Antoine Batisse : du Béarn au Canada, l'incroyable aventure du défenseur français
Antoine Batisse : l'aventure canadienne du défenseur français

Antoine Batisse : du Béarn à l'Ontario, une nouvelle vie footballistique

L'ancien capitaine du Pau FC a radicalement changé de décor en janvier dernier. Après avoir quitté son club de Belgrade en Serbie, le défenseur français a signé au Forge FC d'Hamilton, dans la ligue canadienne de football. Une aventure nord-américaine qui commence sous les meilleurs auspices pour ce joueur qui souhaitait découvrir un nouveau pays chaque année en fin de carrière.

Une transition transatlantique réussie

Antoine Batisse n'avait jamais traversé l'Atlantique avant de signer son contrat canadien. « La première fois que j'ai pris l'avion pour traverser l'océan, c'était pour venir signer ici », confie-t-il avec enthousiasme. Son arrivée au Forge FC s'est préparée grâce à un agent spécialisé sur le marché nord-américain, avec qui il était resté en contact depuis plusieurs années.

Le décalage calendaire entre les championnats européens et nord-américains avait jusqu'alors compliqué la transition. « Les championnats nord-américains commencent en avril et font leur recrutement en janvier. À chaque fois, j'étais déjà engagé ailleurs », explique le joueur. Cette fois, la synchronisation a été parfaite.

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Découverte d'un football en pleine expansion

À Hamilton, ville industrielle de 570 000 habitants dans l'Ontario, Batisse découvre des infrastructures impressionnantes. « Le club est très professionnel sur les horaires, la nutrition, l'organisation. Il y a des moyens phénoménaux, j'ai l'impression d'être au Real Madrid ! », s'exclame-t-il.

La ligue canadienne de football, créée en 2017 seulement, compte huit équipes bien structurées. Le Forge FC, souvent leader de la saison régulière, joue dans un stade de 24 000 places régulièrement bien garni. « Hamilton est une ville ouvrière avec des métallos, un peu comme Saint-Étienne ou Lens en France. Les gens sont à fond, on est très suivis », observe le défenseur.

L'adaptation linguistique et humaine

L'anglais canadien a nécessité un temps d'adaptation pour le Français, habitué à ce qu'il appelle « l'anglais serbe ». « C'est un anglais avec un accent qui se rapproche plus du nôtre et un vocabulaire assez simple », précise-t-il. Heureusement, l'équipe compte plusieurs francophones : un coach français, trois joueurs québécois et le gardien Dimitri Berthaud, récemment arrivé de Montpellier.

Sa famille, restée à La Rochelle, devrait le rejoindre prochainement. « Il faut que je nous trouve un logement », explique Batisse, qui a enchaîné stage au Mexique et matches de Coupe des champions de la Concacaf dès son arrivée.

Une rencontre mémorable avec Gignac

Le tirage au sort de la Coupe continentale a offert au Forge FC un duel prestigieux contre les Tigres de Monterrey, l'équipe mexicaine d'André-Pierre Gignac. « Une expérience de fou ! Rien que d'y repenser, j'en ai encore des frissons », s'enthousiasme Batisse.

Le match aller s'est disputé par -17°C ressentis, avec Gignac et Angel Correa, champion du monde argentin, dans l'équipe adverse. Le match retour au Mexique, devant un stade comble, restera également gravé dans sa mémoire.

Mais le moment le plus marquant fut sans conteste l'échange avec André-Pierre Gignac, lui aussi passé par le Pau FC en 2005-2006. « Je l'ai attaqué comme ça sur le terrain... Il a fait un grand sourire et il m'a dit 'Oh mon Jojo ! Tu lui feras un gros bisou' », raconte Batisse, visiblement ému.

Les deux hommes ont poursuivi leur conversation après le match. « Il m'a dit 'Mais du coup, tu as joué à Pau ? Moi aussi...' Il se souvenait très bien du club, des dirigeants ». Batisse en a profité pour obtenir le maillot de l'international français, et Gignac est même venu le saluer spontanément lors du match retour. « Le fait qu'il vienne de lui-même comme ça, c'est la grande classe », conclut le défenseur, admiratif.

Des perspectives enthousiasmantes

Malgré l'élimination au meilleur des deux matchs (défaite 4-1 au retour après un 0-0 à l'aller), l'expérience a été extrêmement positive. « Au Canada, ça a fait un peu sensation qu'on puisse accrocher un grand club mexicain comme ça », note Batisse.

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Cette première saison canadienne s'annonce riche en émotions pour l'ancien joueur palois, qui évolue désormais dans un pays qui s'apprête à co-organiser la Coupe du monde 2026 avec le Mexique et les États-Unis. Une nouvelle étape prometteuse dans la carrière internationale de ce défenseur français qui continue d'écrire son histoire footballistique des deux côtés de l'Atlantique.