre l'arbitrage en fin de match, les Lions de la Teranga risquaient l'élimination selon le règlement. La finale avait finalement repris après une interruption, et les Sénégalais s'étaient imposés en prolongation grâce à un but de Pape Gueye.
Désormais, les deux équipes nationales s'opposent hors des terrains, avec un marathon judiciaire qui s'annonce. Le Sénégal a répondu mercredi en faisant appel de la décision devant le Tribunal Arbitral du Sport, demandant explicitement que celle-ci « soit annulée et que la FSF soit déclarée vainqueur de la CAN », comme précisé dans un communiqué officiel.
Des célébrations qui attisent les tensions
Les Sénégalais n'ont pas attendu l'issue définitive du processus pour célébrer leur victoire de janvier dernier à Saint-Denis. Devant 60 000 spectateurs, Moussa Niakhaté et ses coéquipiers ont arboré un maillot frappé de deux étoiles et exhibé le trophée de la CAN une heure avant le coup d'envoi. Parmi les supporters, certains n'ont pas hésité à chambrer le Maroc avec des pancartes provocatrices comme « Une coupe ça se gagne sur le rectangle vert, pas par mail. »
Après leur succès obtenu grâce à des buts de Nicolas Jackson et Ismaïla Sarr, les Sénégalais ont de nouveau montré le trophée en effectuant un tour d'honneur. Ces célébrations ont inquiété au Maroc, où le président du Club des avocats, Maître Mourad Elajouti, a adressé deux mises en demeure formelles à la société d'exploitation du Stade de France et au groupe GL Events, les accusant de participer à une cérémonie basée sur un titre révoqué.
Des réactions contrastées dans les deux camps
Edouard Mendy, le gardien sénégalais, a exprimé son incompréhension face à cette situation, pointant directement du doigt la CAF : « On a de l'incompréhension. Avec cette instance de la CAF, on est habitué, on a malheureusement une instance qui avance moins vite que le football. Les gens parlent de gagnant ou de perdant mais moi, je pense que le seul perdant, c'est le football et l'Afrique, et le seul responsable, c'est la CAF. »
Du côté marocain, la question reste délicate à aborder. Mohamed Ouahbi, le remplaçant de Walid Regragui, s'est aligné sur la satisfaction de sa fédération d'avoir récupéré temporairement le trophée. Le technicien avait déclaré le 19 mars : « Avant de commencer, j'aimerais féliciter tous les marocains, la Fédération pour la bonne nouvelle que nous avons apprise. Cette décision m'a fait plaisir et fera plaisir à tout le monde (...) Le plus important est de regarder la suite. »
Un verdict attendu dans les mois à venir
Reste désormais à déterminer qui sera désigné comme vainqueur définitif de cette Coupe d'Afrique des Nations 2025. Un recours traditionnel devant le TAS peut prendre entre neuf et douze mois, mais si les deux parties acceptent un processus accéléré, l'instance de Lausanne pourrait rendre son verdict d'ici deux mois, avant le lancement de la Coupe du monde 2026. En attendant, le Sénégal et le Maroc tentent d'avancer, tout en portant le poids de cette finale pas comme les autres.



