Les Bayonnais ont vécu une nouvelle désillusion samedi à Jean-Dauger, mais cette fois-ci, la forme était bien différente des précédentes. Après avoir été mis KO par Toulon (52-26) et Pau (22-54), ils ont cette fois boxé dans la même catégorie qu'une pâle UBB durant près de 60 minutes, menant largement au score, six essais à un (38-19). Mais il restait suffisamment de temps pour que Maxime Lucu et sa bande continuent de croire en leur rêve de qualification, fortement menacé jusque-là. Trois essais et 21 points plus tard, l'Aviron enchaîne un nouveau revers (38-40), son dixième en douze matches depuis le début de l'année, et son quatrième de rang à Dauger, où Laurent Travers n'a toujours pas gagné depuis sa prise de fonction en février. Le dernier succès en bord de Nive remonte au 27 décembre face au Stade Français, alors que le club campait à la 6e place. Une autre époque.
Une maigre satisfaction
La finalité est la même, seule la forme diffère. C'est ici la maigre satisfaction d'Esteban Capilla, promu capitaine, et ses partenaires. « C'est un peu difficile de se satisfaire de ça, admet Andy Bordelai. Même s'il y a eu du bon contenu, c'est une nouvelle défaite. Contrairement à la dernière ici face à Pau, il y a encore plus de regrets parce qu'à un moment du match, le job a quand même été fait. On se sentait bien. Ça fout les boules que ça finisse comme ça. »
Les finitions de folie, c'est fini
Déficit physique, apport du banc bordelais, absence d'enjeu pour se transcender… Toutes les explications sont recevables. Le pilier gauche a relevé la plus-value apportée par les entrées de Bielle-Biarrey, Jalibert et Gazzotti : « Leurs remplaçants ont amené ce petit truc en plus. Mais si on avait vraiment tué le match, il n'y aurait pas eu débat. »
Gerard Fraser, lui, a insisté sur le premier point. « On ne peut pas remettre en question l'engagement et l'envie de nos joueurs, notamment offensivement, mais on a eu du mal à finir le match, pose le manager néo-zélandais. Et ce n'est pas la première fois cette saison. » C'était pourtant un gros point fort durant trois années, de 2022 à 2025, avec nombre de situations renversées dans les derniers instants. Mais les blessures à répétition ont éreinté les organismes des joueurs restants, sursollicités. Sans compter qu'il est difficile de se transcender quand l'enjeu s'est évaporé. L'Aviron ne joue plus rien. Le seul intérêt des prochaines semaines consistera à faire mieux que la 12e place actuelle. On a connu challenge plus sexy.
L'image renvoyée
La prochaine rencontre, samedi à Lyon, donnera un élément de réponse. Le LOU est juste devant au classement (11e, 48 pts), avec deux points de plus que les bleu et blanc. Au-delà de ce maigre défi, Gerard Fraser regarde à moyen terme. « Le visage qu'on montre déterminera le point de départ de la saison prochaine. C'est un bon début mais on doit faire encore mieux, même s'il n'y a plus rien à jouer. Il en va de l'honneur du maillot. » La dernière victoire de l'UBB à Bayonne, en 2024, s'était achevée par deux tapes de Yannick Bru derrière la nuque de Philippe Tayeb. Ce samedi, le coup est un peu plus violent pour le moral des Basques, même s'ils refusent de sombrer dans le fatalisme. « Je ne sais pas vraiment l'image qu'on renvoie mais je peux vous dire qu'on est tous très peinés par la situation de l'équipe, assure Andy Bordelai. La saison n'a pas été facile mais on ne veut pas se cacher derrière ça. À aucun moment nous avons eu envie de lâcher. Je sais que sur les dernières semaines, on pourrait penser le contraire, mais ce n'est pas le cas. Ce samedi, on s'est donné. Malheureusement, pas pendant 80 minutes. Ce qui est sûr, c'est qu'on continuera de le faire sur les prochains matches. »



