Figures emblématiques du volley-ball français, le central Jean-Philippe Sol (40 ans) et le réceptionneur-attaquant Raphaël Attié (37 ans) disputent, ce vendredi soir, l’ultime match de leur carrière. À l’occasion de la dernière journée de Ligue B opposant Fréjus à Chalon, ces deux piliers du vestiaire varois referment avec sérénité un chapitre riche en émotions et en succès. Regards croisés sur deux parcours d’exception.
Un état d’esprit serein
Jean-Philippe Sol : « Je suis serein. Ce n’est pas une décision prise sur un coup de tête ; j’ai eu le temps d’y réfléchir ces derniers mois, notamment durant ma blessure entre décembre et avril. J’essaie de ne pas trop l’anticiper, même si je sais que l’entame du match sera un peu particulière. Finir à domicile, devant notre public, est une chance. »
Raphaël Attié : « Mes sentiments sont partagés. D’un côté, il y a la fatigue d’une longue saison que l’on a hâte de conclure. De l’autre, la prise de conscience que c’est la fin de ma vie de joueur. Je l’accepte sans amertume : je ne ressens ni tristesse, ni nostalgie, simplement le sentiment du devoir accompli. »
Le symbole de Fréjus
J-P. S. : « Jouer ce dernier acte ici compte énormément. Le faire avec mes coéquipiers, devant mes dirigeants et mes supporters, en présence de mes proches, c’est une fin en douceur. En signant à nouveau à Fréjus, je savais que je bouclerais la boucle dans ce club. »
R. A. : « Ce n’est peut-être pas le club où j’ai passé le plus d’années, mais il a énormément compté humainement. C’est une structure familiale avec une superbe cohésion d’équipe et un lien fort avec le secteur amateur. Aujourd’hui, je vis ici, je suis chez moi. Finir à Fréjus donne une saveur toute particulière à cette sortie. »
Les plus beaux souvenirs
J-P. S. : « Sans hésiter, ma première sélection avec l’équipe de France sur le sol national. C’était à Lyon. Porter le maillot tricolore et entendre l’hymne repris par toute la salle, c’est incroyable. Je repense aussi à notre finale des championnats d’Europe en 2009. Sur le moment, la défaite était dure mais, avec le recul, j’ai mesuré l’importance de cette médaille d’argent. »
R. A. : « Je retiens mes six années au Paris volley. C’était alors le plus grand club français et nous jouions la Ligue des Champions. Mes sélections en équipe de France junior restent aussi marquantes. Enfin, j’ai une pensée pour tous les clubs où je suis passé, en commençant par Clamart, là où tout a débuté. »
Regards croisés sur le coéquipier
J-P. S. : « Je connaissais “Raph” comme adversaire, mais j’ai découvert l’homme cette saison. C’est un élément moteur dans un groupe, un vrai “papa poule” toujours disponible. Sur le terrain, c’est un profil atypique : malgré sa grande taille, il reste d’une efficacité redoutable en réception. »
R. A. : « “Pej” est un ancien international avec une longévité exemplaire et une carrière impressionnante, en France comme à l’étranger. Je l’ai souvent affronté quand j’étais à Paris, mais cette saison passée à ses côtés a été un plaisir. C’est un gagneur, un central très technique au contre qui apporte énormément de sérénité au collectif. »
Projets pour l’avenir
J-P. S. : « Je retourne dans mon Aveyron natal. C’est un choix de vie familial pour retrouver mes racines. Je vais entamer une reconversion professionnelle hors du monde du volley. Pour l’instant, je reste à l’écoute des opportunités pour trouver la voie qui me correspondra le mieux. »
R. A. : « De mon côté, l’aventure continue au Fréjus Var volley. Dès cet été, j’intégrerai le staff administratif du club. Rester dans le milieu permet une transition plus douce ; c’est moins difficile de raccrocher les baskets quand on garde un pied dans la salle. »



