Un doublé historique pour Basket Landes
Dans le chaudron de François-Mitterrand, les Landaises ont écrit un peu plus leur histoire. En grande partie grâce à leurs formidables supporteurs. « Elle reste chez nous et rejoint la Coupe de France ! » Le speaker officiel de l’antre bleu et blanc, Didier Goeytes, s’égosille au milieu d’un peuple landais grimpé au-delà du septième ciel, ce dimanche 17 mai 2026. Au terme d’un scénario renversant et complètement fou, Camille Droguet et ses partenaires de Basket Landes conservent leur titre de championnes de France contre Bourges (53-50).
Le public de Basket Landes était électrisé, ce dimanche 17 avril. Cela fait bien longtemps que les travées de Mitterrand se sont volcanisées. Même les cuivres et percussions de la banda de Rion-des-Landes, Lous dou Perchigat, ont du mal à percer l’hystérie collective. Il faut dire que les derniers instants de la rencontre ont été intenables. Et dans la dernière poignée de secondes, voilà que Marie Pardon a propulsé tout ce joli monde au paradis.
Quelque chose de paranormal
N’ayons pas peur de le dire : Basket Landes est la meilleure équipe de France. Et cette formation a le meilleur public de l’Hexagone. Il n’est nulle part ailleurs que dans les Landes. Un peu plus de 2 300 spectateurs ont poussé comme jamais derrière leurs héroïnes d’une saison qui s’écrit en lettres majuscules.
Bien avant le coup d’envoi, les premiers frissons ont traversé l’antre François-Mitterrand, dès l’arrivée des protégées de Julie Barennes pour leur échauffement, un peu moins d’une demi-heure avant le coup d’envoi officiel. Déjà, l’écrin faisait entendre ses premiers rugissements. Quelque chose de paranormal régnait ce dimanche soir, dans ce chaudron. Ce public extraordinaire avait décidé, ce 17 mai, de mettre le curseur encore plus haut pour écrire l’histoire de ce club vraiment pas comme les autres. Difficile de voir autre chose que du bleu et blanc dans cette fusion de Mitterrand.
« Les oies sauvages » de Yann Muller surgissant des enceintes ont rapidement fui, presque « chassées » par les encouragements dans des décibels extraordinaires. Que dire à la présentation des deux équipes ? Déjà cette satanée poussière dans les yeux. La voix de Mitterrand – l’inénarrable Didier Goeytes – doit tirer sur ses cordes vocales. « Ici, ici, c’est Basket Landes ! », hurle un public complètement transcendé. L’hymne du club « Sweet Caroline » vient en rajouter une couche. Mitterrand est en transe.
Scénario de fou
Durant le premier acte, le peuple bleu et blanc, bien aidé par la banda du soir, donne dans le rythme des joueuses. Les voix s’égosillent, les drapeaux virevoltent pour apporter un peu plus d’adrénaline aux championnes. Myriam Djekoundade choisit cet instant-là pour planter un tir primé, complètement coincée dans l’angle du terrain, permettant à BL de recoller aux Berruyères (6-6, 7e).
Il en est ainsi jusqu’à la mi-temps où les deux équipes n’arrivent pas à se départager (27-27). Une petite respiration pour reprendre des forces et voilà les supporteurs repartis de plus belle. Sur le parquet, les joueuses ne lâchent rien pour offrir le plus beau des cadeaux à cette marée humaine.
Le dernier acte est digne d’un scénario hitchcockien. Les Berruyères s’offrent même un viatique de quatre unités et semblent emprunter un chemin victorieux. Mais à la 33e, la banda vient en renfort et Dunky Duck, la mascotte de Basket Landes, ne lésine pas sur ses efforts pour entretenir la folie dans les gradins.
À la 38e minute, Musa égalise, le public est en folie (50-50). Dans l’enchaînement, Marie Pardon expédie un tir de l’espace qui fait mouche. Mitterrand explose littéralement. La suite, on la connaît.
Sur le parquet, les championnes se congratulent. Dans les travées, les larmes coulent sur les visages. « Ici, ici, c’est Basket Landes ! », martèlent des supporteurs ivres de joie. Sur le parquet, le sourire de Julie Barennes irradie de bonheur. Et le bisou qu’elle envoie en haut de la tribune Marensin, en direction d’une certaine Marie-Laure Lafargue, fait partie de cette folle troisième mi-temps.
Il est temps pour Camille Droguet et ses partenaires de lever la coupe au ciel. Au septième ciel direct ! Incontestablement, Didier Goeytes, la voix de Basket Landes, a aussi une part importante dans ces trophées.
Ça court, ça saute dans tous les sens. Une gigantesque chenille se met en branle jusque dans les travées de Mitterrand. Le trophée porté par Myriam Djekoundade fend cette foule heureuse. Comme pour mieux partager ce moment et remercier le public de son soutien indéfectible.
Pendant quelques minutes, les championnes de France rejoignent l’intimité de leurs vestiaires pour une célébration tout aussi en délire. Le champagne coule à flots. Elles crient à s’en casser la voix avant de rapidement rejoindre « leurs » supporteurs, qui ne perdent pas en intensité. Ce doublé tant attendu réalisé, Mitterrand pouvait alors continuer à s’embraser pour une troisième mi-temps aux allures magistrales qui allait, à n’en pas douter, s’achever à l’aube, laissant des souvenirs plein la tête. Basket Landes a fait un pas de plus dans le panthéon du basket-ball tricolore.



