Exempté de premier tour puis retardé par la pluie, la tête de série n°1 et favori du tournoi Arthur Rinderknech a vécu une drôle de semaine au Challenger de Bordeaux, conclue par une élimination frustrante. Il est venu, il a attendu, il a été vaincu. C’est le triste résumé de la semaine girondine d’Arthur Rinderknech.
Bénéficiaire d’une wild card et tête de série n°1, le Français pouvait nourrir des ambitions légitimes de titre. Déjà tombeur de Grigor Dimitrov au tour précédent, Martin Damm y a coupé court dès le deuxième tour et laissera au 24e joueur mondial un goût amer de son passage au tournoi BNP Paribas Primrose.
Une préparation perturbée
Arrivé avec des fourmis dans les jambes mais une légère appréhension autour de son mollet, touché à Madrid, Arthur Rinderknech avait décidé de zapper par précaution le Masters 1000 de Rome la semaine passée pour éviter tout risque de rechute, « un micro-risque », selon lui. Après trois semaines sans le moindre match, ce n’est pas l’envie qui manquait de retrouver la compétition.
Bordeaux ne lui réussit pas
« En plus, c’est un tournoi en France, dans une ville et un club sympas, j’ai très envie de “matcher” avant Roland », insistait le n°2 français en début de semaine, à son arrivée à Bordeaux. « J’ai fait un bloc d’entraînement la semaine dernière, et s’entraîner encore et encore, parfois c’est dur mentalement. » Et au final, il aura passé 80 % de la semaine sur les courts d’entraînement…
Les événements de la semaine ne sont pas allés dans son sens. D’abord tête de série n°1, il a été exempté de premier tour, décalant ses débuts à jeudi. Alors qu’il pouvait potentiellement affronter Grigor Dimitrov pour un choc qui faisait saliver tout le public depuis le tirage au sort dimanche, il était programmé jeudi, en night session à partir de 19 heures. Mais la pluie a provoqué un report de son match au lendemain matin, après une interminable journée à attendre une accalmie peu probable en soirée.
L’heure fut enfin venue, ce vendredi en fin de matinée. Mais le manque de rythme de la compétition face à un Martin Damm, issu des qualifications et lancé comme une flèche depuis lundi, a coûté cher au Français. Après un premier set expédié 6-2, le Français s’est réveillé trop tard dans le jeu décisif de la deuxième manche.
Il y aura sauvé sept balles de match et manqué trois balles de set, malgré une palanquée d’aces — 18 au total — seul véritable motif de satisfaction de son passage bordelais. Une ville qui ne lui sourit pas puisqu’il avait déjà pris la porte d’entrée en 2022, sa seule participation, trois ans après le titre de son entraîneur actuel Lucas Pouille. Arthur Rinderknech devra compter sur le tournoi ATP 250 de Genève pour peaufiner les derniers réglages avant de plonger sur Roland-Garros.
Halys dernier survivant français
Il faudra donc compter sur Quentin Halys pour espérer voir un quadruplé français au palmarès du Challenger de Bordeaux, après Ugo Humbert, Arthur Fils et Giovanni Mpetshi Perricard. Après avoir échappé à une sortie prématurée dès le premier tour face à Otto Virtanen, le champion sortant n’a cette fois pas survécu bien qu’il soit revenu à la surface, après avoir été mené d’un set et un break, poussant Quentin Halys jusqu’au jeu décisif.
Entre les deux puncheurs, c’est le moins bien classé des deux qui est sorti vainqueur du bras de fer, profitant d’une double faute fatale de « GMP ». Finaliste en 2022 face à Alexei Popyrin, Quentin Halys défiera un tout autre style d’adversaire en demi-finale : le métronome Juan-Manuel Cerundolo (72e), tombeur de Martin Damm en fin de journée (6-2, 6-2). L’Argentin ne comptera pas sur le soutien du public, qu’il s’est assuré de s’être mis à dos en chipotant sur l’arrosage du court, trop sec puis trop humide à son goût. Ce France-Argentine s’annonce encore une fois pétillant.
Dans l’autre demi-finale, Tallon Griekspoor affrontera Raphaël Collignon, vainqueur du Français Titouan Droguet, dans un choc entre deux des favoris sur la ligne de départ.



