Une dernière ovation pour Nathalie Desoutter à l'hippodrome de Pau
Le dimanche 19 février 2023 restera gravé dans les mémoires des amateurs de courses hippiques. À l'hippodrome du Pont-Long à Pau, Nathalie Desoutter, jockette de 41 ans originaire de Saint-Paul-lès-Dax, a disputé sa dernière course, le Prix Jean-Paul-Brin, en selle sur Indati de Larredya. Cet événement marquait la fin d'une carrière exceptionnelle, ponctuée de succès retentissants et d'une détermination sans faille.
Une sortie en beauté sous les acclamations du public
En descendant de son cheval après cette ultime montée, Nathalie Desoutter a été accueillie par une ovation chaleureuse du public massé autour de l'enclosure des balances. Ses collègues lui ont rendu hommage en formant une haie d'honneur, un geste poignant qui a provoqué l'émotion de la jockette, des larmes coulant de ses yeux. Cette scène touchante a été partagée sur les réseaux sociaux, témoignant de l'estime générale pour cette athlète hors pair.
Avant de raccrocher définitivement ses bottes, Nathalie Desoutter a soigné sa sortie en remportant, lors de cette même réunion de gala, le Prix Antoine-de-Palaminy, Grand Steeple-Chase des 4 ans, grâce à une conduite magistrale d'Athéna du Luy. Cette victoire vient couronner un palmarès déjà impressionnant, ajoutant une dernière pierre à l'édifice de sa légende.
Un palmarès somptueux forgé sur les obstacles
Au fil de sa carrière, Nathalie Desoutter s'est illustrée sur les plus grands hippodromes, notamment à Auteuil, où elle a remporté des courses prestigieuses telles que le Prix du président de la République, le Prix de Clermont-Tonnerre, le Prix Montgomery, le Prix Morgex, le Prix André-Michel, le Prix Héros-XII et le Prix Georges-Courtois. Elle a également brillé en décrochant deux Grands Cross de Pau et le Grand Prix de la Ville de Nice à Cagnes-sur-Mer, consolidant sa réputation de jockette d'exception.
Surnommée la Dame de fer par la profession, elle a fait preuve d'une résilience remarquable face aux épreuves. Malgré des blessures sévères, incluant des fractures aux côtes, aux jambes et aux vertèbres, ainsi qu'une lésion au foie, elle n'a jamais renoncé, animée par une passion inébranlable pour les courses.
Un parcours inspirant depuis ses débuts en 1997
Issue d'une famille de jockeys, Nathalie Desoutter a débuté son apprentissage en 1997 à l'Afasec de Mont-de-Marsan, sous la tutelle de Didier Guillemin, entraîneur des Grands Pins, qui lui a toujours témoigné sa confiance. Initialement jockette de plat, elle s'est rapidement orientée vers l'obstacle, discipline où elle a excellé. Sa première victoire est survenue le 13 mai 2000 sur les haies de l'hippodrome de Langon, en selle sur Janosch, un cheval entraîné par Didier Guillemin.
Dotée d'une main experte, d'une maîtrise du train et d'un sang-froid exceptionnel, elle a su impressionner les grands noms de l'obstacle, tels que Jean-Paul Gallorini, David Windrif, François Nicolle, Guillaume Macaire, François-Marie Cottin et Philippe Peltier. Ses victoires successives ont forgé sa renommée dans un milieu majoritairement masculin, faisant d'elle l'une des rares femmes jockeys à accumuler un palmarès aussi volumineux.
Le nom de Nathalie Desoutter restera à jamais gravé dans l'histoire des courses hippiques, symbolisant le talent, la persévérance et l'élégance. Sa retraite marque la fin d'une ère, mais son héritage continuera d'inspirer les générations futures.



